Marie-Jeanne BODÉRÉ

Bodéré Marie-Jeanne, née Autret, à Pont-L’Abbé le 12-4-1913.
Brodeuse.

Elle participe aux activités résistante de son mari, Guillaume, au P.C.F. clandestin.
Elle aura la charge d’un dépôt d’armes constitué chez eux (armes mouillées aux Glénan et ramenées par son mari).
Arrêtée à son domicile de Treffiagat le 30-9-1942, elle restera détenue 18 mois à la prison de Mesgloaguen à Quimper avant d’être transférée dans un hôpital.

Marcel LEROUX

Marcel Leroux né le 22/01/1924 à Pont L’Abbé, membre des FFI

Documents transmis par son fils Marcel Leroux

Je vous mets donc copie des photos que j’ai trouvées chez mes parents.
De ce que mon père m’a dit ces photos ont été prises sur le « FRONT de LORIENT » donc probablement en juillet 44 c’est à dire avant qu’il suive « son chef « et s’engage « jusqu’à la fin de la guerre ».

Il a alors rejoint le front en Allemagne équipé et nourri par l’armée Américaine, mais probablement en tant que Français car à la maison il y avait aussi un écusson de l’armée Rhin & Danube du Général DELATTRE.
J’ai sa carte FFI (il est sur l’arrière du véhicule chenillé avec un brassard FFI) et au-dessus de leur petite pièce d’artillerie (?)

Visiblement, cette pièce était tractée par le chenillard ?

J’ai toujours entendu que BB voulait dire Bataillon Bigouden mais je ne me rappelle plus la signification du E ? Sur l’arme est aussi peint la devise de Pont l’abbé HEB KEN.

Mon père a dû rejoindre le maquis de LESTREMEC (dont plus de détail m’intéresserai) fin 43 entre autres motivé par les rafles pour le STO.
Mon père est né en 1924, avait donc une vingtaine d’année et faisait donc partie de « la troupe » des sans grade, sans uniforme et sans expérience militaire.
Il a dû rejoindre le maquis pour différentes raisons son âge, ses copains d’école (EPS), ses profs, et aussi par circonstance (STO) mais aussi issu d’une famille rouge, par conviction.
Il a participé à l’action de la baie d’Audierne ou 104 Allemand ont été fait prisonniers et emmené au patronage Laïque de Pont l’Abbé.
Un de ses amis monsieur LE COSSEC (?), qui était plâtrier à Pont- l’Abbé après la guerre avait été blessé par balle durant cette intervention.
Je l’ai entendu parler des FTP, je me rappelle avoir vu Louis LE CORRE, monsieur Yves BERNARD qui a été Déporté et est rentré de déportation avec des séquelles physiques graves.
J’ai connu les LE DREN FTP et du combat de la route de Quimper quand les Allemands quittaient Pont -l’abbé pour Brest semble-t-il ?
Ou le plus jeune des frères Rico LE DREN arrosait le convoi immobilisé au fusil mitrailleur après qu’un tireur Polonais ou Ukrainien (un des deux qui avaient déserté la Wehrmacht) ait abattu le chauffeur du premier camion.
Je l’ai aussi entendu parler du « Capitaine BERNARD » qui était peut-être le chef à LESTEMEC (?) Mais très probablement une référence morale qui l’a marqué.
Il y avait semble-t-il, Lannig LE DILOSQUER, louis DAOULAS (prof technique à Quimper après), monsieur LOUSSOUARN qui a tenu un magasin de chaussure dans la grande rue après.
J’ai aussi entendu des histoires sur monsieur Daniel TRELLU (lieutenant-colonel sans doute auto proclamé) dont le nom au maquis était CHEVALIER.
Et qui avant-guerre habitait devant chez mes grands-parents rue LAMARTINE à pont l’abbé ou ma mère travaillait à partir de 13 ans comme remailleuse pour la famille SIGNOR (Le député après-guerre)
Enfant, j’ai vu deux ou trois fois monsieur TRELLU avec mon père, notamment chez lui à TREGUNC je crois (?).
Je suivais régulièrement mon père aux commémorations de POULGWEN et de LA TORCHE (où il avait participé au déterrage (?) des sacrifiés et torturés dont le récit détaillé ma fortement marqué et hanté pendant des années.)

