Noël ARHAN

Noël ARHAN faisait partie du réseau CND-Castille (Confrérie Notre Dame), réseau de renseignement validé en 1940 par Gilbert Renault (Colonel Rémy).

Il a participé activement au sauvetage des aviateurs tombés en parachute en pays bigouden le 6 mars 1943. Il avait alors 19 ans. Les deux aviateurs américains Blackemore et Ryan ont été pendant plusieurs jours cachés dans l’hôtel de la mère de Noël à Loctudy.

Noël Arhan a été blessé lors d’une rafle à Paris en 1944 (suite à une dénonciation du groupe) et est décédé faute de soins.

La commune de Loctudy aurait pu l’honorer par exemple en donnant son nom à une rue ??

l’hôtel Arhan à Loctudy
fiche Noël Arhan de la CND
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Charles et Raymonde TILLON

Charles Tillon sur Wikipedia

A Rennes un lycée porte son nom, ainsi qu’une avenue de la ville. A Aubervilliers, une rue Charles Tillon. Et à Douarnenez la « maison Charles Tillon » est un lieu de rencontre.

TILLON Charles, Joseph

Né le 3 juillet 1897 à Rennes (Ille-et-Vilaine), mort le 13 janvier 1993 à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; animateur de la mutinerie sur le Guichen en 1919 ; secrétaire de l’UD-CGTU d’Ille-et-Vilaine (1923), secrétaire de l’UR (1928), secrétaire national de la Fédération de la Céramique et des Produits chimiques (1930) puis de la Fédération des Ports et Docks (1934), membre de la commission exécutive et du bureau confédéral de la CGTU (1931).
Militant communiste dès 1921, secrétaire régional (1929), membre du comité central (1932-1952), suppléant au bureau politique (1932-1936) puis titulaire (1944-1952) , membre du secrétariat clandestin du PCF (1941-1944) et chef-fondateur des FTP (1942-1944) ; ministre de l’Air, de l’Armement puis de la Reconstruction (1944-1947) ; maire d’Aubervilliers ; démissionné du BP puis du CC en 1951-1952 (« affaire Marty-Tillon »), puis exclu du PCF en 1970.

Biographie dans Le Maitron

Une autre version

L’Appel longtemps « oublié » de Charles Tillon

Le 17 juin 1940, alors que les allemands sont entrés dans Paris, Philippe Pétain accède au Pouvoir. « C’est le cœur serré, annonce t-il dans un discours radiodiffusé, que je vous dis qu’il faut cesser le combat. »

C’est ce même jour, après avoir entendu l’appel de Pétain à la capitulation, que Charles Tillon rédige un appel intitulé selon certains : « Peuple de France » et dont le soir même il entreprend la diffusion. Charles Tillon sera l’un des principaux organisateurs de la Résistance communiste et sera le chef du Comité militaire National des Francs- Tireurs et Partisans auquel, participa également Laurent Casanova en tant que représentant du Front National. *

L’appel lancé par Charles Tillon le 17 juin 1940, est un appel à la résistance sur le territoire national. C’est explicitement un appel au combat anti-fasciste et pour la reconquête de l’indépendance nationale. … « Cet appel n’est pas une initiative purement personnelle. Lorsqu’il le rédige, Charles Tillon est mandaté par le Comité central pour réorganiser le parti communiste dans tout le Sud-Ouest de la France… »

Document du Comité Valmy à ce sujet

Enregistrement interview de Charles Tillon en 1983


 

NÉDÉLEC Raymonde, Marie, née BARBÉ Raymonde, épouse TILLON

Biographie dans Le Maitron


Lien vers un site Mémoire de Guerre, article sur Charles et Raymonde Tillon

 

Grégoire et François COUPA

COUPA Grégoire, né le 10/12/1912

Décédé le 06/12/1944 à Ellrich –Matricule 77738

COUPA François, né le 21/07/1922

Disparu à Nordhausen en 1944  –Matricule 77742

Cités dans l’article de ce site par Alain Le Grand « St Gabriel sous l’occupation, les rafles… »

Les deux frères, résistants à l’Ile Tudy, ont été capturés lors d’une rafle dans cette commune et ont été conduits (quatorze résistants de cette même commune) au camp de concentration de Dora dans le dernier convoi parti de Pantin le 15 août 1944.

Entre le 15 et le 19 juin, les Allemands arrêtent des hommes à Combrit et l’Île Tudy suite à une escarmouche au Corroac’h.
Ils sont déportés par le convoi parti le 15 août 1944 de Pantin et arrivé le 20 août 1944 au KL Buchenwald et le 21 août  1944. Treize d’entre-eux mourront dans les camps de concentration.

Le dernier convoi parti de Pantin vers Buchenwald et Dora Ellrich (lien)

Déportés de l’Ile Tudy

Alain SIGNOR

SIGNOR Alain, Pierre, Marie [LE SIGNOR dit]

Né le 28 septembre 1905 à Pont-l’Abbé (Finistère), mort le 6 février 1970 à Menton (Alpes-Maritimes) ; instituteur ; membre du comité central du PCF ; député communiste du Finistère (1946-1955).

Alain Signor député

Le nom de Le Signor fut annulé par décision de justice et transformé en Signor en 1949. Les parents d’Alain Le Signor, domestiques de ferme, vinrent à Pont-l’Abbé après leur mariage en 1903 et travaillèrent comme manœuvre. Le père mourut en 1911 et la mère exploita un commerce de bière, boissons gazeuses et confiserie qui employait en 1933 un frère d’Alain, son beau-frère et deux employés. Le Signor, élève du cours complémentaire de Pont-l’Abbé, entra à l’École normale d’instituteurs de Quimper (promotion 1921-1924) et obtint le brevet supérieur. Il enseigna en pays bigouden (Plomeur puis Plobannalec-Lesconil) jusqu’en 1940. En janvier 1924, il adhéra au syndicat des membres de l’Enseignement (CGTU) dans lequel l’influence de militants anarcho-syndicalistes comme Josette Cornec et Jean Cornec était forte. Il fut le secrétaire adjoint de la section départementale du syndicat « unitaire » de 1930 à la fusion dans le Syndicat national des instituteurs en 1936.

Après son service militaire effectué comme soldat de 2e classe au 106e régiment d’Infanterie de Châlons-sur-Marne de 1925 à 1927, Le Signor épousa le 4 décembre 1927 à Pont-L’Abbé, Yvonne Guillaumat, qui, née de père inconnu, abandonnée par sa mère, fut élevée par Charles Le Signor, un simple homonyme, un maçon qui militait avant la guerre à la SFIO, fut secrétaire du syndicat du bâtiment de Pont-l’Abbé en 1913-1914 puis resta fidèle lecteur de l’Humanité après la guerre. Ouvrière brodeuse puis ménagère à partir de 1927, elle était présentée par son mari comme sympathisante communiste « mais son attachement au foyer est encore plus grand. » Après la guerre, sans profession, elle adhéra au Parti communiste français. Le couple eut cinq enfants.

Le Signor fonda une section des Jeunesses communistes à Pont-l’Abbé en septembre 1924. Secrétaire de la Xe Entente des Jeunesses communistes, il adhéra au Parti communiste le 12 mai 1927, ce qui en fit en 1953 l’un des deux plus vieux adhérents de la direction fédérale du Finistère avec Pierre Salaün (adhérent depuis 1925), ouvrier papetier, maire de Scaër après 1945. Secrétaire du rayon communiste de Pont-l’Abbé de 1927 à 1939, il devint membre du comité de la région communiste de Bretagne en 1930, secrétaire du comité départemental, responsabilité étendue au secrétariat de la région bretonne Finistère-Morbihan lors de sa création en juin 1934. Placé à la tête des délégations bretonnes en 1936 au congrès de Villeurbanne, en décembre 1937 au congrès d’Arles où il défendit la politique de la « main tendue », il fut élu membre suppléant du comité central. Depuis 1935, lors de sa re-création, il dirigeait le journal hebdomadaire régional La Bretagne ouvrière, paysanne et maritime. Candidat aux élections législatives d’avril 1936 dans la troisième circonscription de Quimper, il obtint 15,5 % des voix et se désista pour le député sortant radical-socialiste Albert Le Bail, favorable au Front populaire. Dans ce fief électoral des Le Bail, père et fils, la percée communiste, notamment dans les ports de pêche, n’était pas négligeable.

Non mobilisable pour des raisons de santé (ancien tuberculeux, difficultés cardiaques) en septembre 1939, inscrit au carnet B depuis 1927, Le Signor fut astreint à résidence forcée dans l’arrondissement de Quimper au 1er octobre 1939. Puis il reprit son travail en octobre 1939. Selon Eugène Kerbaul, il contribua à la mise en place des premières structures clandestines du Parti dans le Sud-Finistère. Le 17 septembre, son domicile avait déjà été perquisitionné. Il fut suspendu de ses fonctions par décision préfectorale du 18 novembre 1939 qui, sans doute, ne reçut pas d’application. Selon ses Souvenirs d’un militant, il subit en janvier 1940 de nombreuses pressions de l’inspecteur d’Académie et de la police : demande de condamnation de l’URSS et du pacte germano-soviétique. La suspension de son poste d’instituteur en février fut suivie d’une nouvelle perquisition policière le 13 mars 1940. La police cherchait à éliminer les cadres qui tentaient de réorganiser les communistes. Arrêté le 25 mars. interné à l’île d’Yeu puis, à la fin d’avril 1940, au camp de Saint-Angeau près de Riom-ès-Montagne (Cantal), il s’évada de ce dernier, le 15 septembre 1940. Révoqué le 28 octobre 1940 avec deux autres instituteurs du Finistère, Jean Cornec et Charles Drapier, il participa dès lors à la Résistance en zone sud. Responsable régional à Grenoble (Isère) en 1941, au début 1941, il prit la direction clandestine du Parti communiste dans la région marseillaise, remplaçant Caresmel. Après l’arrestation de Barthel (Jean Chaintron) en mars 1941, envoyé à Lyon, il devint instructeur du comité central, puis membre de la délégation du comité central en zone Sud jusqu’à l’été 1944 du triangle de direction avec Léon Mauvais et Hubert Ruffe. Il participa à la préparation des grèves, à l’organisation paysanne dans les villages, la constitution de comités de défense et d’action paysanne, à la préparation de l’insurrection à Marseille en juillet-août 1944. 

