Guillaume BODÉRÉ

GUILLAUME BODÉRÉ

Né en 1906, à Saint-Jean Trolimon où son père était cantonnier, Guillaume BODÉRÉ quitte l’école à 12 ans. Après plusieurs embarquements successifs, il part travailler dans une verrerie de l’Aisne à 18 ans, mais revient très vite en Bretagne.

Il s’établit alors aux Glénan, où, tout en pratiquant la pêche aux crustacés, il s’occupe des viviers des Etablissements Prunier.  » J’ai vécu 9 ans au paradis » avait il coutume de dire, parlant de cette période heureuse de sa vie. Guillaume et sa famille reviennent alors habiter à Léchiagat.

En 1939, Guillaume est mobilisé dans la marine à Brest, passe de Falmouth à Liverpool, puis revient en France. Démobilisé en mars 1941, Guillaume reprend le commandement de son bateau « VERS LE DESTIN », au nom vraiment prédestiné. Jean Le Coz prend contact avec lui en avril 41 et trouve en lui un homme tout disposé à prendre sa place dans la Résistance. C’est alors, début 42, que Guillaume adhère aux Parti Communiste Français.

En mars 1942, Guillaume BODERE va connaître sa première mission importante la récupération d’une première fourniture d’armes et d’explosifs aux Glenan, où elle est immer­gée. Première tentative le 22 mai 1942 : au retour des Glénan, par forte tempête, le bateau de Guillaume fait naufrage à huit milles de Lesconil et Louis GUEGUEN, beau-frère de Guillaume, qui l’accompagnait y perd la vie. Guillaume quant à lui, est repêché par deux marins-pêcheurs de Lesconil. Quelque temps plus tard, nouvelle tentative avec Jean BAU­DRY, patron de 1″‘Entre Nous ». Voici la relation, simple et dépouillée de ce véritable exploit, qu’en fait Jean-Désiré LARNICOL,dans l’attestation délivrée à Guillaume BODERE pour la reconnaissance de ses droits de « Combattant Volontaire de la Résistance », (CVR)

 » Je soussigné Larnicol Désiré Jean Corentin, domiciliée à Treffiagat (Finistère), titulaire de la carte Combattant Volontaire de la Résistance  n° 130222, délivrée le 29.04.1959 par l’Office Départemental des Anciens Combattants et Victimes de Guerre du Finistère, certifie sur l’honneur l’attestation délivrée par moi-même, le25-10-1945, au sujet de BODERE Guillaume, en la complétant par la déclaration suivante : J’accomplissais dès le 1er mai 1941 1a responsabilité d’Organisateur du Front National du Sud-Finistère chargé de la constitution des groupes OS.

Je recrutais BODÉRÉ Guillaume, domicilié à Treffiagat qui fut versé dans les FTPF le 15. 03.1942. 

Au mois d’août 1942, une mission périlleuse était confiée aux FTPF BAUDRY Jean et BODÉRÉ Guillaume, respectivement patron et matelot du bateau de pêche  » L’ENTRE-NOUS », immatriculé au quartier maritime du Guilvinec (Finistère Sud). Cette mission consistait à reprendre des containers, mouillés dans les eaux des Iles GLENAN par BOLLORÉ Michel qui réceptionna les dits containers au large de Belle-lle auprès d’un navire des FORCES NAVALES FRANÇAISES LIBRES. Les FTPF BAUDRY Jean et BODERE Guillaume réussirent dans la mission qui leur était confiée en débarquant dans le port de Guilvinec le 15-08-1942, plusieurs containers qui furent entreposés au domicile de BODERE Guillaume, route de Léchiagat, à Tréffiagat. 

Malgré la répression qui s’abattit dans la région bigoudène dans les derniers jours de septembre1942,provoquant le départ du côtier « L’audacieux » qui rejoignit en Angleter­re les Forces Navales Françaises Libres, malgré l’arrestation du patron de « l’Entre Nous », Baudry Jean fusillé le 5 avril 1944 au Mont-Valérien, malgré l’arrestation de sa femme, internée à Quimper jusqu’à la libération de cette ville, BODÉRÉ Guillaume poursuivit la lutte contre l’occupant.

Sa formation militaire était intégrée au mois de juin 1944 au 3e bataillon de marche. 

Déclaration dûment complétée pour faire valoir les droits à la reconnaissance de com­battant volontaire de la Résistance de BODÉRÉ Guillaume, domicilié à Treffiagat ».

Traqué par la police vichyste et la Gestapo, Guillaume réussit à leur échapper en se réfugiant tour à tour dans une petite ferme de la Torche puis à Saint-Evarzec sous une identité d’emprunt.
Jean BAUDRY, quant à lui, était en mer au moment des arrestations. On ne put le prévenir et il fut « cueilli » à son arrivée au port. Après un an et demi de cachot, il fut fusillé au Mont-Valérien le 5 avril 1944. Il mourut avec un grand courage.

Marie-Jeanne, l’épouse de Guillaume, fut, elle aussi, arrêtée le 30 septembre 1942. Elle subira un emprisonnement de deux ans qui compromit son état de santé.

Guillaume, quant à lui, continue la lutte dans les FTPF jusqu’à la Libération.

Il participe alors à LANDERNEAU, à la réunion constitutive de l’Union départementale CGT. Elu membre du bureau de l’Union Départementale et confirmé dans cette fonction par le premier Congrès départemental de mars 1945. Responsable des marins-pêcheurs, il parcourt le littoral du département pour organiser les marins. Il devient membre du Conseil National CGT des marins-pêcheurs, ce qui l’amène à séjourner quelque temps à Paris, avec sa famille. En 1953, il reprend la pêche à Léchiagat, retourne à l’école à 47 ans pour obtenir son brevet de patron de pêche et continue, bien sûr, à militer à la CGT qui lui a rendu hommage le 1er mai 1989 en lui attribuant la médaille de fidélité.

Guillaume est décédé le 19 mars 1995, à l’âge de 89 ans

FN : Front National (Organisation de lutte armée créée à l’instigation du Parti Communiste Clandestin). Rien à voir, bien sûr, avec l’organisation fascisante de le Pen.

OS: Organisation spéciale ( chargée de la lutte armée contre l’occupant nazi), donna naissance aux: FTPF :Francs- Tireurs et Partisans français.

Cinq bateaux du Quartier de Guilvinec participèrent, en fait, au transfert des armes des Glénan. « Vers le destin » de Guillaume BODÉRÉ avec son beau-frère Louis GUEGUEN, « L’Entre-Nous » de Jean BAUDRY, avec Guillaume BODERE. Deux autres bateaux de Lesconil : le « Saint- Tudy » avec Julien FAOU (fusillé en juin 44 avec les otages de Lesconil), Bastien BARGAIN et Michel COSQUER, « L’exploité de la Mer » avec Etienne Le BRENN et Albert PRIMOT. Les containers d’armes et d’explosifs furent, en partie, entreposés dans la carrière de notre vieux camarade Vincent Larnicol, de Lesconil.

L’équipage de « L’Audacieux » comprenait outre le patron Michel BOLLORE, déjà cité, Sébastien COIC, co-propriétaire, Léon MOIGNE, Pierre KERVEVAN, Corentin QUEFFELEC, Sébastien LARNICOL et son fils du même prénom, mousse âgé de 16 ans, tous de Léchiagat.

(« LeTravailleur Bigouden » N° 158, 2e trimestre 1995)

L’hommage à Guillaume Bodéré dans le bulletin municipal 2011 de la mairie de Tréffiagat

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