Jean BERNARD

BERNARD Jean

Une figure de l’O.S. : Jean Bernard. Jean BERNARD, né en 1923 à Pont-L’Abbé, l’un des plus jeunes membres de l’O.S., est arrêté le 10 octobre 1942 par la police vichyste.
Détenu à Mesgloaguen – Quimper, il est transféré à Monfort-sur-Meu (Ille-et- Vilaine) et condamné le 15 janvier 1943, à cinq ans d’emprisonnement par la Section Spéciale de la Cour d’appel de Rennes. Dirigé sur le grand pénitencier de Poissy, le 21 mars, il se trouve parmi 450 détenus résistants et politiques et 2000 prisonniers de droit commun.
Il prend part aux luttes pour la reconnaissance du statut des prisonniers résistants et politiques, lutte jalonnée de sanctions.
A Poissy, le 14 juillet 1943, à 19 heures, 450 détenus, suivant un mot d’ordre diffusé dans la journée, se lèvent de table et, dans un ensemble parfait, chantent « La Marseillaise », de même que des gardiens présents, impressionnés par cette manifestation.
A la suite d’une tentative d’évasion collective qui se répétera, c’est le transfert à la Centrale de Melun, puis les détenus se retrouvent, au nombre de 400 environ, à la prison départementale de Châlons-sur-Mame où on les répartit, à raison de huit par cellule, dans des conditions particulièrement pénibles d’hygiène et de nourriture.
Vers la fin de ce premier trimestre de 1941, plusieurs prisonniers originaires de la région de Pont-L’Abbé sont traduits devant la Cour Martiale allemande.
La Gestapo revient sur les jugements des tribunaux vichystes. Louis LAGADIC, qui prend la responsabilité de certains actes, est condamné à mort et fusillé le 5 avril 1944 au Mont-Valérien, le même jour que Jean-Marie BAUDRY et Yves DAOUDAL de Melgven.
En fin avril 1944, les Allemands conduisent les prisonniers au Camp de Compiègne-Royalieu, après une illusoire levée d’écrou.
Les bruits circulent déjà d’un proche débarquement allié. Les détenus espèrent que cet événement interviendra avant le départ vers l’Allemagne. Encore n’envisage­-t-on, à ce moment, faute de renseignements, la déportation que sous l’aspect d’un travail forcé en Allemagne.
Le 11 mai 1944, Jean BERNARD quitte le camp dans une longue file de détenus. On les entasse dans des wagons à bestiaux où pendant trois jours et trois nuits, ils ne pourront ni s’allonger, ni même s’asseoir, souffrant de la soif, menacés d’étouffement. Puis c’est l’arrivée au « Banhoff » de Buchenwald, le 13 mai, vers 17 heures…, les S.S.. qui matraquent, les chiens – des molosses – qui rivalisent de cruauté avec leurs maîtres. Un ordre en allemand et les détenus sont précipités vers des camions…, le camp, la condition concentrationnaire…
Jean BERNARD en réchappe en 1945.
Il vient de disparaître en 1979, année de parution prévue de ce livre qui lui rend hommage pour son aide dans l’étude de l’internement et de la déportation.
( in « Le Finistère dans la guerre »  tome 1 pages 320 et 321 )