L’occupant allemand

Arrivée en Pays Bigouden le 20 juin 1940

L’État-major allemand s’installe dans les bâtiments scolaires du collège Saint-Gabriel où un Bureau de Commandement local (OrstKommandantur) et une prison pouvant accueillir 50 prisonniers furent également aménagés.

De petites garnisons furent créées le long du littoral dans le but de surveiller les côtes et de renforcer la police des ports et de la douane appelée la « Gast ».
Les principales garnisons s’installèrent à Plomeur dans le bourg de Beuzec Cap-Caval, à Lesconil au sémaphore  du Goudoul et la « Gast » dans les locaux de l’usine Maingourd  » Ar fritur coz »( la vieille conserverie)  réquisitionnés.  A Pont l’Abbé c’est le manoir de Trévannec qui fut réquisitionné.

Le couvre-feu est instauré, les postes de TSF sont confisqués, de nombreuses réquisitions ont lieu….

La chasse aux communistes

Un document sur Flakschule, école de tir anti-aérien de Penmarc’h

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Ci-dessous photos communiquées par Renan Clorennec

au Guilvinec

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à Penmarc’h

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à Pont L’Abbé

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à la gare
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dans les rues

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Comment les allemands ont-ils pu faire cela ?

  • Questions revenant régulièrement devant une incompréhension :
    Les allemands savaient-ils ?
    Comment un peuple voisin, dit civilisé, au 20e siècle, a t-il pu commettre ces horreurs ?
    La population était-elle complice ?
    Comment s’est-elle laissé embarquée dans le nazisme ?
    etc..

Portrait de l’Allemagne en guerre

L’historien britannique Nicholas Stargardt, au travers de récits très documentés, donne à voir comment un peuple dans sa masse a épousé la logique criminelle.
LA GUERRE ALLEMANDE. PORTRAIT D’UN PEUPLE EN GUERRE. 1939-1945 Nicholas Stargardt La Librairie Vuibert, 800 pages, 29 euros

Comment le peuple allemand, l’un des peuples les plus cultivés d’Europe, a-t-il pu dans sa masse épouser jusqu’au désastre l’entreprise nazie ? Cette question posée au cœur du XXe siècle demeure aujourd’hui, ravivée encore par l’actualité récente avec la percée de l’extrême droite aux dernières élections. Il y a quelques mois, l’historien français Johann Chapoutot, dans la Révolution culturelle nazie (1), montrait comment, non seulement Hitler et ses proches mais nombre d’intellectuels avaient pu s’appuyer sur l’humiliation de 1918, le culte de la santé du corps ou encore la lecture biaisée des plus grands philosophes allemands comme Kant, pour transformer la pensée allemande en machine de guerre intérieure et extérieure, avec pour corollaire bien évidemment l’élimination de tous les opposants, communistes, socialistes, l’interdiction des syndicats, etc. Avec ce beau pavé de 800 pages, l’historien britannique Nicholas Stargardt s’est plus précisément intéressé à la période de la guerre elle-même pour dresser un vaste tableau de ses différentes phases et de l’état d’esprit au sein de la population, au travers des correspondances et des témoignages d’une vingtaine d’acteurs. Soldats au front, fiancées ou épouses, journaliste nazie, institutrice juive, commerçant, instituteur catholique ou encore intellectuel juif avec le linguiste Viktor Klemperer, à qui l’on devra par la suite le très célèbre ouvrage connu sous le nom de LTI (Lingua Tertii Imperii), pour la Langue du IIIe Reich.

Entre deux bombardements, les salles sont pleines
Il n’est pas possible bien sûr d’entrer dans les détails de ce livre foisonnant mais on peut en retenir certaines grandes lignes. Ainsi, la propagande nazie de l’époque ne s’est jamais résumée aux discours et aux proclamations des dirigeants. Elle est passée par la musique, le théâtre et le cinéma, et Goebbels y veille tout particulièrement. Il est frappant de voir que, en pleine guerre, dans les grandes villes allemandes et entre deux bombardements, les salles sont pleines. Le premier long métrage de la guerre, intitulé Concert à la demande, présente un pilote qui doit quitter sa fiancée pour rejoindre en Espagne la légion Condor (celle qui a bombardé Guernica) et qui finira par la retrouver grâce à un message à la radio. Vingt à vingt-cinq millions de spectateurs verront le film.

