Maurice CAM

La fiche de Maurice Cam dans le Maitron

Un document sur Maurice Cam et sa famille :

CAM MAURICE 23/10/2017

Plan :

  • origines familiales
  • le parcours de Maurice Cam
  • le parcours de Guy Cam
  • quelques relations de Maurice Cam

1 – ORIGINES FAMILIALES :

Maurice Cam est né le 22 juin 1923 à Pont De Buis, commune de Saint Ségal. Il est le plus jeune d’une famille de sept enfants. En marge de l’acte de naissance, il est déclaré décédé le 2 septembre 1944 à Penmarch. Son nom figure au Monument aux Morts de Pont De Buis (ainsi que celui de son neveu Guy) et sur la stèle du Poulguen à Penmarch.

La famille :

Son père est Louis Jean Cam, né le 28 février 1875 à Gouézec de Alain et Marie Bourhis. A la conscription, cultivateur, il est exempté, son frère étant mort en service le 7 novembre 1895 à Alger, des suites de fièvre thyphoïde. Résidant à Kerguelfen en Lopérec en 1902, il épouse Philomène Férec le 13 janvier 1904 à Lothey. Il décède le 13 janvier 1955 à Pont De Buis.

Philomène Férec, née à Kérioret en Pleyben le 27 août 1883, est également décédée à Pont De Buis le 23 janvier 1963.

Le couple vit à Lothey de 1903 à 1907 où naissent les trois premiers enfants :

– Laurent le 13 décembre 1904. Décédé à Tremblay Les Gonnesse en 1990, il est vraisemblablement le père de Guy Cam, mort à Buchenwald en avril 1945 (voir rubrique 3).

– Yves en 1906

– Marie Jeanne en 1907.

En 1908, la famille s’installe à Rodoc où naît Jean Michel le 20 septembre 1908. Marié à Paris 15ème le 22 août 1936 à Roseline Gonzalez, il décède à Toulouse le 10 janvier 1981.

Trois autres enfants suivront :

– Jean Louis né en 1913 à Pont De Buis

– Alain né le 19 mai 1919 à Pont De Buis. Marié au Cloître Pleyben le 24 décembre 1947 avec Marie Riou, il décède à Lopérec le 12 avril 1955.

– Maurice né le 22 juin 1923.

Aux recensements de 1921 (page 15), 1926 (page 14), 1931 (page 20), la famille habite Pont De Buis. En 1931, le père exerce le métier de poudrier ; seuls, les deux plus jeunes enfants demeurent chez les parents. En 1936 page 21, pour le père, la mention « poudrier » est rayée et remplacée par « sp » sans doute « sans profession » ; serait-il en retraite ? Alain est apprenti et Maurice étudiant. La famille aurait habité du côté de Baradozic, selon un témoignage cité plus loin. Aux recensements de 1931 et 1936, elle est voisine des familles Berhelot et Autret qui rejoindront également les FTP.

2 – PARCOURS de MAURICE CAM :

Le site des Amis de la Résistance du Finistère donne la version suivante de son itinéraire : « Maurice Cam, employé de bureau [mécanicien natif de Baradozic selon d’autres sources] né à Pont-de-Buis en 1923 entre au PCF clandestin fin 1940. Co-auteur d’un attentat en gare de Châteaulin en 1941 il est versé aux FTP au printemps 1942. Il passe au maquis de Spézet-Saint-Goazec et blesse grièvement un policier français collaborateur, le commissaire Marchand de Quimper. Il est fait prisonnier le 24 novembre 1943 au village du Fell-en-Spézet lors d’une opération de ratissage. »

Après avoir rejoint le premier maquis FTP de Bretagne à Saint-Goazec le 1er novembre 1943, Maurice Cam participe, à la tentative d’assassinat contre l’inspecteur Joseph Le Marchand le 11 novembre 1943 à Quimper, avec Yves et Jean Bevin, Jean Vigouroux, Jean Pennec…

Il fut arrêté, avec Yves Bévin, le 23 novembre 1943 à Le Fell-en-Spézet, sur dénonciation d’une collaboratrice qui fut condamnée à la Libération. Il assurait alors une liaison entre le comité militaire régional des FTPF et les FTP de Spézet. 

