Hommages

Panneau dans le hall de la mairie de Plobannalec-Lesconil,
commune particulièrement touchée par la répression nazie

     21 noms :

15 fusillés à La Torche

Yves Biger

Jean-Marie Cadiou

Etienne Cariou

Pierre Daniel

Corentin Divanach

Georges Donnart

Lucien Durand

Julien Faou

Albert Larzul

Corentin Le Bechennec

Armand Primot

Pierre Quemener

Prosper Quemener

Ange Trebern

Joseph Trebern

2 abattus à Plonivel

les frères Antoine et Yves Volant

1 assassiné à St Gabriel

Louis Larnicol, non retrouvé

3 morts en camp de concentration

Antoine Buanic, à Ellrich
Yves Le Donche, à Auschwitz
Alain Le Lay, à Auschwitz

Ils étaient presque tous communistes.


Un écrit de Marcel Divanac’h en hommage aux fusillés de La Torche

Un passage du texte de Marcel Divanac’h, frère de Corentin, publié dans le n°23 du journal Le Travailleur Bigouden


Pont L’Abbé : hommage aux déportés, article de Raymond Cariou dans le Travailleur Bigouden n° 146 de 1992 :

1964 – 20ème anniversaire

Un article dans « Notre Finistère », supplément à l’Humanité Dimanche en juin 1964

À LA  MÉMOIRE DES FUSILLÉS DE POULGUEN par Alain Signor

Le  8 mai dernier (1964), dans toutes les communes de France, a été commémoré l’Armistice du 8 mai 45. Au Guilvinec, à Treffiagat et Penmarc’h, cette cérémonie a  été marquée par un dépôt de gerbe au monument aux Morts. La plupart des participants se sont ensuite rendus au monument des fusillés de Poulguen, Poulguen où, d’avril à mai 1944 (voici donc 20 ans), tombèrent avec un grand courage 33 combattants de la Résistance.

Deux républicains espagnols y achevèrent leur héroïque combat pour la liberté, mêlant un sang généreux à celui de nos compatriotes . Plus tard les bourreaux hitlériens, après avoir abattu sur le territoire de leur commune natale les deux frères Volant, de Plobannalec-Lesconil. vinrent enfouir leurs cadavres dans le sable abreuvé de sang de Poulguen. Au total 35 patriotes y trouvèrent une fin glorieuse.

Leurs noms sont gravés dans le granit du monument érigé en 1947 à l’initiative de la municipalité de Penmarc’h, sur les lieux même du massacre, sauf pour quatre d’entre eux, non identifiés et qui y figurent sous l’inscription : «  quatre Anonymes » .Quatre soldats sans uniforme, de la  liberté et de l’indépendance, soldats aux noms perdus, d’autant plus chers, s’il est possible, à nos coeurs.

Ces combattants étaient tous des travailleurs : ouvriers, paysans, marins, artisans, commerçants, enseignants, fonctionnaires…

La noble figure du docteur Nicolas, né à Pont-L’Abbé , le 16 décembre 1879, domicilié à Concarneau représentait les professions libérales. C’était aussi le doyen d’âge de tous ces héros. Il aurait pu être le père, et même le grand-père de beaucoup d’entre eux.

Ce qui frappe, en effet, c’est leur jeunesse. La plupart étaient Finistériens; mais l’Ille-et-Vilaine, L’Eure-et-Loir et la Région parisienne y étaient aussi représentés, et, nous l’avons vu les Républicains espagnols . Ce qu’ils avaient tous de commun, c’était la haine de l’oppression, l’amour de la liberté, la volonté d’une vie  meilleure dans un monde libéré de la servitude.