On apprendra beaucoup aussi sur l’attitude parfois contradictoire des Églises allemandes et particulièrement des évêques protestants. S’il en est qui élevèrent fortement la voix contre la mise à mort organisée des malades mentaux ou des «inutiles», aucun ne remettra véritablement en cause sa fidélité au régime. Les mêmes se tairont à propos des juifs, ce qui renvoie évidemment à ce qui est sans doute la question majeure de cette période. Que savaient les Allemands? Là-dessus, Nicholas Stargardt est clair. Dans l’ensemble, quand bien même ils n’en connaissent ni l’ampleur ni les détails, les Allemands savaient, au point qu’ils pensèrent pour nombre d’entre eux que les bombardements massifs de leur ville étaient des représailles «pour ce que nous avons fait aux juifs», pendant que les dirigeants nazis continuent, eux, d’attribuer ces bombardements à la juiverie internationale, qui est la cause de la guerre.

D’autre part, nombre de soldats sur le front de l’Est sont témoins des exécutions de masse dues au Einsatzgruppen mais aussi bien secondées par la Wehrmacht. Il est frappant de voir que ceux qui en sont les témoins, s’ils sont parfois horrifiés, ne remettent pas véritablement en cause le motif de ces massacres, tant ils sont impliqués dans la logique criminelle et au total autodestructrice du nazisme.  (Maurice Ulrich, dans l’Humanité du 02/10/17)

(1) La Révolution culturelle nazie. Gallimard, 288 pages, 21 euros.

Exécution de juifs par les escadrons de la mort SS et des miliciens ukrainiens, à Vinnitsa, en 1942. Universal History Archive/UIG/Leemage

En liaison avec le sujet : le livre d’Eric Vuillard « L’Ordre du Jour », ou comment le grand patronat a favorisé et accompagné la montée d’Hitler

Dans “L’ordre du jour” Eric Vuillard nous raconte comment, le 20 février 1933, en présence d’Hitler, chancelier,  et de Goering, président du Reichstag, les grands patrons de Siemens, Opel, Krupp, Bash, Bayer, Agfa, IG Farben, Allianz, Telefeunken décident de financer le parti nazi et d’approuver son projet.
Puis la “négligence” coupable des dirigeants des pays voisins.


Un beau texte de Max-Pol Fouchet, écrit en 1974 comme préface au livre de Pierre Durand « Vivre debout, La Résistance » (éditions La Farandole, pour la jeunesse). Sur le fascisme, sur la Résistance…

(Max-Pol Fouchet 1913-1980, poète, écrivain, et homme de télévision)

Le texte de Max-Pol Fouchet en pdf, téléchargeable

et ci-dessous, le texte en image :

Le drame du Vauquois – 1940

18 JUIN 1940 : le drame du Vauquois

( Parmi les nombreuses victimes , un jeune Guilviniste )

Les Allemands entrent en Bretagne…

18 au matin, 10h45 : Le général Robert Altmayer, chef de la Xe Armée, installé à Rennes, téléphone au vice-amiral Traub à la Préfecture Maritime « Les Allemands, une vingtaine de motocyclistes et quelques autos-mitrailleuses défilent en ce moment sous mes fenêtres. Attendez-vous à les voir arriver à Brest dans la soirée. »

La flotte de guerre reçoit l’ordre d’appareiller.  Le port de Brest se vide.

A 8 heures du matin le 18 juin 1940 l’armée allemande commence à traverser Rennes et fonce vers l’ouest. A Brest c’est la débandade, soldats et marins embarquent à la hâte sur les navires de guerre et cargos en partance. Ceux qui restent sabordent les bateaux incapables de prendre la mer, incendient les dépôts de carburant et détruisent tous les matériels militaires qui pourraient servir plus tard aux Allemands.