Frédéric PERROT

La République célèbre Frédéric PERROT

Toutefois lorsque les actes de Résistance ont été réalisés dans des camps en Allemagne, il n’est pas toujours aisé de prouver que l’on a choisi la bonne voie (celle de la Résistance). Pour y parvenir des témoignages circonstanciés peuvent suffire. C’est dans ce cadre-là que s’inscrit la lettre d’Hervé PENNEC (voir document ci-après). Cet instituteur de Concarneau a en effet été Prisonnier de Guerre dans le Kommando de Markranstädt et il témoigne, en 1949, dans la lettre ci-jointe que l’un de ses camarades, Frédéric PERROT, a agi en véritable Résistant. Celui-ci a ainsi soutenu le moral de ses camarades, en intercédant, grâce à une bonne maîtrise de la langue de Goethe, auprès des Allemands, au péril de sa vie, pour améliorer leurs conditions de vie et de travail..

Jean FAOU

A l’instar de Louis Bargain, de Jules Le Calvez et d’autres camarades, Jean Faou a été l’un des premiers déportés de Pont-l’Abbé. Ex-présidente de l’UBC (union bretonne des combattants), sa femme, Blanche Faou, se souvient : « Victime d’une rafle à son domicile, il a été arrêté par les gendarmes de Pont-l’Abbé le 16 octobre 1942. Il avait 24 ans ». Membre des jeunesses communistes, Jean Faou a été condamné par le tribunal spécial de Rennes à un an et un jour de détention pour actes de sabotage. « Il avait fait sauter, entre autre, le pont Pen-Enez, il distribuait aussi des tracts… » Après avoir effectué toute sa détention dans plusieurs prisons de France le jeune homme fut déporté au camp de Buchenwald. « Il est rentré avec d’autres camarades le 14 mai 1945, explique Blanche Faou, et nous nous sommes mariés tout de suite après la guerre, en août 1945… Il a eu du courage ! » De ses souvenirs des camps, Jean n’aimait pas parler. « Il restait stoïque, fier des actes de résistance qu’il avait faits et, malgré tout, prêt à recommencer s’il l’avait fallu » assure Blanche Faou. « Mais même mon fils (qui avait quinze ans à la mort de son père) n’a, à l’époque, pas su grand chose sur sa terrible expérience de détention »

(extrait d’un article du journal Le Télégramme du 28 avril 1997)

Jeanne PERON LE BERRE

PÉRON Jeanne (LE BERRE), 9 août 1922 à Pont L’Abbé, institutrice à Plonéour en 1942-1943, à Pont L’Abbé en 1944, nom de clandestinité Audierne.

FN depuis le 1er juillet 1942. agente de liaison entre les groupes de résistance de la région bigoudène, de la région du Cap Sizun et Audierne. Organise un service de renseignements.

 

Simone LE LOCH HÉNAFF

LE LOCH Simone (HÉNAFF), 21 avril 1918 à Pont L’Abbé, commis de mairie à Pont L’abbé.

Libération-Nord depuis décembre 1942.
Fournit des fausses cartes d’identité, cartes de travail, cartes d’alimentation. Effectue des copies de documents et rapports concernant la défense du pays.

Marie-Louise LE CORRE MEHU

LE CORRE Marie-Louise (MEHU), 4 janvier 1888 à Tréguennec, sans profession à Plomeur.

Dossier lacunaire. CND-Castille depuis août 1943 comme agente occasionnelle. Présidente par interim des prisonniers de guerre. Correspondante communale de l’entraide aux prisonniers de guerre et aux réfugiés.

Félicie LE BEUX

LE BEUX Félicie, 31 juillet 1923 à Roudouallec (56), serveuse domiciliée à Saint-Guénolé.

Dossier lacunaire. FN à partir du 1er janvier 1944. Arrêtée le 10 février 1944 alors qu’elle distribue des tracts anti-allemands, internée à Fresnes puis déportée en Allemagne. Revenue.

Marie GUILLEMOT LAVALOU

GUILLEMOT Marie (LAVALOU), 13 mars 1902 à Lanmeur, pharmacienne à Guilvinec.