Nom et prénoms                    date de naissance       lieu de naissance     Résidence
Quatre anonymes
MORENO (pseudo) Joseph           15.09.1915          Madrid (Espagne)        Réfugié en France
GARCIA Martin Antonio              13.0.1911              Avila  (Espagne)           idem
LE GALL François                       09.11.1923                   ?                        Saint_Grégoire(IetV)
CARON William                             18.02.1919                  ?                    Sorel-Moussel (EetL)
COCHERY René                          06.01.1914          Chartres (E et L)          Morlaix
BEVIN Yves                                 09.01.1921          Peumerit ( Fin.)        Vitry-sur-Seine
LANCIEN Jean-Louis                  05.05.1921          Scaër                          Scaër
QUEINNEC Arthur                      18.09.1919          Quimper            Quimper
LE PORT Charles                          2301.1920           Quimper             Quimper
VOLANT Marcel                        04.08.1916           Quimper               Quimper
KERGONNA Marcel                 08.09.1919             Beuzec-Cap-Sizun    Quimper
PLOUZENNEC Pierre               12.05.1920         Plogastel-Saint-Germain  Quimper
CAM  Maurice                            20.06.1919             Pont-De-Buis           Pont-de-Buis
NORMANT Robert                    30.07.1919         Plouhinec                    Plouhinec
VOLANT Antoine                       20 ans           Plobannalec-Lesconil  Plobannalec-Lesconil
VOLANT Yvon                            30 ans                              idem               idem
GRALL Henri                             07.01.1922          Pleyber-Christ            Pleyber-Christ
BOURLES Jean                          11.06.1920            Pleyber-Christ            Pleyber-Christ
CREAC’H Albert                        07.08.1920                           idem             idem
PHILIPPE François                     22.09.1920                   idem                  Landivisiau
LE BUANEC Arthur                   01.09.1919            Guerlesquin                 Morlaix
LE SIGNOR Roger                     29.12.1919            Camaret-sur-Mer Camaret-sur-Mer
COAT Paul                                 03.03.1925             Brest St Marc              Brest
TANGUY Hervé                         25.01.1926                    idem                     idem
PAUGAM Roger                        12.10.1923                    idem                     idem
LE BAUT Roger                         17.09.1921                    idem                     idem
BRUSQ  Emmanuel                     13.08.1923              Audierne               Audierne
SIMON Jean                              09.10.1924                    idem                  idem
CADIC Eugène                           14.04.1921               Bannalec                Bannalec
LOREC Eugène                          10.04.1920             Pont-L’Abbé              idem
Dr NICOLAS Pierre                   16.12.1879                   idem                 Concarneau

Les Résistants étaient astreints à la stricte observation des règles de la clandestinité. La moindre indiscipline en ce domaine pouvait entraîner de redoutables conséquences. C’est pourquoi de leurs épreuves, de leurs combats, de leurs succès comme aussi de leurs revers, il subsiste peu de traces écrites, car l’ordre était, ici, inflexible : il fallait détruire toutes les traces écrites susceptibles de renseigner l’ennemi.

Toutefois, voici deux témoignages : l’un émane de Jean-Roland PENNEC de Camaret-sur-Mer, plus connu de ses compagnons d’armes sous le pseudonyme de « Capo ». L’autre vient  d’un douanier allemand de la Gast de Guilvinec, recueilli par un de ses collègues d’Audierne et rapporté par Francis POSTIC, ancien maire de cette dernière commune et ancien douanier lui-même.

« Capo » avait 23 ans lors de évènements dramatiques de Poulguen. Ce n’est qu’à une énergie indomptable qu’il  dut de ne point partager le sort de ses infortunés compagnons.

Très tôt, sa volonté de combattre l’envahisseur les armes à la main le conduisit à s’enrôler dans les F.T.P.F., avec une poignée de Camarétois aussi décidés que lui à la lutte. Affecté au maquis de Spézet, il entra, avec son ami Roger SIGNOR dans l’unité de choc constituée en 1943 et placée sous le commandement de Yves BEVIN, professeur à Vitry-sur-Seine.

L’unité comprenait d’autres résistants connus pour leur bravoure : Jean-Louis LANCIEN de Scaër , Fernand AUMEL, probablement de Callac ( Côtes du Nord), Jean-Louis DERRIEN de Plonéour-Ménez, leur agent de liaison et un Camarade juif dont « Capo » ignorait l’identité et dont il pense qu’ils seraient parmi les « anonymes » de Poulguen.

Cette unité harcela l’ennemi dès sa constitution ; elle battait un vaste secteur de la Montagne Noire. Admirablement renseignés, elle frappait les postes isolés, mitraillait les cantonnements, les transports, faisait sauter les dépôts de munitions et de matériel de guerre. L’objectif atteint la troupe s’évanouissait, puis se regroupait sur des bases éloignées.

Cependant Yves BEVIN fut arrêté au Fell en Spézet, en 1943, avec son agent de liaison et un autre camarade. Condamnés à mort, ils furent exécutés à Poulguen. L’unité reconstituée,

Le commandement en fut confié à « Capo ».

