Colette NOLL

Petite biographie extraite du dossier des élèves du Lycée Laënnec de Pont L’Abbé  créé lors du Concours de la Résistance en 2013-2014

Colette NOLL, pseudo : Claude
Lien  avec  le  pays  Bigouden :  Elle  avait  une  maison  à Lesconil  où  elle  résidait  en  été.  Elle  était  Présidente d’honneur de l’ANACR Pays bigouden.

Entrée  en  Résistance  dès  1940,  à  l’âge  de 17 ans,  elle a très rapidement cherché à œuvrer contre les  mesures  discriminatoires  à  l’égard  des  juifs   en organisant l’opposition aux lois anti-juives.
Arrêtée une première fois, en mars 1943, à la suite d’une dénonciation, elle passe 5 mois à la prison de Fresnes.
Après avoir été relâchée, elle continue la lutte et intègre les FTPF (branche militaire et armée du Front National).
Arrêtée une seconde fois le 11 avril  1944, après avoir à nouveau été dénoncée, cette fois-ci par « Charly », agent double travaillant pour la GESTAPO,  elle est déportée à Ravensbrück  puis  à  l’usine  Siemens  de  Berlin,  et  enfin au camp de Sachsenhausen.
A partir du 21 avril 1945, elle entame les marches de la mort. Elle est rapatriée un mois plus tard.

Citation :  « Il faut respecter la liberté des peuples, rejeter toute  guerre  quelle  qu’elle  soit,  car ce  sont  toujours les innocents  qui  paient.  Combattre  pour  la  paix  et  la compréhension  entre  les  peuples,  tels  sont  mes  buts après ce vécu. »

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Alain MADEC

Décédé le 5 décembre dernier (2013), Alain MADEC était né le 19 décembre 1926. Il était président du Comité ANACR de Pont-l’Abbé depuis de très nombreuses années, puis président du Comité ANACR du Pays Bigouden depuis sa création il y a trois ans. Il avait choisi d’entrer dans la Résistance début 1943, c’est-à-dire à 16 ans et quelques mois.

Choix extraordinairement difficile comme on le sait, surtout si jeune. C’est en 1943, en jouant au football au club de Pont l’Abbé qu’il est contacté par des Résistants dirigeants du club. Très vite il devient un militant actif. La tâche était difficile. A cette époque, il n’y avait pas beaucoup d’armes car la région de Pont l’Abbé était située en zone interdite, tout comme le reste des communes qui se trouvaient près des côtes.

C’est-à-dire qu’il fallait un laisser–passer pour pouvoir entrer dans cette zone. Il y avait beaucoup d’allemands et il était difficile d’obtenir des parachutages d’armes. Le dimanche 9 août 1944 c’est le baptême du feu pour Alain. Il est le plus jeune de sa compagnie. Le maquis de Corroac’h est une base de la Résistance. Une embuscade est tendue. Alain était à ce moment-là téléphoniste. Les allemands allaient partir de Pont l’Abbé. C’est à la tombée de la nuit que les allemands se sont présentés. Le combat a commencé. « Ils avaient des automitrailleuses. Les balles passaient au-dessus de nos têtes …Le combat a duré entre 10 et 15 minutes puis on s’est repliés à travers la campagne. Arrivés à Pont-l’Abbé on a vu que les allemands avaient quitté le Pays Bigouden ». Après un séjour de repos et d’entraînement à Pluguffan, Alain rejoint Pont-l’Abbé pour assurer les communications téléphoniques du central de la Poste. Il était à ce poste pendant les combats de la baie d’Audierne. « Ça téléphonait de tous les bords ». Fin septembre 1944, le mois des 18 ans d’Alain, on propose aux maquisards de s’engager dans l’armée française. Il accepta et passa avec succès, à la Mairie de Pont-L’Abbé, l’examen médical par des médecins militaires. Cela le rassura car jusque-là, « si les allemands nous prenaient, c’était en général le peloton d’exécution.

Alors que en tant que soldats de l’armée française, on était considérés comme des réguliers et on pouvait alors être reconnus comme prisonniers de guerre ». En octobre 1944, le bataillon d’Alain fait mouvement en camions vers le front de Lorient. Les hommes reçoivent un livret militaire, un uniforme, un casque, un imperméable le tout d’origine anglaise plus une toile de tente allemande. Le nom « Bataillon Antoine Volant » de la Résistance devient « 3ème bataillon de marche du Finistère », dépendant du 118ème régiment de Quimper. Le siège de la poche de Lorient dura jusqu’à la victoire du 8 mai 1945. L’hiver 44/45 fut très rude pour des hommes qui n’avaient pour s’abriter que des abris précaires.