Dans ses professions de foi, il écrivait que ses « services dans la Résistance étaient homologués du 1er septembre 1940 au 1er septembre 1944 avec le grade de lieutenant-colonel » et se présentait comme un grand invalide de la Résistance.

En novembre 1944, Alain Le Signor revint dans le Finistère où il joua un rôle important dans la mise en place de la nouvelle direction d’une fédération en plein essor, s’occupant de la sélection et de la formation des cadres. En mars 1945, il était membre du secrétariat du PCF du Finistère et fit de Gabriel Paul le secrétaire fédéral qui devint député en septembre 1945. Il fut lui-même élu au comité central lors du congrès de 1945 et occupa des responsabilités dans la section idéologique, dans la section de propagande. Il fut aussi nommé à la direction des Cahiers du Communisme où ses choix sur le contenu des articles furent parfois critiqués. Il séjourna à Moscou (septembre 1945 – mars 1946) comme correspondant de l’Humanité et représentant du PCF. Il milita après son retour en France à l’association France-URSS. Reconduit comme membre du comité central par le congrès de 1947, il fit partie d’une délégation du comité central dans les Antilles françaises (septembre-octobre 1947).

Le 10 novembre 1946, Alain Signor fut élu député du Finistère en troisième position sur la liste « d’union républicaine et résistante », avec Pierre Hervé et Gaby Paul, la liste communiste recueillant 27,84 % des suffrages (plus 10 000 voix depuis juin 1946) et 3 sièges sur 10. Durant la campagne, Signor s’était signalé par son antisocialisme. En tête de la liste communiste, il fut réélu le 17 juin 1951, ainsi que Paul (20,93 % des suffrages). Lors de ses mandats, il fut membre des commissions de l’agriculture (1946-1947), de l’Éducation nationale (1949-1951), et surtout de la Marine marchande et des pêches (1946-1951). A la Chambre, il fut très actif : défense des agriculteurs, des pêcheurs, des normaliens et des écoles normales dont il devint le spécialiste, tout en protestant contre la guerre d’Indochine.

Lors de la conférence fédérale de février 1949, présidée par Jeannette Vermeersch, une véritable « purge » frappa le comité fédéral : 24 nouveaux membres y entrèrent avec la promotion de Daniel Trellu, ancien chef départemental des FTP, comme secrétaire fédéral. Cette mesure résultait de la crise politique de la fédération du PCF du Finistère en 1948-1949, marquée notamment par la démission de Pierre Hervé de son siège de député le 15 juin 1948. Bien qu’ayant quitté le comité central, Signor, dans le Finistère, participa à la reprise en main et au durcissement de la ligne du parti et de la CGT. Selon les Renseignements généraux, la direction Trellu-Signor fut chargée d’écarter les militants considérés comme « titistes, déviationnistes ou mous ». En mars 1949, ils présentaient Signor comme « très autoritaire et sectaire ». Les autocritiques, les mises à l’écart de cadres et les exclusions se succédèrent.

Signor fit partie des 26 membres (15 titulaires et 11 suppléants) écartés lors du XIIe Congrès du PCF en avril 1949. Ses liens avec Charles Tillon inquiétaient la direction du PCF.

Au printemps 1950, une série de grèves violentes secoua le Finistère. Le 14 avril, une manifestation de femmes de l’Union des femmes françaises à Brest se solda par l’arrestation de la députée communiste Marie Lambert et de deux cadres du Parti. En effet, du 17 mars au 24 avril 1950, une longue grève des ouvriers du bâtiment brestois, organisée par un comité intersyndical CGT-FO-CFTC et soutenue par les ouvriers de l’arsenal, les traminots, les cheminots, les dockers et les agents de la Sécurité sociale, se termina tragiquement. Le 17 avril, lors d’une manifestation de protestation de 5 000 personnes contre l’intransigeance patronale, l’ouvrier communiste Édouard Mazé, frère du secrétaire général de la CGT du bâtiment, fut tué au cours d’affrontements avec la police d’une balle en pleine tête. Il y eut une cinquantaine de blessés dont quatre par balles et seize arrestations dont celles de deux députés du PCF. Une foule immense et traumatisée participa aux obsèques de Mazé le 19 avril. Arrêté le soir même, Signor fut bientôt relâché ainsi que sa collègue alors que Jacques Duclos interpellait le gouvernement contre la violation de leur immunité parlementaire. Les deux députés finistériens furent condamnés à six et cinq mois de prison avec sursis. Dans le procès en appel, il fut défendu par les avocats Léo Matarasso et Marcel Willard.

Durant cette période, l’affrontement entre les communistes et les socialistes SFIO dirigés par Tanguy Prigent était très virulent. Reflet de cette politique sectaire, Signor conduisait, pour la première fois, la liste du PCF dans le Finistère aux élections législatives du 17 juin 1951 (six listes sans apparentements). Le PCF devançait encore nettement la SFIO (16,1 %) qui avait stabilisé son score de 1946. Mais avec 20,9 % des suffrages exprimés (moins 27 345 voix) au lieu de 27,8 % en novembre 1946, il perdait un siège de député dans le Finistère.

Aux élections législatives de janvier 1956 (9 listes), après un nouveau changement de direction fédérale et la dénonciation du sectarisme passé, Signor fut écarté de la liste du PCF alors que Gaby Paul et Auguste Penven étaient élus députés (18,6 % des voix). Marcel Servin qui suivait le fédération, dans son rapport sur la réunion du comité fédéral en mai 1956, indiquait que le recul aux élections provenait d’une mauvaise politique vis-à-vis des catholiques et d’un repli sur soi.

Alain Signor n’appartenait plus aussi à la direction fédérale, devenant membre du seul comité de la fédération en 1953. Selon le rapport de Servin, la conférence fédérale en mai 1956 ne procéda pas à sa réélection comme membre du comité fédéral. En effet dans une longue intervention, il avait développé son analyse sur le thème : le parti était en train de se liquider, la crise du PCF affectait tout le parti, avec des causes diverses depuis son silence sur les erreurs de la politique de l’URSS vis-à-vis de Tito en passant par la mauvaise analyse de la crise ou les choix faits lors des candidatures aux élections. Il insistait surtout sur la faiblesse des directives apportées par les cinq membres du comité central qui avaient suivi la fédération.

Alain Signor, après la fin de son détachement comme parlementaire, réintégra l’Éducation nationale et demanda sa mutation en région parisienne. Il reprit en octobre 1956 du service dans l’enseignement à Issy-les-Moulineaux où il habitait, d’abord, puis à Brest, jusqu’à l’heure de sa retraite, en 1959. Il se retira à Pont-l’Abbé et consacra dès lors ses loisirs à la recherche historique. Puis il partit pour la Côte d’Azur pour des raisons de santé.

ŒUVRE : La Révolution à Pont-l’Abbé, , Paris, Livre Club Diderot, (Prix de la Cité, 1969), 424 p. — Souvenirs d’un militant.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13033., F7 15477, dossier 151. — Arch. PPo. 88. — Arch. de l’Assemblée nationale. — RGASPI, 495 270 17, 517 1 1864. — Archives du comité national du PCF. — Télégramme de Brest et de l’Ouest, 18 décembre 1969 et 9 novembre 1970. — France d’abord, mars 1970. — Action laïque du Finistère, mars 1970. — Préface d’Yves Le Gallo à la Révolution à Pont-l’Abbé. — DBMOF, notice par G-M Thomas. — Eugène Kerbaul, Dictionnaire biographique des militants ouvriers du Finistère, 1918-1944, 1974 et 1640 militants du Finistère, Bagnolet, chez l’auteur, 1988. — Isabelle Picart, Le PCF à Brest de la Libération à la fin de la 4e République, maîtrise d’histoire, Université de Bretagne occidentale, Brest, 1989. — Sophie Richard, Les instituteurs publics et la vie scolaire dans le Finistère de 1939 à 1945, maîtrise d’histoire, UBO, Brest, 1998.. — Notes. de P. Emmanuelli, d’E. Kerbaul et d’Antoine Olivesi.

Pour citer cet article : http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article131174, notice SIGNOR Alain, Pierre, Marie [LE SIGNOR dit] par Christian Bougeard, Jacques Girault , version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 8 septembre 2015.


Son nom a été donné à une rue de Pont L’Abbé, la rue Alain Signor.

1950 fut, dans le contexte de la lutte contre la guerre d’Indochine, des mouvements ouvriers et populaires dans un climat d’exaspération sociale liée à la misère, et de guerre froide, une période d’anti-communisme d’Etat très violent: ainsi les députés communistes du Finistère, Alain Signor et Marie Lambert, furent emprisonnés cette année-là pour avoir manifesté contre la guerre d’Indochine, comme Jacques Duclos, lui-même, pourtant figure de la résistance.

Alain Signor cité dans les archives de l’École Normale du Finistère

Marc SCOUARNEC

SCOUARNEC Marc
(source Maitron)
Né le 18 février 1894 au Guilvinec (Finistère), mort le 29 février 1968 au Guilvinec ; marin-pêcheur puis patron-pêcheur ; militant syndicaliste CGTU ; militant communiste ; maire du Guilvinec de 1935-1939, 1944-1963.