Au début de l’hiver 1943-44, elle reçut la mission de transférer cinq aviateurs américains dans les Côtes-du-Nord. La tâche accomplie, l’escorte s’arrêta à Gourin sur le chemin du retour ; elle fut hébergée à l’hôtel-restaurant Perrot, près de la gare. A ce moment « Capo » contracta une forte grippe et dut garder le lit. Il demanda en vain à ses compagnons de quitter l’hôtel-restaurant, mais aucun ne voulut le laisser seul. Deux jours plus tard , ils y étaient encore. Au cours de la dernière nuit passée à l’hôtel, 200 Allemands transportés par camions, cernèrent l’immeuble. Jetés dehors, en chemise, les mains levées et aveuglés par les phares des camions, Capo et ses compagnons demeurèrent deux heures durant exposés aux morsures d’un froid glacial. Emprisonnés d’abord à Carhaix, privés de toute nourriture et de boisson pendant trois jours, ils furent ensuite transférés à la prison Saint-Charles de Quimper. Tous furent condamnés à mort. Ils se retrouvèrent à dix dans le cachot destiné aux condamnés à mort. Aussitôt, ils entreprirent de s’évader, se procurèrent une corde, peu solide hélas, percèrent le plafond de la cellule puis la toiture. Selon l’ordre déterminé; Capo sortit le premier suivi de Jean-Louis DERRIEN. Lorsque Roger SIGNOR, plus corpulent parvint presqu’à la toiture, la corde se rompit. Les huit patriotes qui restaient furent exécutés à Poulguen en avril-mai 1944.

Pour terminer cette évocation et faire toucher du doigt – notamment aux jeunes générations- le courage inouï de ces hommes , nous rappellerons l’exemple de Manu BRUSQ d’Audierne. Ce témoignage nous vient d’un douanier allemand de la  GAST  (Douane allemande) du Guilvinec, recueilli par un de ses collègues d’Audierne et que nous a rapporté Francis Postic, ancien maire de cette commune et ancien douanier lui-même.

Manu Brusq, jeune homme athlétique. Dynamique, très intelligent et cultivé, était l’homme des coups de main spectaculaires, I’homme « sans peur ». Il avait du mal à se contenir et sa témérité frisait apparemment l’inconscience du danger comme en témoigne son dernier acte avant son exécution.

Alors que les condamnés arrivaient au lieu désigné pour leur exécution, encadrés par les soldats allemands, fusils chargés, baïonnette au canon, un capitaine commit l’imprudence de s’approcher trop près des patriotes pour lancer un ordre aux soldats de tête. D’un geste frénétique, Manu BRUSQ s ‘empara du petit sabre de l’officier et le tua. Presque massacré à coups de crosses, il fut fusillé quelques minutes plus tard.

Ni chez Manu, ni chez ses camarades, il n’y avait la moindre inconscience du danger. Bien au contraire, ils étaient bien placés pour apprécier la sauvagerie de l’ennemi et savaient pertinemment à quoi ils s’exposaient, mais leur détermination venait d’abord de leur haine d’un oppresseur particulièrement féroce, mais aussi dans ce que, dans le combat, ils s’étaient aguerris et connaissaient parfaitement ses insuffisances et ses faiblesses.

A l’heure où certains s’efforcent de ternir l’image de la Résistance, de réhabiliter quelques criminels nazis, où certaines organisations d’extrême-droite se réclament ouvertement de l’idéologie fasciste, il était bon que soient rappelés les immenses sacrifices consentis par notre peuple pour libérer notre territoire de l’oppresseur hitlérien.

Alain Signor, Député du Finistère


1969 – 25ème anniversaire

Une importante cérémonie à Poulguen en présence de Jean-Désiré Larnicol, d’Alain Signor et du colonel Henri Rol Tanguy

Archive de l’A.L. de Pont L’Abbé : Le programme du 25e anniversaire des Fusillés de Poulguen

L’article du journal Le Télégramme


Roland Passevant : « Lesconil, un lourd tribu payé à l’occupation nazie »

Extrait du chapitre « Ceux de La Torche et du Réséda » dans « Les communistes au quotidien », Grasset 1980


1983 – Notes de lecture de Raymond Cariou


1984 – 40ème anniversaire de la Libération

Le texte de Raymond Cariou


1994 – 50ème anniversaire de la Libération

Le discours de Raymond Cariou

L’article du Travailleur Bigouden (n°155)


2019 – 75ème anniversaire des fusillés de Poulguen et de La Torche

Le discours du maire de Penmarc’h devant le monument de Poulguen

A cette occasion ces quatre panneaux explicatifs ont été installés sur le site

14 juin 2019 : 250 personnes à Lesconil à la conférence sur la Résistance en Pays Bigouden animée par Gaston Balliot et Jean Kervision

15 juin 2019 cérémonie au cimetière de Lesconil en hommage à toutes les victimes :

 

Octobre 2021

Ouest France 14/10/2021

18 Juin 2022 – Cérémonie à la mémoire des fusillés de La Torche

-16 H 15 : Stèle de la Torche à PLOMEUR, dépôt de gerbe par le maire et minute de silence.
-17 H 00 : Au carré des fusillés du cimetière de Lesconil
* Dépôt de gerbes par les familles, le PCF, l’ANACR, le maire ;
* Allocution du maire ;
* Allocution de M Serge Guilloux descendant de fusillé
* Allocution de Mme Anne FRIANT-MENDRES, Présidente départementale de l’ANACR
* Appel des Morts ;
* Sonnerie aux Morts ;
* Minute de silence ;
* Chant des partisans ;
* Hymne national ;
* Remerciements aux porte-drapeaux.
A l’issue de la cérémonie, vin d”honneur offert par la municipalité.