Dossier très lacunaire. Réseau Johnny de mars 1941 au 15 avril 1942. Soutient le réseau Cohors-Asturies. Confectionne des calots et brassards. Aide des aviateurs américains.

Marie-Anne DUMORLAIX-TANNIOU

DUMORLAIX Marie-Anne (TANNIOU), 6 avril 1888 à Guilvinec, ouvrière d’usine à Guilvinec.

Entre au FN en 1941. Effectue des liaisons. Héberge des résistants recherchés, met sa maison à la disposition des chefs du FN. Entrepose des armes en provenance d’Angleterre destinées au maquis. Participe à l’organisation de collectes et autres souscriptions en faveur des internés, déportés et fusillés et leurs familles

Camille DIEUCHO-GUYADER

DIEUCHO Camille (GUYADER), 16 février 1911 à Pont L’Abbé, employée des PTT à Loctudy.

Libération-Nord depuis août 1942. Seconde son mari très handicapé physiquement, organisateur du mouvement à Loctudy.
Diffuse des tracts et journaux, délivre de fausses cartes d’identité en grand nombre, effectue des liaisons, héberge des résistants.
Participe aux préparatifs de l’attaque de la prison de Mesgloaguen à Quimper en transportant une partie des armes qui doivent servir à l’opération et au départ pour l’Angleterre de la pinasse Jouet des flots.
En accord avec le receveur des PTT, surveille le courrier suspect adressé aux autorités allemandes et facilite les communications téléphoniques entre les responsables de la Résistance de la région bigoudène.

Yvonne COUPA

COUPA Yvonne, née le10 novembre 1913 à Toulon (83), sans profession à Loctudy.

Met sa maison à disposition du mouvement Libération-Nord en mars 1944. Héberge des résistants, conserve des armes, le ravitaillement destiné au maquis, reçoit et transmet des renseignements en l’absence de son frère chef du mouvement.

(active en Résistance avec sa sœur Louise)

Louise COUPA

COUPA Louise, 5 juin 1921 à Toulon (83), domiciliée à Loctudy, pseudo Lili.

Bordeaux-Loupiac depuis octobre 1943 comme chargée de mission P2. Arrêtée le 10 mai 1944, internée à Rennes puis déportée le 2 août à Ravensbrück.
Décédée à Wittstock le 9 mai 1945.

(résistante active avec sa sœur Yvonne à Loctudy)

Article paru dans Ouest France du 13 mars 2021

Précision : la phrase maladroite et ambigüe sur la mort de Louise Coupa nécessite une mise au point car elle laisse entendre une responsabilité des russes alors que chacun sait que c’est l’armée soviétique qui a libéré la plupart des camps de concentration.
Louise Coupa était à Bergen-Belsen.

COUPA Louise née le 5 juin 1921 à Toulon (83). Domiciliée à Loctudy (29) au moment de son arrestation. Arrêtée le 10 mai 1944, au domicile d’Anne MACÉ, avenue du Mail à Rennes, suite à l’arrestation de Maurice PRESTAUT, elle est déportée de Rennes le 2 août 1944 vers Belfort, puis transférée le 1er  septembre 1944 vers le KL Ravensbrück. (matricule 62815). Autres lieux de déportation : Sachsenhausen et Bergen-Belsen.

Voici ce que dit Anne Macé dans un témoignage :

Cela n’a évidemment rien à voir avec ce que sous-entend l’article de Ouest France au niveau des responsabilités..

Louise Coupa, malade et très faible, avait été admise à l’hôpital de Wittstock, dans le secteur libéré par les soviétiques.
Elle y est décédée le 9 mai 1945.

État civil de Loctudy :

 

 

 

 

En 2022 un lieu de la commune de Loctudy, à Langoz, a été nommé « Square Louise Coupa »

Corentin CARIOU 1922

né le 21 décembre 1922 à Loctudy.

Il est déporté de Compiègne le 14 décembre 1953. KL Buchenwald le 16 décembre 1943, matricule 38313. Puis Dora.
Il décède le 25 janvier 1944.

Une rue de Loctudy, de son quartier du Suler, porte son nom.