L’or de la Banque de France (900 tonnes) entreposé dans un bunker au Portzic est embarqué du 16 juin au soir au 18 juin à 18 heures sur les croiseurs-auxiliaires (paquebots armés) El Djezaïr, El-Kantara, Ville-d’Alger, Ville- d’Oran et sur le Victor-Schoelcher.
Les avisos de la Défense du littoral reçoivent l’ordre de prendre à leur bord les marins des batteries côtières et, une partie des archives du 2e dépôt de la Marine.
La deuxième escadrille d’avisos de la Défense du littoral est composée des navires : Somme, Suippe, Vauquois, Coucy, Elan, Commandant-Duboc et Commandant-Rivière.
L’aviso le Vauquois
A 16h45 la Suippe quitte Brest et se poste pour attendre le reste de la flottille près de la Vandrée. A 19h45 elle est rejointe par la Somme et le Vauquois. Une demi-heure plus tard, sans nouvelles des autres navires, deux des avisos mettent le cap vers le chenal du Four destination l’Angleterre, tandis que le commandant de la Somme décide de se joindre à un convoi de 14 sous-marins escortés par le Jules-Verne, convoi qui arrivera à Casablanca quelques jours plus tard.
Le Vauquois saute sur une mine
21h00: Le Vauquois qui navigue à 4/500m sur l’arrière de la Suippe et à 40 mètres plus à l’est, est secoué par une violente explosion. Il vient de toucher une des mines magnétiques dérivantes lâchées la veille par des avions allemands. Le navire se trouve alors à l’ouvert du port du Conquet, très près de la tourelle de la Vinotière. Le bâtiment se casse en deux à la hauteur de la cheminée, l’avant coule presque instantanément, l’arrière chavire et s’engloutit deux minutes plus tard tandis que les chaudières explosent.
La Suippe a stoppé aussitôt et ses embarcations descendent à la mer pour tenter de sauver les naufragés qui se débattent dans les épaves et le mazout.
Onze survivants sont recueillis par la Suippe, l’un d’entre eux décédera à l’hôpital de Falmouth.
21h55, une nouvelle déflagration fait bouillonner l’eau là où le Vauquois a disparu, ce sont sans doute ses grenades sous-marines qui ont explosé. Le capitaine de corvette Lewden, commandant la Suippe, considérant qu’il n’y a plus d’espoir de recueillir des hommes vivants, et conscient que son navire est lui-même très exposé, rappelle ses canots et s’éloigne vers l’Angleterre. (La Suippe touchée par une bombe allemande coulera le 14 avril 1941 devant Falmouth).
Bilan officiel du drame
Morts ou disparus :
– 7 officiers dont le capitaine de corvette Villebrun, commandant du navire.
– 21 officiers-mariniers
– 107 quartiers-maîtres et marins dont beaucoup des services à terre de l’Arsenal.
Parmi ces derniers , un jeune Guilviniste , Jean LE CLEAC’H

Jean Le Cleac'h
Jean Le Cleac’h

Le Vauquois

aviso Le Vauquois
aviso Le Vauquois

Le Vauquois construit en 1918 par les « Chantiers de la Loire » à Saint-Nazaire et mis en service le 12 août 1919. Du type aviso classe « Amiens », il porte le nom d’une commune de l’Argonne martyre de la guerre 14-18.

Principales caractéristiques :
850 tonnes, 72 mètres de long (ou 74,90 mètres selon les sources) pour 8,70 mètres de large, et 3,20 mètres de tirant d’eau. Puissance 5 000 chevaux fournie par deux chaudières au mazout, entraînant deux hélices. Vitesse 20 nœuds. Armement : deux canons de 138 mm, (ou de 145 mm selon les sources) un canon anti-aérien de 75 mm, quatre mitrailleuses et une vingtaine de grenades sous-marines.

Pendant la guerre civile d’Espagne, le Vauquois a escorté des convois, et assuré la libre circulation dans le sud du golfe de Gascogne pour les navires marchands , notamment ceux de la Compagnie « France Navigation ».