Stèle des 15 fusillés de La Torche en Plomeur

En ce lieu ont été fusillés 15 héroïques combattants des Francs-tireurs et partisans français:

Le 15 juin 1944:

– Le Bechennec Corentin (24 ans), FTPF de Lesconil repose au cimetière de Lesconil.

– Quemener Pierre (20 ans), Né le 14 avril 1924 à Plobannalec membre des jeunesse communistes & résistant FTPF en 1943.

.Alors qu’il se rendait à Plomeur pour récupérer des armes, Il enleva avec un groupe de FTPF deux soldats allemands qui discutaient avec le maire de la commune Louis Méhu. Arrêté le 12 juin 1944 lors d’une rafle menée par la Wehrmacht pour retrouver les deux soldats, il fût incarcéré à la prison Saint-Gabriel de Pont-l’Abbé avant d’être jugé et condamné à mort par le tribunal militaire allemand FK 752 de Quimper le 14 juin 1944 pour « activité de franc-tireur ». Il repose au cimetière de Lesconil

– Cadiou Jean-Marie (36 ans) Né en 1908, membre des FTPF il repose au cimetière de Plobannalec- Lesconil .

– Biger Yves (17 ans) Né en 1927, membre des FTPF de Lesconil,

– Daniel Pierre (37 ans)

– Donnart Georges (22 ans)

– Durand Lucien (21 ans) Né le 25 mai 1923 à Plobannalec-Lesconil (Finistère), membre des FTPF

– Trebern Ange (19 ans)

– Trebern Joseph (21 ans)

Le 23 Juin 1944 :

– Faou Julien (41 ans) Né le 24 octobre 1902 à Lesconil, marin pêcheur , membre des FTPF depuis 1942, il a été raflé le 12 juin 1944 et emprisonné à Pont l’Abbé puis condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Quimper FK 752 pour avoir participé à l’enlèvement de deux soldats allemands à Plomeur.

– Cariou Etienne (42 ans) Né le 15 janvier 1902 à Lesconil-Plobannalec, membre des FTPF depuis 1943, raflé également le 12 juin 1944 et condamné pour les mêmes raisons.

– Divanach Corentin (39 ans) , Né le 17 janvier 1905 à Plobannalec, Jean Divanach dit « Corentin » marin pêcheur à Lesconil , membre des FTPF depuis 1942, condamné à mort pour activité de franc-tireur et pour avoir participé à l’enlèvement des deux soldats allemands à Plomeur.

– Primot Armand (19 ans) né le 13 avril 1925, il était le fils d’un marin pêcheur de Lesconil. Membre des FTPF depuis 1943, également condamné à mort par le tribunal militaire allemand FK752 de Quimper pour activité de franc-tireur il a également participé à l’enlèvement des deux soldats allemands à Plomeur.

– Larzul Albert (22 ans), né le 1er février 1922 à Plobannalec . Marin pêcheur à Lesconil Réfractaire au STO, il intégra le bataillon « Bigouden » des FTPF en 1944. Il faisait partie du commando qui a enlevé les soldats allemands à Plomeur, raflé et condamné pour les mêmes raisons que ses camarades, il repose au cimetière de Lesconil

– Quemener Prosper (21 ans), né le 12 août 1923 à Plobannalec , membre des FTPF depuis 1943, condamné à mort pour activité de franc-tireur et pour avoir participé à l’enlèvement des deux soldats allemands à Plomeur.