Alain apprit la capitulation de la garnison allemande alors qu’il était en ligne à ce moment-là. En juillet il est admis à l’école de Saint-Maixent et y reste un an. On lui proposa alors de continuer à servir dans l’armée française et d’y faire une belle carrière. Il refusa la proposition car en fait ce qu’ils lui promettaient c’était … « une croix de bois en Indochine » ! Alain a été fidèle à l’ANACR jusqu’au bout. Nous déplorons le décès d’un homme honnête, sincère, tolérant et profondément laïc.

Hommage d’Edgar de Bortoli (publié sur le site de l’ANACR 29)

 

Aline De BORTOLI

DE BORTOLI Aline, née MORIN , le 15 juillet 1908 à Bréhand (22) , épouse de Charles DE BORTOLI

Aline commence par aider son mari dans la solidarité à l’Espagne Républicaine. Elle entre au P.C.F. en octobre 1939…. alors qu’il vient d’être interdit par le gouvernement Daladier . Sous l’occupation allemande, dès juillet 40, elle commence sa propagande par une distribution de tracts résistants du P.C.F. dénonçant la trahison du gouvernement PETAIN et la collusion du vieux maréchal avec l’occupant allemand et ses chefs nazis. Avec son mari , elle s’occupe de l’hébergement de militants dont Robert BALLANGER, l’interrégional du PCF pour la Bretagne ou encore Alain LE LAY , « régional » pour quelques mois pour le Finistère.

Charles DE BORTOLI est arrêté le 28 avril 1942. Aline doit chercher du travail et en trouve… à l’arsenal, près de la prison allemande de Pontaniou où son mari est détenu.

Là , elle effectue des sabotages de camions allemands, par coupures de pneus notamment. Elle tente de faire évader son époux et manquera de peu d’y parvenir. Charles restera emprisonné à Pontaniou du 15 mai au 1er juillet 1942.

Charles est exécuté le 28 août 1942. Aline prend alors la responsabilité du «  Comité des Femmes Patriotes de Brest », organisation clandestine, alors composée exclusivement de femmes communistes qui en avaient pris l’initiative. Elle assure aussi, dans cette période d’importantes liaisons P.C.F.-F.T.P.. Elle poursuivra ses activités militantes à Brest jusqu’au 9 février 1943. Afin de ne pas être arrêtée , elle se réfugie dans son village d’origine où elle entre aussitôt en contact avec les F.T.P. . Elle effectue alors des liaisons entre les maquis de Bréhal et de Moncontour et sera chargée, entre autres, de leur ravitaillement, et ce, tout en assumant la diffusion du matériel de propagande ( journaux et tracts du P.C.F, du F.N, et des F.T.P.F… Elle finit la guerre avec le grade d’adjudant F.T.P.F. Après la guerre elle se retire à LESCONIL avec sa famille.

In « 1640 militants du Finistère » de Eugène KERBAUL , transmis par Jean KERVISION
Note : Leur fils Edgar contribuera , pour une large part, notamment aux côtés de Raymond CARIOU , à organiser chaque année les cérémonies à la mémoire de toutes les victimes de guerre de Plobannalec- Lesconil
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Carlo De BORTOLI

DE BORTOLI Carlo, Antonio

Né le 30 avril 1909 à San Quirino (Italie), fusillé le 22 août 1942 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; artisan mosaïste ; militant communiste ; résistant membre de l’Organisation spéciale (OS) et des FTPF.

Photo de la tribune du congrès de l’Union Populaire Italienne en France qui s’est déroulé à Versailles le 12 mars 1939. De Bortoli est au centre. Au mur un portrait, très certainement celui du secrétaire Romano Cocchi.
Communiqué par son fils, Edgard De Bortoli.