Interné dans un lieu non précisé et transporté à la prison Saint-Charles de Quimper, il fut accusé « d’être un franc-tireur FTPF et de participation à des attentats ». Jugé par le tribunal allemand de Quimper, le 21 avril 1944, condamné à mort, il a été fusillé, le jour même, à Penmarc’h, sur les dunes de Poulguen et son corps enterré dans le sable.

Le nom de Maurice Cam apparait en haut à gauche.

Bizarrement (commentaire du site) l’état civil le dit mort à Penmarc’h le 2 septembre 1944 et ne donne pas de mention « Mort pour la France ». L’état civil de Saint Ségal mentionne «  décédé à Penmarch le 2 septembre 1944 ».  La fosse fut ouverte le 31 août 1944 et livra 35 cadavres.

Deux liens sur le Poulguen et le maquis de St Goazec :

http://www.lesamisdelaresistancedufinistere.com/page221/styled-19/page322/index.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Goazec

3 – PARCOURS DE GUY CAM (1923/1945) :

Neveu de Maurice, il s’agit sans doute du fils de Laurent (voir page 1).

Sources Internet. Son nom est attribué à une rue de Sevran.

Pour échapper au STO, Guy quitte Sevran à la fin 1942. Il rejoint son oncle Maurice Cam dans un maquis du Finistère où il prend part avec Maurice à de nombreux actes de sabotage et attaques contre l’ennemi. Ils sont faits prisonniers le 8 octobre 1943 (faux pour Maurice) et internés à la prison St Charles à Quimper. Guy est déporté en mai 1944 à Auschwitz puis Buchenwald. Il est abattu par les nazis au moment de la libération du camp en avril 1945.

En 50 ans , la famille Cam aura déploré le décès le décès de 3 jeunes enfants pour la défense du pays : l’oncle, le neveu et le petit neveu.

4 – QUELQUES RELATIONS de MAURICE CAM : sources Internet :

Je pense que les lignes qui suivent éclairent les parcours des enfants Cam. Je conclus par une anecdote plus personnelle.

Jean Lancien :

Né en 1921 à Scaër, Jean Lancien, après avoir rejoint le 1er maquis FTP de Bretagne à Saint-Goazec, prend part à diverses attaques de fermes, « coups de tabac »… Il participe avec Jean Pennec, Yves Bevin, Maurice Cam, à la tentative d’assassinat contre l’inspecteur Joseph Le Marchand le 11 novembre 1943 à Quimper.

Jean Lancien participe également à l’assassinat du nationaliste breton Yves Kerhoas à Chateauneuf-du-Faou le 16 décembre 1943. Ses deux camarades Roger Le Signor et Jean Pennec assassinent à Scaër le 2 janvier 1944 l’hôtelier Francis Quefellec.

Arrêtés fin novembre au Fell à Spézet pour Maurice Cam et début 1944 pour ses collègues, condamnés à mort par un tribunal militaire allemand à Quimper, Jean Lancien, Yves Bevin, Maurice Cam et Roger Le Signor sont  fusillés sur les dunes de Poulguen en Penmarc’h le 21 avril 1944.

Yves Autret

La fédération du Finistère Parti Communiste Français rend hommage et adresse un dernier salut fraternel à Yves Autret, notre camarade de Pont-de-Buis, adhérent de la section PCF de Châteaulin, décédé à 93 ans le 17 août 2017, et s’associe à la tristesse de sa famille, de ses amis, de ses proches. 

A la déclaration de guerre, Yves Autret, formé dans le milieu ouvrier de Pont-de-Buis et par ses professeurs progressistes de l’école républicaine, était un militant des Jeunesses Communistes. 

Il va prendre la responsabilité des Jeunesses Communistes et entre dans la Résistance à Pont-de-Buis sous la direction d’Albert Abalain, fusillé au Mont Valérien le 17 septembre 1943. 