Source : Livre des 9000 déportés à Mittelbau Dora par Laurent Thiery

Raymonde FOLGOAS

Raymonde Folgoas-Guillou, 1925-1996.

Résistante dès l’âge de 15 ans. Recrutée dès janvier 1941 par Jean Bernard, de Pont L’Abbé, elle coopère avec les responsables FTP Jean Guyomarch et Jean Thépaut. Militant au plan inter-région, elle partage ses activités entre le Finistère – et d’abord la région du Huelgoat avec Pierre Gac, Annick Dizes, Marcel Nicolas et Yves Cotton – et Paris où elle échappe de peu, en 1944, à la Gestapo.

Elle fait aussi échouer une attaque allemande contre le maquis « docteur Jacq » et, par ailleurs, assure des missions dans le département avec Marcel Lozach, un des responsables des parachutages FTP, avec Albert Yvinec (« Callac ») et Francis Derrien, du Relecq en Plouneour-Menez.
A Tréguennec, elle prend part à la visite d’un bateau allemand et, par la suite, participe à la libération du Huelgoat et aux combats de la presqu’ile de Crozon avec la compagnie « Barbusse ».

(lu dans « Le Finistère dans la guerre » par Georges-Michel Thomas et Alain Le Grand)

Une rue de Pont L’Abbé porte son nom :

https://www.letelegramme.fr/local/finistere-sud/ouest-cornouaille/pontlabbe/resistance-hommage-a-raymonde-folgoas-guillou-28-05-2009-399374.php

Raymonde Folgoas-Guillou (1925-1996). C’est une célèbre résistante. Il s’agit de la seule femme honorée à être née à Pont-l’Abbé. Elle entre dans la Résistance en janvier 1941 alors qu’elle un peu plus de 15 ans. En octobre 1942, rescapée de la vague d’arrestations qui avait décimé la Résistance, elle est envoyée à Paris où elle poursuit son action clandestine. En juin 1944, elle prend part à la Libération dans diverses actions et dans les opérations de récupération d’armes ennemies. Elle se distingue sur le front de la presqu’île de Crozon, participant aux combats, faisant le coup de feu, capturant des militaires allemands. Elle pénètre avec son unité dans les bases allemandes de Poulmic, Lanvéoc, Le Fret et l’Ile Longue, en coopération avec les forces américaines.

Simone GRANIER de LILLIAC (BENOIT)

GRANIER DE LILLIAC Simone (BENOIT), 9 octobre 1898 à Quimper, agent d’assurance à Quimper, Tante Simone ou Monique.

Entre au réseau Johnny en janvier 1941 comme agente de liaison, chiffre et déchiffre les télégrammes pour Londres. Reçoit chez elle les chefs, les radios et les volontaires pour l’Angleterre. Arrêtée le 20 mars 1942, internée à Paris, déportée le 27 avril 1943 à Ravensbrück. Revenue. Son mari est mort en déportation. Citée à l’ordre de la division.

Denise FIRMIN

Denise Firmin, née Larnicol, 1922-2019

Voici des extraits de l’hommage qui lui a été rendu par son petit-fils Frédéric, lors de ses obsèques à Lesconil le 19 janvier 2019

Hommage à Denise Larnicol

Elle était parmi les personnes les plus âgées de notre village. Elle était de ces grandes familles de Lesconil qui ont pour la plupart disparu. Denise, nous le savons tous, était une militante au sens le plus noble ; mais c’était aussi, par sa vie, un témoin privilégié du XXème siècle qui, s’il lui apporta tristesse et chagrin, sut lui donner aussi beaucoup de joie.

Morte à l’aube de ses 97 ans, Denise, par la longueur considérable de son existence, fut un témoin exceptionnel des grands bouleversements et plus particulièrement des moments les plus sombres que connurent la France et le monde au cours du XXème siècle.

Née le 5 février 1922 au pied de la butte de Ménez-Veil, elle était la fille de Louis Larnicol et de Victorine le Fur, tous deux issus de familles anciennement installées à Lesconil.

