Prosper QUÉMÉNER

QUÉMÉNER Prosper, Jean, Marie

QUEMENER_Prosper
Prosper Quemener

Né le 12 août 1923 à Plobannalec (Finistère), fusillé le 23 juin 1944 dans les dunes de La Torche en Plomeur (Finistère) ;
marin-pêcheur ; militant communiste ; résistant FTPF.

Célibataire, Prosper Quéméner était le fils d’un marin-pêcheur de Lesconil en Plobannalec.
Il adhéra, selon Eugène Kerbaul, aux structures du Parti communiste clandestin du pays bigouden. Il rejoignit les FTPF au mois d’octobre 1943, intégrant les Forces françaises de l’intérieur (FFI) du Finistère au sein du bataillon Bigouden.
Le 6 juin 1944, Prosper Quéméner, avec un groupe de FTPF de Lesconil, se rendit à Plomeur pour participer à une distribution d’armes. Sur leur chemin, ils rencontrèrent le maire, Louis Méhu, en pleine discussion avec deux soldats allemands au sujet d’un collage d’affiches. Les FTPF se saisirent des soldats, qui furent conduits dans l’ancien presbytère de Plonivel en Plobannalec (Finistère).
Lors de la contre-attaque menée par l’armée allemande quelques jours plus tard afin de retrouver les soldats, le 12 juin 1944, toute la population fut « raflée » et rassemblée. Prosper Quéméner, pris dans cette opération menée par la Wehrmacht, fut identifié comme FTPF.
Incarcéré dans un premier temps à l’usine Maingourd qui servait de casernement, il fut transféré à la prison Saint-Gabriel de Pont-l’Abbé (Finistère).
Prosper Quéméner fut condamné à mort par le tribunal militaire allemand (FK 752) de Quimper le 23 juin 1944 (22 juin selon des témoignages recueillis par Jean Kervision), pour « activité de franc-tireur ».
Il a été fusillé le 23 juin 1944 à La Torche, en même temps qu’Étienne Cariou, Jean Divanac’h, Albert Larzul, Armand Primot et Julien Faou à 22 h 28.
Son nom figure sur la stèle commémorative de Penmarc’h, parmi quinze noms de résistants FTPF de Lesconil.

plaque au cimetière de Lesconil, carré des fusillés

SOURCES : DAVCC, Caen, B VIII 5, Liste 1744 (Notes Jean-Pierre Besse et Thomas Pouty). – J.-P. Besse, T. Pouty, Les fusillés (1940-1944), op. cit. – Brewalan Biger, Jean-Pierre Sudre, Les fusillés du Finistère (1940-1944), Mémoire de master, UBO, 2011. – Eugène Kerbaul, 1 270 militants du Finistère (1918-1945), IRM Bretagne, 1985. – Documentation remise par Jean Kervision, responsable du Travailleur Bigouden, publication de la section du PCF du Pays bigouden , no 158, 2e trimestre 1995. – Site Internet Résistants et amis de la Résistance, ANACR du Finistère.

Alain Prigent, Serge Tilly             2007-2015 © Copyright Maitron/Editions de l’Atelier – Tous droits réservés || Maitron – 9, rue Malher – 75004 Paris

Note de J. K. Pour connaître les circonstances précises de leur arrestation de leur jugement et de leur exécution, se référer à L’article « SAINT-GABRIEL SOUS L’OCCUPATION » qui figure également dans notre site. , ainsi que le cas échéant, tous ceux concernant Lesconil en juin 1944.


Lettres de Prosper Quémener à sa famille juste avant son exécution

Une version téléchargeable (pdf) de cette lettre

Un article du journal Le Télégramme du 14 Juin 2018

Une copie peut-être plus lisible de ses lettres :

Une transcription de cette lettre :

« Cher père et mère, je vous fais savoir que je suis condamné à mort par le tribunal allemand, parce que j’ai été garder des prisonniers allemands dans une ferme. Rendre le bonjour à tous mes parents qui ne me reverront plus jamais sur la terre en vie. Papa il faut payer mon rôle d’équipage à Jean Guénolé STP. Comme ça je serai quitte de partir de sur la terre. Rendre le bonjour à tous les copains et les voisins d’alentour que je n’oublierai jamais je pense. Cher Étienne, Jeanne, Jeannie et la petite, je vous embrasse de loin avant de mourir ».

« Chère petite sœur Lita ; tu ne me reverras jamais plus sur terre ni dans ta petite chambre, mon lit sera toujours vide quand tu mettras les yeux dessus. Bons baisers chère Lita. Prosper qui ne t’oublie pas avant sa mort. Prosper ».

« Cher grand-père et mère sabotier, je ne pourrai plus avoir essayer une paire de sabots chez vous car suis fini sur la terre, rendre le bonjour à Fabert Marie, René, Annie, Fernand et Marie, Fabre Jean Albert et leur maman, ainsi qu’à Marie Faou comme voisin et Roger. Bon baiser à tous Prosper ».

« Ma chère famille maréchal, je vous fais voir que je suis condamné à mort par le tribunal allemand à Pont-l’Abbé le 23 juin, il faut avertir ma marraine et les autres qui ne sont pas à Lesconil. Bons baisers à Maurice, Marie, Irène, Francis, Lili, Rose, Lucienne, Mimi, Louise et sa petite fille et à jacques. Bon baiser Prosper qui ne vous oubliera pas avant de mourir. Prosper ».

Deuxième page
« Cher père et mère, je vous écris ces derniers mots pour vous faire prendre du courage malgré que vous ne me reverrez jamais plus. Donnez mes habits à le plus mal aisé de la famille. Rendre le bonjour à Christiane, Aline [illisible], il ne faut plus se déranger pour moi à Pont-l’Abbé car c’est fini pour nous, la mort approche ; pour rejoindre mes copains et mon cousin ! ».

« Je suis condamné à mort en même temps que :
Albert Larzul
Étienne Cariou
Primot Armand
Corentin Divanach
Julien Faou ».

Sur le côté gauche
« Adieu ma petite sœur Lita à Prosper ».

Sur le côté droit
« Bonjour aussi à monsieur l’abbé Prosper à l’école et au petit Denis. Prosper ».
« Ma grand-mère Quéméner m’a toujours dit que je serais mort avant elle mais je vais bien
oui. Rendre le bonjour à monsieur et madame Garriec François ainsi qu’à leurs enfants ? Je pense que vous aurez toujours du beurre avec ces braves gens (Bon baiser papa maman Lita).
Je vais fermer les yeux pour ne plus vous revoir (Prosper Quéméner).
Lita, tu trouveras l’adresse des parents de Raphaël [illisible] sur la cheminée dans ta chambre et écris-leur une lettre de la part.

Je défends de faire une messe religieuse sur mon propre nom.

Prosper Quéméner qui vous embrasse pour la dernière fois, bons baisers à tous pour la dernière fois, Prosper Quéméner ».


et ci-dessous un article de Ouest France