Marc Scouarnec :
Fils d’un marin-pêcheur et d’une ménagère, Marc Scouarnec, déclarait en 1933 : « Je parle le breton mais pas bien le français ». Il avait fréquenté l’école des Sœurs de quatre à sept ans puis l’école communale de sept à onze ans. Son épouse, Maria Pouzennec, était ménagère et vendeuse de broderie en été.
Il fut mobilisé de 1914 à 1919 dans la Marine nationale.
Mousse en 1905, marin-pêcheur, puis patron-pêcheur, il touchait une pension de guerre comme invalide 15% et disait gagner, en 1933, 1500 F en cinq mois (soit l’équivalent du salaire mensuel d’un ouvrier professionnel parisien). Il entra au conseil municipal du Guilvinec le 30 novembre 1919 comme socialiste et y resta jusqu’au 3 mai 1925. Après le congrès de Tours, il refusa de choisir et resta hors du Parti communiste jusqu’en février 1929, date à laquelle il créa une cellule de cinq membres. En fait, depuis quelque temps il était très proche du Parti communiste mais ne se trouvait « pas assez éduqué pour adhérer » ; en 1928 sa décision était prise mais on lui demanda de rendre son adhésion publique lorsqu’il aurait regroupé quelques camarades pour une entrée collective au Parti communiste. Il avait commencé à lire régulièrement l’Humanité en 1926. Scouarnec avait cependant formé une liste du BOP pour les élections municipales de 1925 et celles de 1929. Le Parti communiste le présenta aux élections cantonales de 1931 et le délégua à la conférence nationale de 1930, salle Bellevilloise.

La commission des cadres lui avait demandé de faire son autobiographie en juin 1933. L’évaluateur nota le contraste entre la biographie « pas mal rédigée » et ses affirmations sur la grave « faiblesse de sa mémoire » et son manque de culture politique. Il disait d’ailleurs qu’il avait lu, entre autre, un résumé du Capital, des œuvres de Lénine (dont l’État et la Révolution). La commission des cadres concluait : « Bonne bio. Camarade souvent cité dans les autres bios comme militant actif. »

Membre de la CGTU depuis 1923, secrétaire du syndicat CGTU des marins-pêcheurs de Guilvinec depuis octobre 1924, il fit paraître plusieurs articles dans la presse. En 1926, il organisa une grève de solidarité avec les ouvriers et ouvrières de la sardine. En janvier 1927, il devint administrateur de la coopérative « Les Dentelles et broderies bretonnes ». Président du comité de grève en 1927, il fut envoyé par Charles Tillon à Quiberon pour animer le mouvement. Marc Scouarnec prit part à la conférence de la CGTU qui, en mars 1930, se tint à Douarnenez. Il fut permanent de la Fédération des marins d’avril à novembre 1930 mais n’étant pas payé régulièrement, il dut reprendre son travail. La CGTU lui confia un temps le secrétariat intérimaire de la 16e Union régionale unitaire. Il écrivit dans Le Cri des marins et La République ouvrière et paysanne.
En janvier 1931, dans une de ces réunions « publiques et contradictoires » ¬ où parlaient les réformistes Beaugrain et Leguen, Scouarnec, sûr d’être compris de son auditoire de marins-pêcheurs, tous très bretonnants, parla en breton et en français. Le Breton Socialiste parla de cette intervention en breton que ni Beaugrain, ni Leguen ne comprenaient en écrivant de Scouarnec : « pauvre diable qui veut parler le breton qu’il ignore comme le français ». Pour comprendre cette réaction et ce dépit, il faut savoir que les socialistes étaient dans leur quasi totalité hostiles à cette « langue des curés », alors que les communistes bas-bretons soutenaient la nécessité de la défendre. Scouarnec était un homme attaché à sa langue et de plus parlait un excellent breton, riche d’images, le breton maritime bigouden qu’on parlait encore partout dans cette région. Il connaissait particulièrement son vocabulaire, noms, verbes, adjectifs, tout ce qui avait trait à la pêche, aux poissons, aux coquillages, aux algues, etc. Hélas si Scouarnec parlait bien le breton, il ne l’écrivait pas !
Au Guilvinec, il lutta contre le maire socialiste, Kernaflen, qu’il accuse publiquement d’être au service des mareyeurs et des usiniers de la conserve. En 1929, il porte la contradiction au député de droite Quéïnnec, lors d’un compte-rendu de mandat au Guilvinec, et on s’aperçoit alors que dans cette localité il faudra désormais compter avec cet homme large, placide.

Aux. é1ections municipa1es de 1935 : il conduit la liste patronnée par le Parti Communiste Français qui obtient la plupart des sièges. Élu maire le 20 mars 1935, il le demeura jusqu’à la guerre. Il avait représenté le PC aux élections sénatoriales du 23 octobre 1938, obtenant 32 voix. De 1934 à 1939, il fut membre du bureau régional du parti pour la région Finistère-Morbihan.
En 1938-1939, il apporta un soutien actif aux Républicains espagnols, un certain nombre de réfugiés espagnols arrivés par bateaux au port du Guilvinec furent hébergés dans des locaux municipaux et une collecte de vêtements et de nourriture fut organisée, dès leur arrivée, organisée par le Secours Rouge.
Avec la « drôle de guerre », la municipalité fut dissoute et remplacée par une délégation spéciale désignée par la préfecture.

Dès le début de l’occupation, il prend part à la reconstitution , dans la clandestinité, du Parti communiste interdit, en collaboration avec Alain Signor, secrétaire Régional et Alain Le Lay.

Le 25 septembre 1942, il fut arrêté par la police française et dirigé sur le camp de Voves, puis de Pithiviers où il resta jusqu’en 1944. Il fut responsable de la solidarité, son rôle consistant à répartir les rares provisions reçues de l’extérieur .

A sa Libération, toute une population en liesse l’attendait aux limites de la commune, à Pen An Nen , pour lui remettre son écharpe de maire. Marc Scouarnec fut réélu maire de Guilvinec et le resta jusqu’en 1965. Il démissionna alors pour raisons de santé, mais resta second adjoint de Jean Le Brun jusqu’à sa mort. Son nom n’apparaît ni dans les comités fédéraux du Finistère dans les années cinquante et soixante, ni dans les commissions administratives de l’UD-CGT.

SOURCES : RGASPI, Moscou : 495 270 960, autobiographie du 9 juin 1933. — Arch. Com. Guilvinec. — La Dépêche de Brest et de l’Ouest, 24 octobre 1938. — Eugène Kerbaul, Dictionnaire biographique des militants ouvriers du Finistère, 1918-1944 op. cit. — Laurent Paubert, La vie politique en pays bigouden entre les deux guerres, Editions Hanterions, sd, p. 184, avec photo. — Notes de J. Kervision.                                            Georges-Michel Thomas, Claude Pennetier

http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article130840

Jean KERVISION

KERVISION Jean, Yves, Marie

Né le 29 janvier 1928 au Guilvinec (Finistère) ; instituteur ; militant syndical ; militant communiste dans le Finistère, adjoint au maire du Guilvinec.

Son père, marin de la Marine marchande, membre de la CGT, adhéra au Parti communiste en 1934 et en resta membre jusqu’à son décès en 1981. A la demande de la direction du Parti communiste, il navigua sur deux navires de la compagnie France-Navigation et participa au transport maritime des armes acheminées pour les troupes républicaines espagnoles depuis Mourmansk en URSS à Bordeaux et à Honfleur. Engagé dans les FTPF, il participa au siège puis à la libération de la poche de Lorient en 1944. Sa mère était aussi membre de la CGT. Jean Kervision reçut les premiers sacrements catholiques. Élève du lycée de Quimper (1939-1940) puis du cours complémentaire du Guilvinec (1940-1945), il entra à l’École normale d’instituteurs d’Angers (Maine-et-Loire) en 1945. Titulaire du baccalauréat, il commença sa carrière d’instituteur en 1949 à Segré puis revint dans le Finistère en 1950 après son mariage uniquement civil en septembre 1950 à Treffiagat (Finistère) avec Marianne Quéffelec, fille d’un marin pêcheur, institutrice, future adhérente du Parti communiste français. Le couple eut deux enfants. Il enseigna à Guiller-sur-Goyen dans le canton de Plogastel-Saint-Germain, puis en 1961 devint directeur de l’école de Plomeur dans le canton de Pont-l‘Abbé. Il y resta jusqu’à sa retraite en 1983. Face à la concurrence de l’école catholique, l’école publique passa de deux à huit classes sous sa direction.
Kervision adhéra au Syndicat national des instituteurs en 1948. Secrétaire du SNI dans le canton de Plogastel-Saint-Germain (1954-1961) puis dans celui de Pont-l‘Abbé (1962-1981), il fut membre du conseil syndical de la section départementale du SNI de 1956 à 1981, secrétaire-adjoint de la section de 1967 à 1969. Il était aussi secrétaire-adjoint de la sous-section cantonale de la Fédération de l’Éducation nationale. Il fut de 1958 à 1982 élu à la Commission administrative paritaire départementale et au Comité technique paritaire.
Kervision adhéra aux Jeunesses communistes en septembre 1944 puis à l’Union de la jeunesse républicaine de France. Il fut secrétaire du cercle de l’école normale. En mars 1945, il adhéra au PCF à l’école normale et fut membre de la cellule communiste de l’école jusqu’en 1949. Il fut par la suite militant communiste dans la section de Plozevet. Il participa en 1955 au stage central organisé par le PCF pour les instituteurs communistes. A partir de 1961, il milita dans la section communiste du Guilvinec et en fut le secrétaire à partir de 1972. Par la suite, il fut secrétaire de la section communiste du Pays bigouden qui regroupait les différentes sections des cantons du Guilvinec et de Pont-l’Abbé. Il entra au comité de la fédération communiste en 1974, y resta jusqu’en 1982 puis présida la commission fédérale de contrôle financier. Il fut le trésorier de l’Association des élus communistes et républicains du Finistère de 1983 à 1989. Il fut le directeur et le rédacteur en chef du Travailleur bigouden, mensuel puis trimestriel des sections bigoudènes de PCF de sa fondation en 1966 à sa disparition en 1993.
Kervision s’investit dans les luttes laïques du département par l’intermédiaire des amicales laïques dans les localités successives où il milita activement avec son épouse. Secrétaire général du Comité départemental d’action laïque, il fut directeur de la revue Action laïque Bretagne. En outre il fut le secrétaire de l’association des parents d’élèves du lycée de Pont-l’Abbé de 1961 à 1968.
Kervision fut candidat au Conseil général dans le canton de Pont-l’Abbé en 1979. Il fut élu conseiller municipal et adjoint au maire du Guilvinec de 1983 à 1989.
En 2010, Kervision habitait Treffiagat. Toujours militant, il n’eut plus de responsabilités dans le PCF après 2005. Il fut le secrétaire du comité de Guilvinec-Treffigiat-Plomeur du Secours populaire français de 1990 au milieu de l’année 2010. Son épouse en était une des membres actives.