Louis, propriétaire d’un petit bateau dont le nom – « Égalité » – exprimait avec pertinence et simplicité les idées progressistes qu’il avait adoptées, était l’un des enfants du célèbre meunier conteur dont les récits inspirèrent et nourrirent les recueils de Marcel Divanach qui, originaire du quartier, avait eu le bonheur d’assister aux veillées qu’il animait dans sa chaumière. Victorine, quant elle, originaire de Kerandraon, haut de la grand’rue actuelle, était la fille d’un marin, Jean le Fur (Yann ar Fur) et de Anna Draoulec que tout le monde désignait par la forme bretonne de son prénom « Nagen Draoulec ».

Quelques années après sa naissance, Denise changea de quartier pour s’installer à proximité du Temple avant que ses parents ne décident d’entreprendre, non loin de là, au fond d’un chemin que l’on allait baptiser plus tard « rue du Temple », l’édification d’une maison qu’elle ne quittera plus.

A l’école, dès le début, Denise se passionna pour le savoir et, naturellement, se fit remarquer par l’excellence des résultats qu’elle obtenait dans toutes les disciplines comme en témoigneront toujours ses anciennes camarades de classe. Cela fut toujours l’objet pour ses parents d’une indéniable fierté. Ayant obtenu brillamment son certificat d’étude, sésame des enfants du peuple de cette Troisième république de la méritocratie, elle choisit pourtant, contre les conseils de son père, disposé à financer ses études secondaires, de travailler à l’usine pour demeurer dans la compagnie de ses amies. Elle se rendra cependant très rapidement compte de l’erreur commise et nous fera part, jusqu’à la fin de ses jours, des regrets de ne pas avoir suivi les sages conseils paternels.

Mais vinrent les heures sombres. La déclaration de guerre avec l’Allemagne d’Adolphe Hitler, en septembre 1939, allait constituer le commencement de la période la plus dramatique de sa vie. C’est devant le mur du Temple, en présence de ses parents et des habitants du quartier, qu’elle assista à l’entrée triomphale des troupes de la Wehrmacht à Lesconil, dans une atmosphère, comme elle le dira toujours, chargée d’un silence inquiétant. Cette angoisse était, à l’évidence, prémonitoire, car, les quatre années qui suivirent furent pour sa famille proche, comme pour bon nombre de Lesconilois, le temps de ce que l’on pourrait qualifier bibliquement d’une véritable Apocalypse.

Membres très actifs du Parti communiste et patriotes authentiques, son père et ses cousins de la famille Larnicol entrèrent immédiatement en résistance, refusant la politique de collaboration du maréchal Pétain et toute forme d’attentisme.

Les combles de l’antique chaumière des Larnicol au Ménez-Veil furent aussitôt choisis pour abriter les premières armes, les tracts et les journaux clandestins, au péril de la vie de ses oncles et tantes tandis que son cousin, Alain le Lay, révoqué de l’Éducation nationale pour ses opinions politiques, ne cessait de parcourir la Bretagne afin d’organiser et de structurer un vaste mouvement de résistance. Mais les missions dont il était chargé s’arrêtèrent brutalement en 1941 lorsqu’il fut arrêté dans le train, le 12 novembre, par des gendarmes français, abominables sicaires de Pétain et de sa clique de traîtres. Livré aux Allemands et déporté à Auschwitz, il y mourut le 4 octobre 1942 à Birkenau. Louis Larnicol, autre cousin, également chassé de l’Éducation nationale, fut, quant à lui, fusillé à l’école Saint-Gabriel de Pont-l’Abbé, le 12 juin 1944, après avoirs subi d’horribles sévices dont les traces physiques poussèrent sans doute les Allemands à faire disparaître son corps qui ne fut jamais retrouvé. Pierre Quéméner, un autre cousin, fut fusillé, avec d’autres camarades, dans les dunes de la Torche. Fille unique, Denise se retrouvait donc, lorsque la paix revint, privée d’une partie des parents de son âge et de ses amis les plus proches.

Il convenait de faire le deuil et de passer à autre chose. La vie continuait. Denise épousa René Firmin de Larvor et donna naissance à Louis-René et, un an plus tard, à Marie-Pierre. Il fallut agrandir la maison de Victorine pour y loger confortablement la petite famille. Les années passèrent ; chacun suivit son destin : René Firmin allait en mer et Denise travaillait chaque été dans les cuisines du centre de loisir de la SNCF. Cette activité lui plaisait car, lorsqu’elle fut en retraite, elle en parlait souvent, toujours avec émotion (…).