Carré des fusillés au cimetière de Lesconil

On notait la présence d’une forte délégation du Parti Communiste du Pays Bigouden

Allocution de la présidente de l’ANACR 29,
le 18 juin 2022 à Lesconil
devant le carré des fusillés de 1944



Le 18 juin 1940, il y a maintenant 82 ans, un général alors inconnu, le Général de Gaulle, lançait de Londres un Appel historique qui sauvait  l'honneur de la France en la maintenant dans le combat contre l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste.  
Une autre date d'honneur de la France est inséparable de ce 18juin, le 27 mai 1943.  Ce jour-là, une étape majeure qui allait permettre la libération de notre pays, était franchie.  
Que s'est-il passé le 27 mai 1943 ? Dans Paris occupé, au 48 rue du  Four, se réunissait pour la première fois le Conseil National de la  Résistance sous la présidence de Jean Moulin et l'autorité du Général de Gaulle. Un événement majeur dans l'histoire de la Résistance. Dix-sept hommes, tous clandestins et traqués, composaient cette  assemblée, représentant huit mouvements de Résistance, six partis politiques et deux centrales syndicales. Cette voix unie de la France,  une motion, votée à l'unanimité, l’affirmait avec netteté, apportant au  Général de Gaulle, auprès des Alliés, une légitimité incontestable.  
Jean Moulin, dit Max, premier délégué général en France occupée, commissaire- ministre- du Comité National Français, Compagnon de la  Libération, premier président du Conseil National de la Résistance, venait de réussir la rude et périlleuse mission que lui avait confiée le  Général de Gaulle, unir la Résistance, organe essentiel de la France qui combat.
Moins d'un mois plus tard, le 21 juin 1943, lors du rendez-vous de Caluire, Jean Moulin était arrêté. Abominablement torturé, il ne livra  aucun secret, lui qui les savait tous. Il mourut en gare de Metz le 8 juillet 1943 lors de son transfert vers l'Allemagne.  

La Résistance unie au sein du CNR pouvait continuer son œuvre. Le 15  mars 1944, le programme d'action du Conseil National de la Résistance  était adopté à l'unanimité. Son nom,"Les jours heureux" 

Ces Résistants du CNR y exprimaient «leur angoisse devant la  destruction physique de la Nation que l'oppresseur hitlérien poursuit avec l'aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de  toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le  maintient dans les camps d'un million de prisonniers, par la  déportation d'ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers,  par l’emprisonnement de 300 000 Français, par l’exécution des plus valeureux. ››
« Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en participant  étroitement aux opérations militaires que l'armée française et les  armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter  cette Libération , d'abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l'avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l’envahisseur et ses agents, lutte commencée dès 1940. ›› 

 Ce programme préparait l'insurrection nationale pour soutenir le  débarquement allié qui se fera le 6 juin l944, et hâter la libération de  notre territoire.

Ici à Lesconil, en ce 18 juin 2022, nous saluons la mémoire de ces  hommes valeureux, combattants de l'Armée de l'Ombre. Ils payèrent  de leur vie la libération de notre pays, l'entière libération du Finistère  dès le 20 septembre 1944.  
L'union de la France qui combattait, France libre et Armée de l'Ombre permit à notre pays d 'être à la table des vainqueurs le 8 mai 1945, le  jour de la Victoire sur l'Allemagne nazie.  
Sans la France libre et la Résistance unie dans le combat aux côtés des Alliés, c'est du côté des vaincus qu'eût été notre place.  
Notre reconnaissance à l'égard de ces combattants, à l'égard de leurs familles, de tous ceux auxquels ils ont tant manqué et manquent  encore, notre dette est immense.  
Ce CNR, qui unissait la Résistance intérieure et extérieure sous l'autorité du général de Gaulle, rétablissait la République, et construisait pour l'après-guerre une société plus juste, plus démocratique, plus solidaire, un pacte social de progrès et de prospérité, qui permit à notre pays de se relever. Pacte social de santé dont nous leur sommes reconnaissants en cette pandémie.  
Ce riche héritage, c'est à tous ces combattants qui ne virent pas la  victoire que nous le devons.  
Au nom de nous tous, je leur dis notre reconnaissance, notre amour commun des valeurs qui font la grandeur de notre pays, je leur dis  merci.  
Merci pour ces longues années de Paix. Merci.  Que leur mémoire soit à jamais honorée.  