SOURCES : Archives du Comité national du PCF. – Renseignements fournis par l’intéressé.

Lire sur ce site Internet « Comment j’ai vécu la guerre, par Jean Kervision »

Jean Kervision est, avec Pierre-Jean Berrou et Gaston Balliot, l’un des trois auteurs de ce site Internet Bigouden1944.

Louis LAGADIC

LAGADIC Louis, Noël, Marie

Né le 5 mai 1922 à Pont-l’Abbé (Finistère), fusillé le 5 avril 1944 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine), chauffeur, résistant membre des FTPF.
Célibataire, Louis Lagadic exerçait la profession de chauffeur automobile. Militant communiste, il s’engagea dans la Résistance en janvier 1942, membre du groupe de Pont-L’Abbé, chef de groupe des FTP. Il participa notamment à la destruction du pont de chemin de fer de Pen Héné et d’un transformateur électrique.
Il fut arrêté le 16 octobre 1942 à Pont-L’Abbé par la police française et les Renseignements généraux (RG). Jugé le 19 décembre 1942 par le tribunal de la Section spéciale de Rennes (Ille-et-Vilaine), il fut condamné à cinq ans de prison.
Interné à Quimper (Finistère) puis à Vitré (Ille-et-Vilaine) et Fontevrault-l’Abbaye (Fontevraud, Maine-et-Loire), il fut transféré le 23 octobre 1943 à Blois (Loir-et-Cher) et enfin transféré à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne) le 27 mars 1944.
Jugé le même jour par le tribunal militaire attaché au commandement du Gross Paris établi à cette date rue Boissy-d’Anglas (VIIIe arr.) et accusé d’« actes de franc-tireur », il fut condamné à mort.
Il a été fusillé le 5 avril 1944 à 15 h 03 par les autorités allemandes au Mont-Valérien.
La mention « Mort pour la France » lui a été attribuée par le secrétariat général aux Anciens Combattants en date du 11 juillet 1945. Son nom figure sur le monument aux morts de Pont-l’Abbé (Finistère) et sur le monument commémoratif du Mont-Valérien à Suresnes.
(source Maitron)

Une rue de Pont L’Abbé porte le nom de Louis Lagadic.

Lettre de Louis Lagadic

 

 

 

 

 

 

Colette NOLL

Petite biographie extraite du dossier des élèves du Lycée Laënnec de Pont L’Abbé  créé lors du Concours de la Résistance en 2013-2014

Colette NOLL, pseudo : Claude
Lien  avec  le  pays  Bigouden :  Elle  avait  une  maison  à Lesconil  où  elle  résidait  en  été.  Elle  était  Présidente d’honneur de l’ANACR Pays bigouden.

Entrée  en  Résistance  dès  1940,  à  l’âge  de 17 ans,  elle a très rapidement cherché à œuvrer contre les  mesures  discriminatoires  à  l’égard  des  juifs   en organisant l’opposition aux lois anti-juives.
Arrêtée une première fois, en mars 1943, à la suite d’une dénonciation, elle passe 5 mois à la prison de Fresnes.
Après avoir été relâchée, elle continue la lutte et intègre les FTPF (branche militaire et armée du Front National).
Arrêtée une seconde fois le 11 avril  1944, après avoir à nouveau été dénoncée, cette fois-ci par « Charly », agent double travaillant pour la GESTAPO,  elle est déportée à Ravensbrück  puis  à  l’usine  Siemens  de  Berlin,  et  enfin au camp de Sachsenhausen.
A partir du 21 avril 1945, elle entame les marches de la mort. Elle est rapatriée un mois plus tard.

Citation :  « Il faut respecter la liberté des peuples, rejeter toute  guerre  quelle  qu’elle  soit,  car ce  sont  toujours les innocents  qui  paient.  Combattre  pour  la  paix  et  la compréhension  entre  les  peuples,  tels  sont  mes  buts après ce vécu. »

Alain MADEC

Décédé le 5 décembre dernier (2013), Alain MADEC était né le 19 décembre 1926. Il était président du Comité ANACR de Pont-l’Abbé depuis de très nombreuses années, puis président du Comité ANACR du Pays Bigouden depuis sa création il y a trois ans. Il avait choisi d’entrer dans la Résistance début 1943, c’est-à-dire à 16 ans et quelques mois.

Choix extraordinairement difficile comme on le sait, surtout si jeune. C’est en 1943, en jouant au football au club de Pont l’Abbé qu’il est contacté par des Résistants dirigeants du club. Très vite il devient un militant actif. La tâche était difficile. A cette époque, il n’y avait pas beaucoup d’armes car la région de Pont l’Abbé était située en zone interdite, tout comme le reste des communes qui se trouvaient près des côtes.

C’est-à-dire qu’il fallait un laisser–passer pour pouvoir entrer dans cette zone. Il y avait beaucoup d’allemands et il était difficile d’obtenir des parachutages d’armes. Le dimanche 9 août 1944 c’est le baptême du feu pour Alain. Il est le plus jeune de sa compagnie. Le maquis de Corroac’h est une base de la Résistance. Une embuscade est tendue. Alain était à ce moment-là téléphoniste. Les allemands allaient partir de Pont l’Abbé. C’est à la tombée de la nuit que les allemands se sont présentés. Le combat a commencé. « Ils avaient des automitrailleuses. Les balles passaient au-dessus de nos têtes …Le combat a duré entre 10 et 15 minutes puis on s’est repliés à travers la campagne. Arrivés à Pont-l’Abbé on a vu que les allemands avaient quitté le Pays Bigouden ». Après un séjour de repos et d’entraînement à Pluguffan, Alain rejoint Pont-l’Abbé pour assurer les communications téléphoniques du central de la Poste. Il était à ce poste pendant les combats de la baie d’Audierne. « Ça téléphonait de tous les bords ». Fin septembre 1944, le mois des 18 ans d’Alain, on propose aux maquisards de s’engager dans l’armée française. Il accepta et passa avec succès, à la Mairie de Pont-L’Abbé, l’examen médical par des médecins militaires. Cela le rassura car jusque-là, « si les allemands nous prenaient, c’était en général le peloton d’exécution.

Alors que en tant que soldats de l’armée française, on était considérés comme des réguliers et on pouvait alors être reconnus comme prisonniers de guerre ». En octobre 1944, le bataillon d’Alain fait mouvement en camions vers le front de Lorient. Les hommes reçoivent un livret militaire, un uniforme, un casque, un imperméable le tout d’origine anglaise plus une toile de tente allemande. Le nom « Bataillon Antoine Volant » de la Résistance devient « 3ème bataillon de marche du Finistère », dépendant du 118ème régiment de Quimper. Le siège de la poche de Lorient dura jusqu’à la victoire du 8 mai 1945. L’hiver 44/45 fut très rude pour des hommes qui n’avaient pour s’abriter que des abris précaires.

Alain apprit la capitulation de la garnison allemande alors qu’il était en ligne à ce moment-là. En juillet il est admis à l’école de Saint-Maixent et y reste un an. On lui proposa alors de continuer à servir dans l’armée française et d’y faire une belle carrière. Il refusa la proposition car en fait ce qu’ils lui promettaient c’était … « une croix de bois en Indochine » ! Alain a été fidèle à l’ANACR jusqu’au bout. Nous déplorons le décès d’un homme honnête, sincère, tolérant et profondément laïc.

Hommage d’Edgar de Bortoli (publié sur le site de l’ANACR 29)

 

Aline De BORTOLI

DE BORTOLI Aline, née MORIN , le 15 juillet 1908 à Bréhand (22) , épouse de Charles DE BORTOLI

Aline commence par aider son mari dans la solidarité à l’Espagne Républicaine. Elle entre au P.C.F. en octobre 1939…. alors qu’il vient d’être interdit par le gouvernement Daladier . Sous l’occupation allemande, dès juillet 40, elle commence sa propagande par une distribution de tracts résistants du P.C.F. dénonçant la trahison du gouvernement PETAIN et la collusion du vieux maréchal avec l’occupant allemand et ses chefs nazis. Avec son mari , elle s’occupe de l’hébergement de militants dont Robert BALLANGER, l’interrégional du PCF pour la Bretagne ou encore Alain LE LAY , « régional » pour quelques mois pour le Finistère.

Charles DE BORTOLI est arrêté le 28 avril 1942. Aline doit chercher du travail et en trouve… à l’arsenal, près de la prison allemande de Pontaniou où son mari est détenu.

Là , elle effectue des sabotages de camions allemands, par coupures de pneus notamment. Elle tente de faire évader son époux et manquera de peu d’y parvenir. Charles restera emprisonné à Pontaniou du 15 mai au 1er juillet 1942.

Charles est exécuté le 28 août 1942. Aline prend alors la responsabilité du «  Comité des Femmes Patriotes de Brest », organisation clandestine, alors composée exclusivement de femmes communistes qui en avaient pris l’initiative. Elle assure aussi, dans cette période d’importantes liaisons P.C.F.-F.T.P.. Elle poursuivra ses activités militantes à Brest jusqu’au 9 février 1943. Afin de ne pas être arrêtée , elle se réfugie dans son village d’origine où elle entre aussitôt en contact avec les F.T.P. . Elle effectue alors des liaisons entre les maquis de Bréhal et de Moncontour et sera chargée, entre autres, de leur ravitaillement, et ce, tout en assumant la diffusion du matériel de propagande ( journaux et tracts du P.C.F, du F.N, et des F.T.P.F… Elle finit la guerre avec le grade d’adjudant F.T.P.F. Après la guerre elle se retire à LESCONIL avec sa famille.