Né le 30 avril 1909 à San Quirino (Italie), Carlo De Bartoli arriva à Paris en mai 1925 avec son père et ses deux frères, pour fuir la misère et les violences fascistes. Cette année-là, il rencontra Aline, à Paris, venue elle aussi de sa Bretagne natale pour vivre une vie meilleure que celle de ses parents, agriculteurs sans terres. Ils se marièrent à la mairie du VIIIe arrondissement et eurent deux enfants : Sonia le 8 décembre 1934 à Saint-Brieuc, et Edgard le 7 juillet 1938 à Brest.
Ouvrier du bâtiment, il fut petit artisan dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor). Il vint à Brest en 1936, et adhéra aussitôt au Parti communiste, dont il devint un militant très actif. Il milita aussi beaucoup à l’Union Populaire Italienne qui regroupait en Bretagne nombre de militants antifascistes italiens et pour laquelle il organisa de nombreuses réunions dans le Finistère et les Côtes-du-Nord. Il participa très étroitement à la solidarité avec l’Espagne républicaine.
En 1939, il fit voter par les Italiens antifascistes de la région brestoise une motion où ils s’engageaient à défendre la France contre toute attaque fasciste, y compris de l’Italie mussolinienne. Quelques mois plus tard, fidèle à son attitude, il voulut s’engager dans l’armée française, mais il fut refusé car il était sans doute suspect aux yeux des autorités de la «drôle de guerre» ; de même on lui refusa la naturalisation française.
Fin 1939, il participa à la reconstruction dans la clandestinité du Parti communiste que le gouvernement Daladier venait d’interdire. Au début 1941, il se vit confier, par la direction du Parti communiste de Brest, l’organisation du Parti communiste dans le secteur du bâtiment. Ce secteur était en pleine expansion du fait de l’ampleur des travaux ordonnés par la Wehrmacht, la Kriegsmarine, et la Luftwaffe. Une main-d’œuvre à la recherche de travail affluait alors vers ces chantiers même si ce n’était pas de gaieté de cœur, car il n’y avait pas d’autres emplois dans la région brestoise. Charles De Bortoli organisa plusieurs groupes du Parti communiste parmi les gars du bâtiment. Puis il organisa un groupe de l’Organisation spéciale (OS) du Parti communiste, qui effectua des sabotages sur les chantiers, avec l’appui d’autres communistes. En mars 1941, il aurait participé à l’immersion en rade de Brest des corps de trois (ou cinq) soldats allemands abattus par un autre groupe de l’OS du PCF. En même temps, il menait une grande activité de propagande résistante communiste, en diffusant des tracts et journaux du PCF et du FN.
Carlo De Bortoli était domicilié à Brest (Finistère) au moment de son arrestation. Il travaillait alors à l’École navale de Brest. Ancien artisan, il était responsable de l’organisation armée au sein des travailleurs du bâtiment.
Entré dans la Résistance, il fut immatriculé aux FTP à partir d’avril 1942. Il fut arrêté le 28 avril 1942 à Brest par la police française et des inspecteurs allemands, en compagnie de Charles Cadiou, Yves Prigent et Mathurin Le Goff, tous de Brest, lors d’un transport de matériel d’imprimerie, vers 20 h 30. Condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Brest le 15 mai 1942 pour propagande anti-allemande, sabotages dans une base navale, et actes de franc-tireur, il fut interné à Brest du 28 avril au 24 juin, puis Rennes, du 25 juin au 24 juillet, et enfin à Fresnes du 27 juin au 22 août 1942, date à laquelle il a été fusillé (place Balard à Paris). Son corps fut jeté le jour même dans une fosse commune du cimetière parisien d’Ivry où 828 dépouilles de suppliciés furent découvertes à la Libération.
Sa femme, Aline, retirée à Lesconil pour sa retraite, mourut à quatre-vingt-seize ans en 2004. Responsable du Comité des femmes patriotes de Brest, recherchée par la Gestapo, elle dut fuir les bombardements sur Brest en février 1943 et se réfugia à Bréhand, dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor), jusqu’à la Libération. Elle y poursuivit ses activités de résistance en tant qu’agent de liaison entre les maquis tout en diffusant tracts et journaux, hébergeant des résistants, récoltant matériel et nourriture pour les combattants. Elle fut par la suite vice-présidente de l’Association des anciens combattants de la Résistance (ANACR) du Finistère et responsable départementale de l’association des familles de fusillés et de massacrés de la résistance. Elle était « combattant volontaire de la Résistance ».
L’acte officiel de décès de Carlo de Bortoli fut prononcé par le ministère des Anciens Combattants et Victimes de guerre, le 19 décembre 1945, no 11.390. Homologué adjudant à titre posthume, médaillé de la Résistance, il fut cité à l’ordre du jour no 40 de la division comportant l’attribution de la Croix de guerre.

SOURCES : DMPA, BMC, dossier. – Le journal de la Résistance, 2004. – Fichier des fusillés, FNDIRP du Finistère Nord à Brest. – Eugène Kerbaul, 1918-1945, 1 640 militants du Finistère, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1988. – Eugène Kerbaul, Chronique d’une section communiste de province, Brest, janvier 1935-janvier 1943, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1992.

Jean-Pierre Besse, Gilles Pichavant

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