Anne Friant-Mendrès , présidente ANACR-29  

*Le 7 juillet 40 à Londres, passant en revue les premiers engagés dans la France Libre, le Général de Gaulle déclare, « l'île de Sein est  «donc le quart de la France !››. Non, nous étions la moitié corrigeait  Alexis Le Gall d'Audierne qui y était.  
-Le 10 juillet 1940, 80 parlementaires refusent les pleins pouvoirs à  l'ex-maréchal Pétain, parmi eux, 7 élus du Finistère: Albert Le Bail,  Victor Le Gorgeu, Jean Perrot, François Tanguy-Prigent, Jean-Louis  Rolland, Paul Simon, Pierre Trémentin.  
-Le 22 mars 194i, première émission clandestine reliant la métropole  à la France Libre à Kerfeunteun, Quimper, exploit du réseau Johnny.  
-Le Finistère, premier département réfractaire de France par la  minutieuse et intelligente exécution du « cambriolage ›› des services  du STO suivi de la destruction des 44000 dossiers le i4 janvier 1944.  
-Le 8 août 1944, Quimper, première préfecture de la France continentale libérée par elle-même.  
-Le 20 septembre 1944, Libération entière du Finistère au lendemain  de la reddition cle la Festung de Brest après 43 jours de siège.  
Deux chiffres encore qui témoignent de l’engagement des Finistériens :  
~47 Compagnons de la Libération sur 1038. Parmi eux le colonel Henri  Rol-Tanguy, le Brestois, qui dirige l’insurrection parisienne et signe  avec Leclerc la reddition de Paris le 25 août 1944.  
-1091 déportés*. 549 ne reviendront pas.
- 50 Finistériens fusillés au Mont-Valérien sur les 1008 Fusillés. Parmi  eux les 11 du groupe Elie fusillés le 10 décembre 1941 et les 19 du  groupe Abalain fusillés le 17 septembre 1943. Tous de Brest.  
Le Finistère paiera chèrement sa Libération et celle de son pays.  Sur tous les Fronts les Finistériens sont au combat.  
Maurice Bon, jeune aviateur des FAFL est tué au combat le 13 octobre  43, lors d'un engagement de l'escadri|le Normandie-Niemen.  L'aéroport de Quimper porte son nom.  
Et quant à notre territoire, l'île de Sein est Compagnon de la Libération,  Brest et Plougasnou reçoivent la médaille de la Résistance.        
en pièce jointe l'appel du Général de Gaulle le 18 juin 1940

Cérémonie des fusillés 2022 – Allocution de Serge Guilloux, descendant de fusillé

Monsieur le maire,
Mesdames et messieurs les élu(es),
Madame Anne-Friant Mendés, Présidente départementale de ANACR,
Mesdames, Messieurs les portes drapeaux et les représentants des associations patriotiques. Mesdames, Messieurs

Lesconiloises et Lesconilois, de souche ou d’adoption, ce samedi 18 Juin 2022, nous commémorons, 78 ans après, la tragédie qui a marqué Lesconil en Juin 1944. Sans doute êtes-vous encore quelques uns à avoir vu, ce 20 Juin 1940 l’arrivée des soldats allemands, une armée hitlérienne victorieuse, peut-être encore avez-vous dans la tête, leur chant, leur marche et le bruit des bottes dans la Grand’rue.

La France était vaincue, humiliée et son armée prisonnière. Car dès le 18 Juin, un général inconnu avait proclamé : « La France a perdu une bataille ! Mais la France n’a pas perdu la guerre. Des gouvernements de rencontre ont pu capituler, cédant à la panique oubliant l’honneur, livrant le pays à la servitude. Cependant, rien n’est perdu ! » D’autres appels de Juillet 1940 se dresseront contre cette servitude ; un peu plus de 4 ans sont passés, lorsque le 6 Août 1944, la fringante et terrible armée pliait ses bagages. Elle quittait Lesconil et tout le pays bigouden et allait subir les coups de résistance des soldats sans uniformes. Mais cette armée laissait derrière elle une population traumatisé par des dizaines de crimes. Le sang de nos marins et de leurs fils avait arrosé les terres de notre commune et les sables des dunes de la baie d’Audierne, la Torche l’un des hauts lieux de supplices.

Cette guerre, dès le 20 Juillet 1940, frappait nos marins, Alphonse COIC et Jean-Louis SCOARNEC, avec leur canot « EXOCET », sautait sur une mine. Pierre-Jean COSSEC, le 23 juin 1943, était frappé par un obus sur le port. Dès 1941, la Résistance s’est organisée dans notre pays bigouden et notre ami Alain LELAY, de Menez-Veil, responsable politique, son rôle consistait notamment à faire la liaison avec les militants communistes, partout où le parti était structuré avant la guerre. Il est reconnu dans le Morbihan par le commissaire de police de Pontivy. Arrêté le 12 Novembre 1941, Alain est emprisonné à Quimper puis à la prison militaire de Brest. Il est livré à la Gestapo par la police « française ». Il mourra au camp de concentration d’Auschwitz en Octobre 1942, après avoir subis d’atroces tortures.