In « 1640 militants du Finistère » de Eugène KERBAUL , transmis par Jean KERVISION
Note : Leur fils Edgar contribuera , pour une large part, notamment aux côtés de Raymond CARIOU , à organiser chaque année les cérémonies à la mémoire de toutes les victimes de guerre de Plobannalec- Lesconil
.

Carlo De BORTOLI

DE BORTOLI Carlo, Antonio

Né le 30 avril 1909 à San Quirino (Italie), fusillé le 22 août 1942 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; artisan mosaïste ; militant communiste ; résistant membre de l’Organisation spéciale (OS) et des FTPF.

Photo de la tribune du congrès de l’Union Populaire Italienne en France qui s’est déroulé à Versailles le 12 mars 1939. De Bortoli est au centre. Au mur un portrait, très certainement celui du secrétaire Romano Cocchi.
Communiqué par son fils, Edgard De Bortoli.

Né le 30 avril 1909 à San Quirino (Italie), Carlo De Bartoli arriva à Paris en mai 1925 avec son père et ses deux frères, pour fuir la misère et les violences fascistes. Cette année-là, il rencontra Aline, à Paris, venue elle aussi de sa Bretagne natale pour vivre une vie meilleure que celle de ses parents, agriculteurs sans terres. Ils se marièrent à la mairie du VIIIe arrondissement et eurent deux enfants : Sonia le 8 décembre 1934 à Saint-Brieuc, et Edgard le 7 juillet 1938 à Brest.
Ouvrier du bâtiment, il fut petit artisan dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor). Il vint à Brest en 1936, et adhéra aussitôt au Parti communiste, dont il devint un militant très actif. Il milita aussi beaucoup à l’Union Populaire Italienne qui regroupait en Bretagne nombre de militants antifascistes italiens et pour laquelle il organisa de nombreuses réunions dans le Finistère et les Côtes-du-Nord. Il participa très étroitement à la solidarité avec l’Espagne républicaine.
En 1939, il fit voter par les Italiens antifascistes de la région brestoise une motion où ils s’engageaient à défendre la France contre toute attaque fasciste, y compris de l’Italie mussolinienne. Quelques mois plus tard, fidèle à son attitude, il voulut s’engager dans l’armée française, mais il fut refusé car il était sans doute suspect aux yeux des autorités de la «drôle de guerre» ; de même on lui refusa la naturalisation française.
Fin 1939, il participa à la reconstruction dans la clandestinité du Parti communiste que le gouvernement Daladier venait d’interdire. Au début 1941, il se vit confier, par la direction du Parti communiste de Brest, l’organisation du Parti communiste dans le secteur du bâtiment. Ce secteur était en pleine expansion du fait de l’ampleur des travaux ordonnés par la Wehrmacht, la Kriegsmarine, et la Luftwaffe. Une main-d’œuvre à la recherche de travail affluait alors vers ces chantiers même si ce n’était pas de gaieté de cœur, car il n’y avait pas d’autres emplois dans la région brestoise. Charles De Bortoli organisa plusieurs groupes du Parti communiste parmi les gars du bâtiment. Puis il organisa un groupe de l’Organisation spéciale (OS) du Parti communiste, qui effectua des sabotages sur les chantiers, avec l’appui d’autres communistes. En mars 1941, il aurait participé à l’immersion en rade de Brest des corps de trois (ou cinq) soldats allemands abattus par un autre groupe de l’OS du PCF. En même temps, il menait une grande activité de propagande résistante communiste, en diffusant des tracts et journaux du PCF et du FN.
Carlo De Bortoli était domicilié à Brest (Finistère) au moment de son arrestation. Il travaillait alors à l’École navale de Brest. Ancien artisan, il était responsable de l’organisation armée au sein des travailleurs du bâtiment.
Entré dans la Résistance, il fut immatriculé aux FTP à partir d’avril 1942. Il fut arrêté le 28 avril 1942 à Brest par la police française et des inspecteurs allemands, en compagnie de Charles Cadiou, Yves Prigent et Mathurin Le Goff, tous de Brest, lors d’un transport de matériel d’imprimerie, vers 20 h 30. Condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Brest le 15 mai 1942 pour propagande anti-allemande, sabotages dans une base navale, et actes de franc-tireur, il fut interné à Brest du 28 avril au 24 juin, puis Rennes, du 25 juin au 24 juillet, et enfin à Fresnes du 27 juin au 22 août 1942, date à laquelle il a été fusillé (place Balard à Paris). Son corps fut jeté le jour même dans une fosse commune du cimetière parisien d’Ivry où 828 dépouilles de suppliciés furent découvertes à la Libération.
Sa femme, Aline, retirée à Lesconil pour sa retraite, mourut à quatre-vingt-seize ans en 2004. Responsable du Comité des femmes patriotes de Brest, recherchée par la Gestapo, elle dut fuir les bombardements sur Brest en février 1943 et se réfugia à Bréhand, dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor), jusqu’à la Libération. Elle y poursuivit ses activités de résistance en tant qu’agent de liaison entre les maquis tout en diffusant tracts et journaux, hébergeant des résistants, récoltant matériel et nourriture pour les combattants. Elle fut par la suite vice-présidente de l’Association des anciens combattants de la Résistance (ANACR) du Finistère et responsable départementale de l’association des familles de fusillés et de massacrés de la résistance. Elle était « combattant volontaire de la Résistance ».
L’acte officiel de décès de Carlo de Bortoli fut prononcé par le ministère des Anciens Combattants et Victimes de guerre, le 19 décembre 1945, no 11.390. Homologué adjudant à titre posthume, médaillé de la Résistance, il fut cité à l’ordre du jour no 40 de la division comportant l’attribution de la Croix de guerre.

SOURCES : DMPA, BMC, dossier. – Le journal de la Résistance, 2004. – Fichier des fusillés, FNDIRP du Finistère Nord à Brest. – Eugène Kerbaul, 1918-1945, 1 640 militants du Finistère, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1988. – Eugène Kerbaul, Chronique d’une section communiste de province, Brest, janvier 1935-janvier 1943, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1992.

Jean-Pierre Besse, Gilles Pichavant

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Le drame du Vauquois – 1940

18 JUIN 1940 : le drame du Vauquois

( Parmi les nombreuses victimes , un jeune Guilviniste )

Les Allemands entrent en Bretagne…

18 au matin, 10h45 : Le général Robert Altmayer, chef de la Xe Armée, installé à Rennes, téléphone au vice-amiral Traub à la Préfecture Maritime « Les Allemands, une vingtaine de motocyclistes et quelques autos-mitrailleuses défilent en ce moment sous mes fenêtres. Attendez-vous à les voir arriver à Brest dans la soirée. »

La flotte de guerre reçoit l’ordre d’appareiller.  Le port de Brest se vide.

A 8 heures du matin le 18 juin 1940 l’armée allemande commence à traverser Rennes et fonce vers l’ouest. A Brest c’est la débandade, soldats et marins embarquent à la hâte sur les navires de guerre et cargos en partance. Ceux qui restent sabordent les bateaux incapables de prendre la mer, incendient les dépôts de carburant et détruisent tous les matériels militaires qui pourraient servir plus tard aux Allemands.

L’or de la Banque de France (900 tonnes) entreposé dans un bunker au Portzic est embarqué du 16 juin au soir au 18 juin à 18 heures sur les croiseurs-auxiliaires (paquebots armés) El Djezaïr, El-Kantara, Ville-d’Alger, Ville- d’Oran et sur le Victor-Schoelcher.
Les avisos de la Défense du littoral reçoivent l’ordre de prendre à leur bord les marins des batteries côtières et, une partie des archives du 2e dépôt de la Marine.
La deuxième escadrille d’avisos de la Défense du littoral est composée des navires : Somme, Suippe, Vauquois, Coucy, Elan, Commandant-Duboc et Commandant-Rivière.
L’aviso le Vauquois
A 16h45 la Suippe quitte Brest et se poste pour attendre le reste de la flottille près de la Vandrée. A 19h45 elle est rejointe par la Somme et le Vauquois. Une demi-heure plus tard, sans nouvelles des autres navires, deux des avisos mettent le cap vers le chenal du Four destination l’Angleterre, tandis que le commandant de la Somme décide de se joindre à un convoi de 14 sous-marins escortés par le Jules-Verne, convoi qui arrivera à Casablanca quelques jours plus tard.
Le Vauquois saute sur une mine
21h00: Le Vauquois qui navigue à 4/500m sur l’arrière de la Suippe et à 40 mètres plus à l’est, est secoué par une violente explosion. Il vient de toucher une des mines magnétiques dérivantes lâchées la veille par des avions allemands. Le navire se trouve alors à l’ouvert du port du Conquet, très près de la tourelle de la Vinotière. Le bâtiment se casse en deux à la hauteur de la cheminée, l’avant coule presque instantanément, l’arrière chavire et s’engloutit deux minutes plus tard tandis que les chaudières explosent.
La Suippe a stoppé aussitôt et ses embarcations descendent à la mer pour tenter de sauver les naufragés qui se débattent dans les épaves et le mazout.
Onze survivants sont recueillis par la Suippe, l’un d’entre eux décédera à l’hôpital de Falmouth.
21h55, une nouvelle déflagration fait bouillonner l’eau là où le Vauquois a disparu, ce sont sans doute ses grenades sous-marines qui ont explosé. Le capitaine de corvette Lewden, commandant la Suippe, considérant qu’il n’y a plus d’espoir de recueillir des hommes vivants, et conscient que son navire est lui-même très exposé, rappelle ses canots et s’éloigne vers l’Angleterre. (La Suippe touchée par une bombe allemande coulera le 14 avril 1941 devant Falmouth).
Bilan officiel du drame
Morts ou disparus :
– 7 officiers dont le capitaine de corvette Villebrun, commandant du navire.
– 21 officiers-mariniers
– 107 quartiers-maîtres et marins dont beaucoup des services à terre de l’Arsenal.
Parmi ces derniers , un jeune Guilviniste , Jean LE CLEAC’H

Jean Le Cleac'h
Jean Le Cleac’h

Le Vauquois

aviso Le Vauquois
aviso Le Vauquois

Le Vauquois construit en 1918 par les « Chantiers de la Loire » à Saint-Nazaire et mis en service le 12 août 1919. Du type aviso classe « Amiens », il porte le nom d’une commune de l’Argonne martyre de la guerre 14-18.

