Des femmes dans la Résistance

Dans leur livre « Le Finistère dans la Résistance », Georges-Michel Thomas et Alain Le Grand écrivent :

Elles ont joué un rôle important dans la Résistance et le maquis. Non seulement elles se chargeaient des messages à transmettre, recueillaient des renseignements, transportaient des armes, mais encore faisaient même parfois le coup de feu.

Quand « Raymond » de l’Interrégion Ouest – le « lieutenant-colonel Chevalier » (Daniel TRELLU) – reçut son commandement des F.T.P. du Finistère au P.C. de Saint-Nicolas-du-Pelem, il disposait de seize jeunes femmes comme agents de liaison.

Ils citent également le rôle important de Raymonde Folgoas-Guillou, 1925-1996, de Pont L’Abbé . (Une rue de Pont L’Abbé porte son nom.)

Résistante dès l’âge de 15 ans. Recrutée dès janvier 1941 par Jean Bernard, de Pont L’Abbé, elle coopère avec les responsables FTP Jean Guyomarch et Jean Thépaut. Militant au plan inter-région, elle partage ses activités entre le Finistère – et d’abord la région du Huelgoat avec Pierre Gac, Annick Dizes, Marcel Nicolas et Yves Cotton – et Paris où elle échappe de peu, en 1944, à la Gestapo.

Elle fait aussi échouer une attaque allemande contre le maquis « docteur Jacq » et, par ailleurs, assure des missions dans le département avec Marcel Lozach, un des responsables des parachutages FTP, avec Albert Yvinec (« Callac ») et Francis Derrien, du Relecq en Plouneour-Menez.
A Tréguennec, elle prend part à la visite d’un bateau allemand et, par la suite, participe à la libération du Huelgoat et aux combats de la presqu’ile de Crozon avec la compagnie « Barbusse ».


Dans son livre « Bretonnes et Résistantes », paru en 2018 chez Coop Breizh, Isabelle Le Boulanger a répertorié 1173 dossiers de femmes ayant obtenu la carte de combattant volontaire de la Résistance (CVR) en Bretagne.

Or, comme le dit Christian Bougeard dans sa préface, « nombre de résistantes, comme d’ailleurs des hommes, n’ont pas jugé bon de faire cette demande jugeant « normal » leur participation à la lutte… ».

Combien d’autres femmes, non répertoriée, ont participé activement, de façon plus ou moins visible à la lutte contre l’occupation.
Bien souvent l’engagement concernait une famille entière. Je pense par exemple à la famille d’Albert Hénot dans laquelle sa mère était complétement partie prenante de la Résistance conjointement à son frère et son mari.

 

 

Voici quelques Résistantes actives de notre pays bigouden citées par Isabelle Le Boulanger :

A Loctudy :

ARHAN Estelle (ARHAN), 19 novembre 1894 à Loctudy, à Loctudy

Veuve de guerre. Buckmaster depuis le 1er juillet 1941. CND-Castille depuis le 1er avril 1943. Agente de renseignement.
Sa maison sert d’asile aux agents des deux réseaux. Détient des armes et un poste émetteur. Héberge deux aviateurs américains.

 

COUPA Louise, 5 juin 1921 à Toulon (83), domiciliée à Loctudy, Lili.

Bordeaux-Loupiac depuis octobre 1943 comme chargée de mission P2. Arrêtée le 10 mai 1944, interné à Rennes puis déportée le 2 août à Ravensbrück. Décédée à Bergen-Belsen le 9 mai 1945.

 

COUPA Yvonne, 10 novembre 1913 à Toulon (83), sans profession à Loctudy.

Met sa maison à disposition du mouvement Libération-Nord en mars 1944. Héberge des résistants, conserve des armes, le ravitaillement destiné au maquis, reçoit et transmet des renseignements en l’absence de son frère chef du mouvement.

 

DIEUCHO Camille (GUYADER), 16 février 1911 à Pont L’Abbé, employée des PTT à Loctudy.

Libération-Nord depuis août 1942. Seconde son mari très handicapé physiquement, organisateur du mouvement à Loctudy. Diffuse des tracts et journaux, délivre de fausses cartes d’identité en grand nombre, effectue des liaisons, héberge des résistants. Participe aux préparatifs de l’attaque de la prison de Mesgloaguen à Quimper en transportant une partie des armes qui doivent servir à l’opération et au départ pour l’Angleterre de la pinasse Jouet des flots. En accord avec le receveur des PTT, surveille le courrier suspect adressé aux autorités allemandes et facilite les communications téléphoniques entre les responsables de la Résistance de la région bigoudène.

A Pont L’Abbé

COSQUER Marie-Jeanne (PÉRON), 5 mars 1896 à Peumerit, institutrice à Pont-L’Abbé.

 

LE LOCH Simone (HÉNAFF), 21 avril 1918 à Pont L’Abbé, commis de mairie à Pont L’abbé.

Libération-Nord depuis décembre 1942. Fournit des fausses cartes d’identité, cartes de travail, cartes d’alimentation. Effectue des copies de documents et rapports concernant la défense du pays.

 

NICOLAS Marie-Corentine (TANNIOU), 16 novembre à Combrit, brodeuse à Pont L’Abbé.

FTP depuis le 1er octobre 1942. Agente de liaison, transporte des armes, explosifs, tracts. Arrêtée le 26 octobre 1942, internée à Quimper, Rennes puis Poitiers, libérée par les FFI le 30 août 1944.

 

PÉRON Jeanne (LE BERRE), 9 août 1922 à Pont L’Abbé, institutrice à Plonéour en 1942-1943, à Pont L’Abbé en 1944, Audierne.

FN depuis le 1er juillet 1942. agente de liaison entre les groupes de résistance de la région bigoudène, de la régon du Cap Sizun et audierne. Organise un service de renseignements.

 

A Guilvinec

DUMORLAIX Marie-Anne (TANNIOU), 6 avril 1888 à Guilvinec, ouvrière d’usine à Guilvinec.

Entre au FN en 1941. Effectue des liaisons. Héberge des résistants recherchés, met sa maison à la disposition des chefs du FN. Entrepose des armes en provenance d’Angleterre destinées au maquis. Participe à l’organisation de collectes et autres souscriptions en faveur des internés, déportés et fusillés et leurs familles.

 

GUILLEMOT Marie (LAVALOU), 13 mars 1902 à Lanmeur, pharmacienne à Guilvinec.

Dossier très lacunaire. Réseau Johnny de mars 1941 au 15 avril 1942. Soutient le réseau Cohors-Asturies. Confectionne des calots et brassards. Aide des aviateurs américains.

 

A Penmarc’h

LE BEUX Félicie, 31 juillet 1923 à Roudouallec (56), serveuse domiciliée à Saint-Guénolé.

Dossier lacunaire. FN à partir du 1er janvier 1944. Arrêtée le 10 février 1944 alors qu’elle distribue des tracts anti-allemands, internée à Fresnes puis déportée en Allemagne. Revenue.

 

A Plomeur

LE CORRE Marie-Louise (MEHU), 4 janvier 1888 à Tréguennec, sans profession à Plomeur.

Dossier lacunaire. CND-Castille depuis août 1943 comme agente occasionnelle. Présidente par interim des prisonniers de guerre. Correspondante communale de l’entraide aux prisonniers de guerre et aux réfugiés.

 

Isabelle Le Boulanger

 

Isabelle Le Boulanger est également l’auteure de « L’exil espagnol en Bretagne » paru chez Coop Breizh en 2016