Que s’est-t-il passé le 27 Mai 1943 ? Dans Paris occupé, au 48 rue du Four, où se réunissait pour la première fois et sous l’impulsion de Jean Moulin et l’autorité du Général de Gaulle. Le premier Conseil National de la résistance(CNR). Événement majeur dans l’histoire de la résistance. 17 hommes tous clandestins et traqués, composaient cette assemblée représentant huit mouvements de Résistance, six partis politiques et deux centrales syndicales. La résistance unie au sein du CNR pouvait continuer son œuvre. Le 15 Mars 1944 était adopté à l’unanimité le programme du Conseil National de la Résistance. Pacte social de la santé, nous leurs sommes reconnaissants en cette période de pandémie. A l’annonce du débarquement le 6 Juin 1944, des milliers d’hommes et de femmes appliquent les plans prévus de l’insurrection générale. Il s’a git de harceler l’ennemi, le réduire, le fixer, le désorganiser et l’empêcher à tout prix de rejoindre la Normandie. Pour les Allemands, la Bretagne est une zone de partisans, de terroristes. Le 6 juin 1944, un groupement de résistants de Lesconil occupe Plomeur et y fait 4 prisonniers ennemis. Ils seront conduits et internés à Plonivel. Alertés et renseignés les Allemands vont les libérer dans l’après-midi du 9 Juin.

Le matin même une rafle a eu lieu dans les fermes de Brézéhan où 7 résistants sont cantonnés, ils sont arrêtés : Joseph Trebern, Georges Donnart, Corentin Béchennec, Corentin Durand, Lucien Dréau, Louis Larnicol. ils sont conduits à l’école St Gabriel de Pont-L’abbé. Dans l’après-midi, les allemands encerclent Plonivel. Antoine Volant est tué armes à la main à Kervéol. Son frère Yves est tué en traversant le Ster. 5 Résistants qui se trouvaient dans le presbytère sont arrêtés et conduits à St Gabriel. Ange Trébern, Pierre Quemener, Pierre Daniel, Yves Biger, Jean-Marie Cadiou. Et maintenant, rappelez-vous de cette matinée du Lundi 12 Juin 1944, les allemands à coups de cross dans les portes des maisons, leurs cris (lose, raous, shnell) arrêtent tous les hommes de 17 à 70 ans. Les coups de bottes accélèrent leur marche vers la mort. C’est la terreur à Lesconil. Sont conduits à Saint-Gabriel : Etienne Cariou, Corentin Divanach, Julien Faou, Prosper Quemener, Armand Primot et Albert Larzul. Sont conduits à la prison de St Charles à Quimper Sébastien Nédelec, Jean Coic , Daniel Gentric.

Arrêtés, deux malades, Pierre Le Moigne et Bastien Cossec, et envoyés à l’hôpital de Quimper. Sont conduits aussi à St Gabriel : Antoine Bargain, Nicolas Buanic, Louis Cadiou.

Mathieu Cossec et Marcel Garrec, ils seront libérés le 15 juin. Louis Volant, Emile et Marcel Queffelec, conduits le 13 juin à St Charles seront libérés le 4 Août à la libération de Quimper.

11 autres victimes de la rafle du 12 Juin partiront pour l’Allemagne plus précisément en Silésie au titre du travail obligatoire (STO). Théodore Biger, Gaby Faou, Sebastien Cap, René Durand, Gaston Lucas, Jean Kerhom, Louis Cossec, René Pape, Louis Peres, Laurent Larzul, Jean Cornec, Gorges Dachy, réfugiés du nord. Ils reviendront abîmés mais vivants.

Antoine Buanic et Maurice Stéphan furent arrêtés le 18 Juin en rentrant de pêche, conduits à St Gabriel, St Charles et à la prison de Fresnes, avec encore Lucien Dréau, Sébastien Nédélec, Daniel Gentric et Jean Coic. Ils subirent le sort suivant : Antoine Buanic, déporté en Allemagne au camp de Dora, est mort au camp de concentration d’Elrich. Lucien Dréau, Sébastien Nédélec, Daniel Gentric et Jean Coic, arrivent à Fresnes le 30 Juin y sont maintenus comme otages et libérés le 18 Août à la libération de Paris. Que d’arrestations, mais il faut y ajouter celle d’Yvon Le Donche à Audierne déporté à Auschwitz, celle de Hypolite Béchennec dans le Morbihan et déporté à Buchenwal. Mais le drame est encore loin d’être achevé le 10 juin sont condamnés à mort par la cour martiale Allemande : Joseph Trébern, Georges Donnart, Lucien Durand, Corentin Béchénnec, Ange Trébern, Pierre Quéméner, Pierre Daniel, Yves Biger, Jean-Marie Cadiou. Ils sont fusillés le 15 juin à La Torche.