Principales caractéristiques :
850 tonnes, 72 mètres de long (ou 74,90 mètres selon les sources) pour 8,70 mètres de large, et 3,20 mètres de tirant d’eau. Puissance 5 000 chevaux fournie par deux chaudières au mazout, entraînant deux hélices. Vitesse 20 nœuds. Armement : deux canons de 138 mm, (ou de 145 mm selon les sources) un canon anti-aérien de 75 mm, quatre mitrailleuses et une vingtaine de grenades sous-marines.

Pendant la guerre civile d’Espagne, le Vauquois a escorté des convois, et assuré la libre circulation dans le sud du golfe de Gascogne pour les navires marchands , notamment ceux de la Compagnie « France Navigation ».

L’usine à galets de Tréguennec

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A Tréguennec, derrière le cordon dunaire, au lieu-dit Prat ar Hastel, se trouvent les vestiges de l’usine de concassage de galets. Bâtie en 1943 par l’occupant allemand, elle fabriquait le gravier pour une grande partie du mur de l’Atlantique.

On voit toujours un énorme mur de 2 m d’épaisseur et de 150 m de long, les ruines des trémies, celles des bâtiments du concasseur principal et les bunkers. Aux alentours, sont éparpillés des tobrouks, c’est-à-dire des puits à mortiers ou à mitrailleuses, et des blockhaus pour mitrailleuses MG42.

Le blog ero-vili.fr d’Yvan Marzin 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Usine_de_concassage_de_galets_de_Tr%C3%A9guennec

http://www.letelegramme.fr/histoire/treguennec-l-usine-a-galets-des-nazis-23-02-2014-10048893.php              (ci-joint en fichier PDF))

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/histoire-une-usine-galets-des-nazis-cachee-en-pays-bigouden-1471975507

http://fr.topic-topos.com/usine-d-extraction-de-galets-treguennec

http://yvan.marzin.free.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=22:lorganisation-todt-a-treguennec&catid=34:le-site-du-concasseur&Itemid=34

Un article de Ouest France du 14 octobre 2017

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Meihl Corroac’h

DE TRÉMEOC A MEIHL CORROAC’H

Au cours des opérations répressives menées par les Allemands dans le canton de Pont-L’Abbé, un groupe de FTP prend le maquis à Tréméoc, d’abord sous le commandement d’ «Alex» ( sans doute Corentin LE FLOCH , de Quénéven ) , puis de Jean-Marie HENVIC qui vient de Guiscriff ( Morbihan). Le groupe, très mobile, comprend Emile Le ROY, de Pont-L’Abbé, Vincent-Etienne NEDELEC, Rodolphe PERON, Christian THOMAS, Emile COSSEC de Léchiagat, Pierre TANNEAU de Guilvinec .

Ils exécutent quelques sabotages, notamment sur la voie de chemin de fer de Pont-l’Abbé à Quimper. Leur armement est hétéroclite .

Le 4 août, NEDELEC transmet à ses camarades restés au Guilvinec l’ordre de rejoindre le maquis. Rodolphe PERON l’accompagne. A Saint-Jean Trolimon – il fait nuit, mais il y a clair de lune- ils tombent sur une colonne d’Allemands dont certains montés sur des charrettes de paysans. On les fait monter dans un des véhicules. Péron parvient à cacher sous une couverture le révolver qu’il porte sur lui. A l’entrée de Pont-L’Abbé, les deux hommes doivent précéder le convoi, en tenant les mains en l’air. En fin de compte, ils sont relâchés, non sans avoir reçu des coups. Ils poursuivent alors leur mission.

Répondant à l’appel de Nédélec, les hommes arrivent dans la campagne de Meil-Corroarc’h, en Plomelin et se répartissent dans les bosquets environnants. Au départ, ils étaient environ une vingtaine, la plupart recrutés à Léchiagat par l’instituteur Durand : un engagement qui pour certains remontait à 1942 : Rodolphe Péron connu des services de police alle­mande, Jean Larnicol, Georges Adam, Etienne Nédélec, Guillaume Le Brun, Marcelin Le Rhun, Albert Larzul, Christian Thomas, Corentin Rolland.

La mobilité étant essentielle au maquis, ils changeaient souvent de place pour la nuit. Bien reçus dans les fermes malgré les risques qu’ils faisaient prendre à leurs hôtes, ils travaillaient parfois aux champs.

Il est utile de préciser qu’après les rafles opérées au Guilvinec et Léchiagat en juin 44, plusieurs F.T.P. considérés comme « ter­roristes » ne se sentaient plus en sécurité. Pierre Tanneau dormait dans la cabane d’une carrière de Tréméoc et travaillait le jour dans la ferme voisine. Plusieurs fois les Allemands virent le chercher à son domicile. Le groupe de Léchiagat séjournait près de l’étang de Corroac’h tout en faisant quelques retours deux par deux dans leur port d’origine, au risque d’être interceptés. Vinrent rapidement s’y ajouter les Guilvinistes Isaac Stéphan « l’infirmier », Louis Coupa et Henri Cloarec libéré de la prison de St Charles et, somme toute, bien courageux. En outre, plusieurs Pont­-l’Abbistes dont Jean Pensec et Gaston Mavic, deux « étrangers », Alex de Guiscriff et Jean Marie HENVIC de Scaër , leur chef, et deux Russes déserteurs.

Joseph Quillec
Joseph Quillec

Ces « maquisards » reproduisaient des tracts anti­-allemands ou contre le marché noir (Jean-Marie Trébern de Pluguffan) qu’ils affichaient aux portes de mairies environnantes. Le temps se passait à aider les paysans mais aussi à surveiller la départementale voisine et les allées et venues des Allemands. Ils possédaient peu d’armes, quelques grenades, quelques revolvers provenant des conteners de Léchiagat. Très rapidement, c’est autour du Moulin de Meihl Corroac’h tenu par Joseph QUILLEC et sa famille que ces maquisards se concentrèrent .En effet, cette famille généreuse leur offrait parfois le gîte mais beaucoup plus souvent le couvert sans aucune compensation financière .

Une sortie imprudente de 4 d’entre eux aboutit à une halte au bistrot de « l’Avantage » de Plomelin. Tout à coup le patron les prévint que trois feldgendarmes venaient de stopper devant la maison et descendaient rapidement de leur voiture.

Jean Marie bondit aussitôt par la fenêtre, Georges Adam qui portait sur lui un révolver le jeta dans un placard en cas de fouille. Les feld­gendarmes qui s’étaient simplement arrêtés pour consommer virent le geste et firent une fouille en règle. « Français grosse artillerie » dit l’un d’eux en ceinturant Georges Adam. Ce dernier et Alex furent conduits à Quimper et l’on ne les revit plus. Georges Adam partira en déportation dans le dernier convoi. Il semblerait qu’Arsène Coïc l’ait aper­çu à Buchenwald. Le 4ème F. T.P. Rodolphe Péron, mêlé aux autres consommateurs, fut fouillé, inter­rogé, mais relâché !

Cela ne brisa pas l’ardeur des maquisards qui, malgré les risques, ne se dispersèrent pas dans la nature. Le maquis se modernisa puisqu’un « téléphone volant » fut installé directement sur la ligne qui longeait la voie de chemin de fer. Des nou­velles, des ordres pouvaient être ainsi reçus de Pont-l’Abbé. « L’Etat-major » de la Résistance pont-­l’abbiste prévint le groupe que les Allemands se préparaient à quitter la ville et qu’un convoi de munitions et de troupes devait se diriger vers Quimper. L’ordre d’insurrection générale en Bretagne ayant été donné par la BBC (« le chapeau de Napoléon est-il toujours à Perros?« ) pour faciliter l’arrivée des Américains et empêcher le regrou­pement de l’ennemi, le maquis de Corroac’h pou­vait agir et participer à l’hallali en attaquant le convoi en rase campagne.

Dans la nuit du 4 au 5 août, une embuscade fut tendue près du virage sud de l’étang. Les F.T.P. ne disposaient que de 3 fusils, de quelques révolvers mais possédaient de nombreuses grenades prove­nant de Pont-l’Abbé. Ne connaissant pas l’heure du passage, le groupe se sépara en deux. La première moitié attendit. Un convoi de 7 camions bourrés d’Allemands précédé d’un side-car se présenta à 1 h du matin dans le secteur choisi. Les grenades plurent sur les premiers véhicules qui stoppèrent. M. Quillec fit même le coup de feu avec son fusil de chasse. Les Allemands aussitôt mirent une mitrailleuse en batterie ce qui obligea les assaillants à se replier. Pas question de les poursuivre dans la nuit ; le convoi préféra rebrousser chemin, passa le bac à Sainte-Marine mais fut de nouveau attaqué à Bénodet. Le lendemain du sang noir sur la route montrait que les fuyards avaient subi des pertes. Chez les F.T.P., un blessé. Une plaque a été récemment apposée à Corroac’h pour rappeler ce fait d’armes de la Résistance.plaquegorrarch

Les Allemands partis , le « Bataillon Bigouden » sous les ordres de Corentin KERVEILLANT, officier marinier promu lieutenant, cantonne ensuite à Pluguffan où se forment deux compagnies. L’une sous les ordres de Jean-Marie HENVIC, l’autre d’Albert DURET de Pont-L’Abbé. Les hommes interviennent à Tréguennec le 12 août où des marins allemands sont faits prisonniers. Participent également à cette opération, la Compagnie de Plogastel-Saint Germain ainsi que l’unité de FFI commandée par le Capitaine Louis LE DREZEN, officier de réserve de Léchiagat.