Il organise la jeunesse résistante FTP dans le Finistère, l’action directe contre l’occupant, les sabotages. A la fin de la guerre, sous le nom de guerre et de clandestinité de capitaine Pierre, il devient membre de l’état-major FTPF dirigé par Daniel Trellu, puis il participe au Comité Départemental de Libération et continuera à militer pour le Parti Communiste et la justice sociale dans le centre-Finistère.  

(Extrait du Chiffon Rouge Morlaix).

La présidente de l’ANACR Finistère, Anne Friant Mendrès a écrit en 2005 avec Yves Autret décédé le 17 août 2017 quelques pages pour retracer son exceptionnel parcours et l’histoire de la résistance (communiste notamment) en Finistère sur le très bon site de l’ANACR.

Pont-de-Buis, par sa poudrerie, sa population ouvrière, sa situation géographique ouverte sur tout le département par sa proximité avec Châteaulin, devient très tôt un centre de Résistance à l’Occupation Allemande et à la Collaboration de 1940 à 1944. 
Cette période de notre Histoire est aussi celle de l’entrée dans la vie du tout jeune homme que j’étais alors. La France est défaite par les armées allemandes.
Le pays est occupé, dépecé, rationné, pillé. Beaucoup d’hommes sont prisonniers de guerre, et bientôt la jeunesse sera requise pour le Service du Travail Obligatoire en Allemagne.
La Bretagne est en zone occupée. Toute la côte est en zone interdite. Brest est pour la Kriegsmarine une position stratégique de la plus haute importance.
Nous entrons dans « le tragique des quatre années maudites »*. Le tout jeune homme que j’étais devra vite grandir .

Pont-de-Buis. Il faut parler d’abord de la famille Berthelot, et en particulier du père, Louis Berthelot. Cet homme qui était une grande figure du mouvement syndical et politique avait appris à lire et à écrire en suivant la scolarité de ses enfants. Il n’était pas allé à l’école. Tout jeune, il était dans les bois à faire des sabots. Un homme formidable. Nous habitions le même quartier, une cinquantaine de mètre séparait nos maisons. Il avait perdu une jambe …et sa religion dans les tranchées. C’était un grand blessé de la guerre 14-18. Je le connaissais bien, et j’ai toujours eu pour lui la plus grande admiration. C’était un père attentif à l’éducation de ses enfants. Il les a formé aux valeurs progressistes et républicaines. Il connaissait les « Histoires de Yann et de Chann », et tous les soirs il les leur racontait.
Ouvrier à la poudrerie, il était secrétaire des Anciens Combattants, militant syndical et politique.
Il fut arrêté fin 42 ainsi que son fils Pierre par les flics de Châteaulin. Ils furent tous deux déportés. Ils revinrent des camps, mais l’épreuve fut si dure que sa femme en perdit la raison, ce dont souffrit beaucoup la plus petite, sa dernière fille.
Il y avait aussi Maurice Cam, qui participera à mes côtés aux premiers sabotages, et Guy, son neveu.
Maurice était ouvrier aux écritures à l’arsenal. Il était avec nous aux Jeunesses Communistes. Il faisait partie du groupe de Brest. Quand ils ont été chassés de Brest, Guy et lui ont rejoint le maquis de Saint-Goazec-Spézet. Guy Cam a aussi laissé la vie dans ce combat.
Je vois toujours un frère de Maurice. Il vient là en vacances. 

Autre anecdote :

Manifestement, les FTP étaient bien implantés sur la commune. Ainsi, la famille Bescou hébergea, en 1943/1944 à Ménez Crann à Saint Ségal, un dénommé Bodénan réfractaire au STO et maquisard FTP. Menacée de délation par une voisine, la famille Bescou dut son salut à l’intervention du maire de l’époque Yves Loriquer. Les FTP remirent, après guerre, un diplôme à Lucas Bescou, grand père de mon épouse.

Sources :

  • Archives Départementales : état civil et recensements

  • Internet