Le 22 juin sont condamnés à mort par la même cour martiale, Etienne Cariou, Corentin Divanach, Julien Faou, Prosper Quémener, Armand Primot, Albert Larzul. Ils seront fusillés le 23 Juin à la Torche. Mais aussi le 9 Juin, Thomas Castric, Alphonse Primot, Yves Le Brun, Sébastien Bargain, Ernest Le Donche et Jean-Louis Durand qui avaient passé la nuit dans les fermes avoisinantes furent arrêtés sur les routes alors qu’ils rentraient chez eux. Conduits à Saint Gabriel ils furent relâchés le 14 Juin. Mais déjà le 11 Juin, Louis Larnicol, le maître du Morbihan était massacré à St Gabriel par un allemand à qui il aurait voulu prendre son arme. Le maire de Plomeur, Louis Mehu avait été assassiné le 7 Juin et son secrétaire de Mairie Isidore Garo, déporté. Plusieurs étaient pères de famille, l’un écrit « Je vais mourir, Je meurs selon les lois de la guerre » et un autre écrit : « chers parents, je suis condamné à mort, jamais de ma vie je n’ai été aussi brave ? Chère compagne, sois courageuse, sois fière de ton mari. J’ai travaillé pour le peuple ? Vous verrez des plus beaux jours… » Et encore « Chère femme, pour la maison tu tâcheras de l’achever ? Il y a le rôle de l’équipage sur le baromètre qui n’est pas marqué donc c’est à voir. Je dois mourir ne me pleurez pas… » Mais si, tous seront pleurés… En Août 1944 les familles devront fouiller les dunes de la torche pour les retrouver et pour qu’ils puissent reposer en paix, ici près de nous à Lesconil. Mais qu’ont fait les assassins du corps de Louis Larnicol. Des milliers de combattants sans uniforme de la résistance y ont pris leur part pour libérer notre pays d’une guerre de six ans, pour qu’aujourd’hui vous puissiez étudier en paix, vous amuser suivant votre âge mais n’oubliez jamais cette cérémonie des fusillés de Lesconil.

Le 8 Mai 1945, le monde en avait terminé avec la terreur, le racisme et le génocide. C’était l’effondrement du régime dont la fondateur HITLER avait ainsi résumé la doctrine : «  Au moment où je vais lancer dans l’ouragan de fer et de feu la fleur germanisme, sans éprouver le moindre regret du sang précieux qui ca couler à flot, qui pourrait me contester le droit d’anéantir des millions d’hommes de races inférieures qui se multiplient comme des insectes le mot même de crimes est une survivance du passé » ? Mais la guerre n‘était pas terminée, elle continuait dans le Pacifique jusqu’au début septembre 1945. En cette journée de souvenir nous aurons une profonde pensée aux fusillés et déportés de Pont-l’Abbé, pour les fusillés de Léchiagat, du Guilvinec, la jeunesse martyre de l’île Tudy déportés et fusillés. Dernièrement Madame Friand, accompagnée d’un groupe d’élèves du lycée Laënnec, a prélevé du sable au pied du monument des Fusillés de la Torche afin de renouveler une des alvéoles de la carrière de Châteaubriand.

Face à ce défit, les résistants de Lesconil se sont dressés. Ils y ont laissé leur seul bien, leur vie, pour que nous puissions vivre libres. C’est avec beaucoup d’émotion que je suis là devant vous aujourd’hui j’aurais tout d’abord une pensée pour mon grand oncle « Prosper Quemener », et plus particulièrement ses sœurs. Jeanne ma grand-mère et sa sœur Lita qui s’est éteinte l’année dernière. Des femmes qui nous ont appris par leurs histoires, leurs courages à ne jamais renoncer. La perte d’un frère fusillés à l’âge de 21 ans, et surtout à ne jamais oublier les larmes de leurs pères « Jean-Marie Quémener ». Il est de notre devoir en tant que famille de fusillés de faire vivre et transmettre leurs mémoires. Pour ma part il me semblait important de rejoindre le comité bigouden de L’ANACR afin de faire vivre éternellement la flamme de la Résistance

Je vous remercie de votre présence.

Ne l’oublions pas, alors

Vive la République

Vive la France.


Dans Ouest France du 25 juin 2022


PHOTOS anciennes

Quelques photos (dates non connues pour certaines, si vous avez des informations je suis preneur, GB –> utiliser le formulaire de contact)

La Torche - délégation de Plobannalec
La Torche – délégation de Plobannalec
La Torche - les drapeaux des organisations politiques et résistantes
La Torche – les drapeaux des organisations politiques et résistantes
Plobannalec, la délégation Pont L'Abbiste
Plobannalec, la délégation Pont L’Abbiste
Plobannalec, les porteurs de fleurs
Plobannalec, les porteurs de fleurs
LaTorche_17juin45
La Torche – Hommage après la Libération – 17 juin 1945