Le bataillon portera désormais le nom d’Antoine VOLANT ( du nom d’un Résistant abattu par les Allemands près de la chapelle de Plonivel en Plobannalec – cf article sur les Fusillés de Lesconil)

Pour la suite de ces événements voir l’article de Pierre-Jean Berrou :
«
La Résistance – La Libération au Guilvinec-Léchiagat »


TOUTE UNE FAMILLE DANS LA RESISTANCE
HOMMAGE A LA FAMILLE QUILLEC

Le neuf août 1991, à l’initiative de Vincent-Etienne NEDELEC , une stèle du souvenir était mise en place à proximité du moulin de Meil Corroac’h . Cette cérémonie rassemblait une centaine de personnes dont de nombreux anciens Résistants et leurs familles, des représentants d’associations patriotiques et leurs drapeaux ainsi que de nombreux élus dont le Maire de Combrit, maître d’œuvre de ce monuments du souvenir. Auparavant V.E.Nédélec et quelques résistants s’étaient rendus au cimetière de Plomelin, pour déposer, en compagnie de la famille Quillec, une gerbe sur la tombe de M Joseph QUILLEC décédé en 1970. Mme Marie Quillec se voyait remettre, quant à elle, une gerbe de fleurs ainsi que la médaille de la commune de Combrit.

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Inauguration de la stèle , tout à fait à droite , le maire de Combrit, à sa gauche V.E.Nédélec

Vincent Etienne Nédélec, dans une brève allocution regrettait qu’aucune récompense n’ait été proposée à la famille Quillec : «  Après 45 ans passés depuis la fin de la guerre je voudrais rendre un vibrant hommage à la
famille QUILLEC, à Madame Quillec mère, à son défunt mari, à ses enfants. Ils ont pris des risques considérables en hébergeant clandestinement des dizaines de maquisards et on peut imaginer les difficiles moments passés par la famille Quillec, tant sur le plan de la sécurité, de la vie de tous les jours, constamment perturbée par la présence et le passage des Résistants. Toute la famille, sans exception, a participé d’une certaine façon à renseigner, aider, assister ces hommes. Tout ceci est tombé dans l’oubli sans qu’aucun dédommagement matériel n’ait jamais été proposée à cette famille littéralement ruinée par l’assistance quotidienne qu’ils apportaient aux Résistants, assistance, il est vrai, volontairement acceptée par les Quillec. Les descendants de cette famille peuvent être fiers du comportement courageux dont ont fait preuve leurs anciens sous l’occupation allemande »

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Mme Quillec mère et ses enfants

V.E Nédélec remerciait alors une nouvelle fois la famille : Mme Jeanne Quillec, la mère, et ses enfants, Mme Renée Queffurus, Mme Voquer Françoise, M.Joseph Quillec fils et M.Alain Quillec.

diplome_quillecjosephffi_quillecjosephA noter , concernant les deux documents ci-dessus, que Joseph Quillec , de son vivant, s’est toujours refusé à solliciter quoi que ce soit, ni compensation financière pour avoir hébergé les Résistants, ni décoration. Le témoignage de reconnaissance et le diplôme lui ont été accordés à la demande de son fils aîné après son décès.

La première partie de cet article a été rédigé à partir d’un article paru dans « Le Finistère dans le guerre » de Georges-Michel Thomas et Alain Legrand . Quant à la partie concernant la famille Quillec, nous l’avons préparée grâce à de nombreux documents ( manuscrits dus notamment à V.E Nédélec , articles de presse de l’époque, photos et autres documents divers) que nous a confiés Alain Quillec , le plus jeune fils de la famille ( qui avait 10 ans au moment des faits). Qu’il en soit remercié.
Jean Kervision

Les fusillés de Juin 1944

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fusillés du 15/06/44

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Fusillés du 23 juin 44fusillés17et19fusillés13et14fusillés16et18Le 23 juin 1944, à Pont-l’Abbé, six hommes ont été condamnés à mort pour faits de Résistance selon le jugement du tribunal militaire allemand (la Feldkommandantur 752). Voici la liste de ces derniers communiquée au Préfet du Finistère :Ils ont été exécutés sur les dunes de La Torche en Plomeur.

A noter que les deux frères Volant de Lesconil n’ont pas été fusillés à Poulguen, mais abattus alors qu’ils tentaient de fuir la Chapelle de Plonivel où étaient retranchés. Les Allemands ont ensuite transporté et inhumé leurs corps à Poulguen.

Poulguen, les fosses communes

Pour ne pas oublier… En 1944 les troupes allemandes d’occupation fusillèrent (les 15 et 26 juin) des hommes qui avaient oser s’opposer à la barbarie et qui voulaient libérer leur pays..
A Poulguen, en Penmarc’h, les corps furent retrouvés dans des fosses communes. Fin août une cérémonie a eu lieu au cimetière de Penmarc’h.

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 » Note de JK : Ces photos nous ont été confiées par André Bernard. Son père, le Capitaine FFI Alain Bernard, avait demandé au studio Pouillot-Ehanneau de Pont-L’Abbé de couvrir cet évènement. C’est lui aussi qui a obtenu la présence de deux représentants des forces alliées, un officier britannique et un officier américain, à Poulguen. »

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LESCONIL .Les fusillés de La Torche de juin 1944

Dans l’attente de leur inhumation dans le « Carré des Fusillés » en préparation dans le cimetière de Lesconil , Les fusillés de juin 44 ont été inhumés provisoirement dans celui de Plobannalec ( photo prise du haut du clocher de L’église). La foule des coiffes bigoudennes est impressionnante.

Monument des Fusillés de La Torche

monument_bismonument_fusillésCe monuments érigé, à l’origine, à l’endroit même où les Résistants ont été fusillés, a dû être déplacé trois fois du fait de l’érosion de la dune par la mer, pour être enfin placé derrière la Pointe même de la Torche, plus à l’abri des assauts de l’Atlantique.

Inhumation provisoire des Fusilles au Cimetière de Plobannalec

Plobannalec est le bourg rural de la commune de Plobannalec -Lesconil . L’agglomération maritime de Lesconil est aujourd’hui beaucoup plus importante que le chef-lieu de Plobannalec. Chacune des deux localités dispose de son cimetière .

Dans l’attente d’une réorganisation du cimetière de Lesconil en vue d’inhumer les Fusillés et autres victimes dans un même carré central (cf article de Roland Passevant), ceux-ci, dès leur exhumation de la dune de la Torche, fin 1944, ont donc été inhumés provisoirement dans l’ancien cimetière de Plobannalec ( il en existe un nouveau) dans l’attente de leur transfert à Lesconil..

La photo, que je trouve (Jean Kervision), pour ma part, magnifique, est une petite photo Kodak prise du haut du clocher de l’église de Plobannalec au centre du vieux cimetière. Un fils de fusillé, en l’occurrence M. Jean-Paul Béchennec, fils de Corentin l’a agrandie et m’en a confié un exemplaire . La plupart des femmes présentes portent le costume bigouden, en particulier la fameuse coiffe ( içi, précisément, la coiffe de deuil), aujourd’hui pratiquement disparue.

cimetièrePlobannalec1944

 

A la mémoire des fusillés de Poulguen, par Alain Signor

A LA  MEMOIRE DES FUSILLES DE POULGUEN par Alain Signor en 1984 

Le  8 mai dernier (1964), dans toutes les communes de France, a été commémoré l’Armistice du 8 mai 45. Au Guilvinec, à Treffiagat et Penmarc’h, cette cérémonie a  été marquée par un dépôt de gerbe au monument aux Morts. La plupart des participants se sont ensuite rendus au monument des fusillés de Poulguen, Poulguen où, d’avril à mai 1944 (voici donc 20 ans), tombèrent avec un grand courage 33 combattants de la Résistance.

Deux républicains espagnols y achevèrent leur héroïque combat pour la liberté, mêlant un sang généreux à celui de nos compatriotes . Plus tard les bourreaux hitlériens, après avoir abattu sur le territoire de leur commune natale les deux frères Volant, de Plobannalec-Lesconil. vinrent enfouir leurs cadavres dans le sable abreuvé de sang de Poulguen. Au total 35 patriotes y trouvèrent une fin glorieuse.

Leurs noms sont gravés dans le granit du monument érigé en 1947 à l’initiative de la municipalité de Penmarc’h, sur les lieux même du massacre, sauf pour quatre d’entre eux, non identifiés et qui y figurent sous l’inscription : «  quatre Anonymes » .Quatre soldats sans uniforme, de la  liberté et de l’indépendance, soldats aux noms perdus, d’autant plus chers, s’il est possible, à nos coeurs.

Ces combattants étaient tous des travailleurs : ouvriers, paysans, marins, artisans, commerçants, enseignants, fonctionnaires…

La noble figure du docteur Nicolas, né à Pont-L’Abbé , le 16 décembre 1879, domicilié à Concarneau représentait les professions libérales. C’était aussi le doyen d’âge de tous ces héros. Il aurait pu être le père, et même le grand-père de beaucoup d’entre eux.

Ce qui frappe, en effet, c’est leur jeunesse. La plupart étaient Finistériens; mais l’Ille-et-Vilaine, L’Eure-et-Loir et la Région parisienne y étaient aussi représentés, et, nous l’avons vu les Républicains espagnols . Ce qu’ils avaient tous de commun, c’était la haine de l’oppression, l’amour de la liberté, la volonté d’une vie  meilleure dans un monde libéré de la servitude.

Nom et prénoms                    date de naissance       lieu de naisance     Résidence

Quatre anonymes

MORENO (pseudo) Joseph           15.09.1915          Madrid (Espagne)        Réfugié en France

GARCIA Martin Antonio              13.0.1911              Avila  (Espagne)                    idem

LE GALL François                       09.11.1923                   ?                        Saint_Grégoire(IetV)

CARON William                             18.02.1919                  ?                       Sorel-Moussel (EetL)

COCHERY René                          06.01.1914          Chartres (E et L)          Morlaix

BEVIN Yves                                 09.01.1921          Peumerit ( Fin.)        Vitry-sur-Seine

LANCIEN Jean-Louis                  05.05.1921          Scaër                            Scaër

QUEINNEC Arthur                      18.09.1919          Quimper            Quimper

LE PORT Charles                          2301.1920           Quimper             Quimper

VOLANT Marcel                        04.08.1916           Quimper                        Quimper

KERGONNA Marcel                 08.09.1919             Beuzec-Cap-Sizun               Quimper

PLOUZENNEC Pierre               12.05.1920         Plogastel-Saint-Germain         Quimper

CAM  Maurice                            20.06.1919             Pont-De-Buis               Pont-de-Buis

NORMANT Robert                    30.07.1919         Plouhinec                         Plouhinec

VOLANT Antoine                       20 ans           Plobannalec-Lesconil  Plobannalec-Lesconil

VOLANT Yvon                            30 ans                                 idem                 idem

GRALL Henri                             07.01.1922          Pleyber-Christ                 Pleyber-Christ

BOURLES Jean                          11.06.1920            Pleyber-Christ               Pleyber-Christ

CREAC’H Albert                        07.08.1920                           idem                     ide

PHILIPPE François                     22.09.1920                   idem                      Landivisiau

LE BUANEC Arthur                   01.09.1919            Guerlesquin                   Morlaix

LE SIGNOR Roger                     29.12.1919            Camaret-sur-Mer Camaret-sur-Mer

COAT Paul                                 03.03.1925             Brest St Marc              Brest

TANGUY Hervé                         25.01.1926                    idem                     idem

PAUGAM Roger                        12.10.1923                    idem                     idem

LE BAUT Roger                         17.09.1921                    idem                     idem

BRUSQ  Emmanuel                     13.08.1923              Audierne                     Audierne

SIMON Jean                              09.10.1924                    idem                     idem

CADIC Eugène                           14.04.1921               Bannalec                    Bannalec

LOREC Eugène                          10.04.1920             Pont-L’Abbé                  idem

Dr NICOLAS Pierre                   16.12.1879                   idem                      Concarneau

Les Résistants étaient astreints à la stricte observation des règles de la clandestinité. La moindre indiscipline en ce domaine pouvait entraîner de redoutables conséquences. C’est pourquoi de leurs épreuves, de leurs combats, de leurs succès comme aussi de leurs revers, il subsiste peu de traces écrites, car l’ordre était, ici, inflexible : il fallait détruire toutes les traces écrites susceptibles de renseigner l’ennemi.

Toutefois, voici deux témoignages : l’un émane de Jean-Roland PENNEC de Camaret-sur-Mer, plus connu de ses compagnons d’armes sous le pseudonyme de « Capo ». L’autre vient  d’un douanier allemand de la Gast de Guilvinec, recueilli par un de ses collègues d’Audierne et rapporté par Francis POSTIC, ancien maire de cette dernière commune et ancien douanier lui-même.

« Capo » avait 23 ans lors de évènements dramatiques de Poulguen. Ce n’est qu’à une énergie indomptable qu’il  dut de ne point partager le sort de ses infortunés compagnons.

Très tôt, sa volonté de combattre l’envahisseur les armes à la main le conduisit à s’enrôler dans les F.T.P.F., avec une poignée de Camarétois aussi décidés que lui à la lutte. Affecté au maquis de Spézet, il entra, avec son ami Roger SIGNOR dans l’unité de choc constituée en 1943 et placée sous le commandement de Yves BEVIN, professeur à Vitry-sur-Seine.

L’unité comprenait d’autres résistants connus pour leur bravoure : Jean-Louis LANCIEN de Scaër , Fernand AUMEL, probablement de Callac ( Côtes du Nord), Jean-Louis DERRIEN de Plonéour-Ménez, leur agent de liaison et un Camarade juif dont « Capo » ignorait l’identité et dont il pense qu’ils seraient parmi les « anonymes » de Poulguen.

Cette unité harcela l’ennemi dès sa constitution ; elle battait un vaste secteur de la Montagne Noire. Admirablement renseignés, elle frappait les postes isolés, mitraillait les cantonnements, les transports, faisait sauter les dépôts de munitions et de matériel de guerre. L’objectif atteint la troupe s’évanouissait, puis se regroupait sur des bases éloignées.

Cependant Yves BEVIN fut arrêté au Fell en Spézet, en 1943, avec son agent de liaison et un autre camarade. Condamnés à mort, ils furent exécutés à Poulguen. L’unité reconstituée,

Le commandement en fut confié à « Capo ».

Au début de l’hiver 1943-44, elle reçut la mission de transférer cinq aviateurs américains dans les Côtes-du-Nord. La tâche accomplie, l’escorte s’arrêta à Gourin sur le chemin du retour ; elle fut hébergée à l’hôtel-restaurant Perrot, près de la gare. A ce moment « Capo » contracta une forte grippe et dut garder le lit. Il demanda en vain à ses compagnons de quitter l’hôtel-restaurant, mais aucun ne voulut le laisser seul. Deux jours plus tard , ils y étaient encore. Au cours de la dernière nuit passée à l’hôtel, 200 Allemands transportés par camions, cernèrent l’immeuble. Jetés dehors, en chemise, les mains levées et aveuglés par les phares des camions, Capo et ses compagnons demeurèrent deux heures durant exposés aux morsures d’un froid glacial. Emprisonnés d’abord à Carhaix, privés de toute nourriture et de boisson pendant trois jours, ils furent ensuite transférés à la prison Saint-Charles de Quimper. Tous furent condamnés à mort. Ils se retrouvèrent à dix dans le cachot destiné aux condamnés à mort. Aussitôt, ils entreprirent de s’évader, se procurèrent une corde, peu solide hélas, percèrent le plafond de la cellule puis la toiture. Selon l’ordre déterminé; Capo sortit le premier suivi de Jean-Louis DERRIEN. Lorsque Roger SIGNOR, plus corpulent parvint presqu’à la toiture, la corde se rompit. Les huit patriotes qui restaient furent exécutés à Poulguen en avril-mai 1944.

Pour terminer cette évocation et faire toucher du doigt – notamment aux jeunes générations- le courage inouï de ces hommes , nous rappellerons l’exemple de Manu BRUSQ d’Audierne. Ce témoignage nous vient d’un douanier allemand de la  GAST  (Douane allemande) du Guilvinec, recueilli par un de ses collègues d’Audierne et que nous a rapporté Francis Postic, ancien maire de cette commune et ancien douanier lui-même.

Manu Brusq, jeune homme athlétique. Dynamique, très intelligent et cultivé, était l’homme des coups de main spectaculaires, I’homme « sans peur ». Il avait du mal à se contenir et sa témérité frisait apparemment l’inconscience du danger comme en témoigne son dernier acte avant son exécution.

Alors que les condamnés arrivaient au lieu désigné pour leur exécution, encadrés par les soldats allemands, fusils chargés, baïonnette au canon, un capitaine commit l’imprudence de s’approcher trop près des patriotes pour lancer un ordre aux soldats de tête. D’un geste frénétique, Manu BRUSQ s ‘empara du petit sabre de l’officier et le tua. Presque massacré à coups de crosses, il fut fusillé quelques minutes plus tard.

Ni chez Manu, ni chez ses camarades, il n’y avait la moindre inconscience du danger. Bien au contraire, ils étaient bien placés pour apprécier la sauvagerie de l’ennemi et savaient pertinemment à quoi ils s’exposaient, mais leur détermination venait d’abord de leur haine d’un oppresseur particulièrement féroce, mais aussi dans ce que, dans le combat, ils s’étaient aguerris et connaissaient parfaitement ses insuffisances et ses faiblesses.

A l’heure où certains s’efforcent de ternir l’image de la Résistance, de réhabiliter quelques criminels nazis, où certaines organisations d’extrême-droite se réclament ouvertement de l’idéologie fasciste, il était bon que soient rappelés les immenses sacrifices consentis par notre peuple pour libérer notre territoire de l’oppresseur hitlérien.

Alain Signor, Député du Finistère

Archive de l’A.L. de Pont L’Abbé : Le programme du 25e anniversaire des Fusillés de Poulguen

Les rafles de juin 1944 à Guilvinec-Léchiagat

 

Après l’histoire des Guilvinistes dans la « France Libre » relatés dans le bulletin n°2, on pouvait envisager l’étude de la Résistance clandestine intérieure avec ses multiples facettes (distribution de tracts, réseaux de renseignements, trafic d’armes, etc.) et celle des combats de la Libération auxquels ont participé les différents groupes FFI. et F.T.P. de Guilvinec-Léchiagat à Audierne, Crozon, Lorient, etc.
Par nature même cette Résistance était constituée de groupes séparés les uns des autres, accomplissant des actions isolées dont l’analyse aurait demandé beaucoup de temps.
Aussi, le thème étudié dans ce bulletin est plus limité mais touche de près l’action de la Résistance. Il s’agit des rafles de juin 1944 et de leurs conséquences pour un grand nombre de familles. Pour les générations de plus de 50 ans, c’est certainement, avec les tempêtes et les naufrages, l’événement qui a Je plus frappé l’ensemble de la population locale ; un fait qui est resté profondément gravé dans tous ses détails chez les acteurs ou les témoins 43 ans après ; un événement qui appartient à la mémoire collective mais dont la relation écrite n’a été faite nulle part.
Même si l’évocation de ces faits peut être douloureuse pour certaines familles malgré le recul du temps, même si cela peut réveiller des sentiments d’amertume, nous pensons que pour les plus jeunes générations, l’histoire dramatique vécue par leurs aînés ne doit pas se limiter à une simple liste de noms écrits quelque part dans un dossier
poussiéreux.

Les grandes rafles de juin 1944
à Guilvinec-Léchiagat
par Pierre-Jean Berrou

Consulter et télécharger ce dossier en PDF (extrait du bulletin municipal du Guilvinec n° 4 de 1987)