Une humaniste communiste militante

D’un bout à l’autre de sa longue vie, Denise ne cessa d’être une militante. Jamais elle ne s’arrêta de combattre activement aux côtés de sa famille idéologique, le Parti communiste.

Dès la fondation de ce mouvement, lors du congrès de Tours en décembre 1920, son père avait officiellement adhéré à ce courant révolutionnaire qui, dans le sillage tracé par la révolution d’octobre 1917, voulait mettre un terme à l’odieux système capitaliste fondé sur l’exploitation des travailleurs et des petits. Membre actif et incontournable du syndicat des marins, Louis Larnicol éleva donc sa fille dans une ambiance imprégnée de militantisme. C’est à cette époque qu’elle se familiarisa, comme tant d’autres enfants de Lesconil, avec les luttes sociales parfois intenses dont les ports bigoudens étaient le théâtre.

Devenue adulte et jusqu’à ce que ses forces le lui permirent, Denise fut de la plupart des manifestations que l’on organisait lorsqu’un acquis social obtenu durement par les anciens, comme l’on disait, était menacé. Ainsi, dans les années 1980, elle défila dans les rues de Pont-l’Abbé pour le maintient de l’usine Saupiquet et s’activa vigoureusement pour empêcher la fermeture de l’usine Raphalen de Plonéour-Lanvern et de la conserverie COOP du Guilvinec. A chaque fois qu’un membre du Comité central de la place du Colonel Fabien organisait une réunion dans la région, elle figurait au nombre des participants, généralement en compagnie de sa complice et fidèle cousine Anita Charlot. Je me souviens par exemple l’avoir accompagné à un meeting organisé à Brest, lors de la campagne présidentielle, en vue de soutenir la candidature d’André Lajoinie. Je pus mesurer, et j’en fus impressionné, à quel point l’esprit militant qui l’imprégnait, elle et ses camarades (Anita, Lita Quéméner, Marthe Brenn…), était puissant et quasiment religieux.

Pleinement dévouée aux idéaux d’égalité et de fraternité, c’est naturellement qu’elle s’investit très rapidement dans les causes relatives au pacifisme et, plus récemment, à l’écologie. Il s’agit d’ailleurs, sans nul doute, de la raison qui la poussa à prendre part à un rassemblement organisé en faveur de la disparition des armes nucléaires. Elle fut d’ailleurs enchantée d’y avoir rencontré le sulfureux monseigneur Gaillot dont elle me montrait régulièrement, non sans fierté, les photos qu’elle avait prises de lui.

Finalement, chers amis, une image suffit à résumer l’humaniste et la militante qu’elle fut : celle de Denise juchée sur sa bicyclette bleue à sacoches parcourant notre cher village de Lesconil et ses environs pour remettre aux camarades et aux sympathisants le journal qu’ils attendaient, Leur Journal, celui fondé par le Grand Jaurès : l’Humanité.

En somme, le communisme de Denise fut comme celui de la grande majorité des Français qui croyaient à l’avènement d’un monde meilleur, comme celui mis en poème par Aragon ou celui chanté par Jean Ferrat : un humanisme imprégné d’un profond patriotisme.

Corentin QUIDEAU

Corentin Quideau, résistant FTPF originaire de Plobannalec, cousin de Laurent Hénot (père d’Albert Hénot).

Au moment du débarquement, dans l’Oise, avec une cinquantaine de FTP, dont son fils Elie, ils ont fait dérailler un train transportant des chars allemands vers la Normandie. Cela faisait partie des actions communes avec les FFI. Ils ont été repérés par les Allemands et lors de l’accrochage un officier allemand a été blessé. Des renforts allemands sont arrivés, beaucoup de résistants ont été arrêtés. Corentin a été fusillé le lendemain. Et le jour même son fils Elie a été tué au combat.

Article dans le Travailleur Bigouden n°50 de septembre 1975 :

QuideauCorentin

Roger GUILLAMET

Les deux frères Guillamet sont, avant-guerre, engagés dans les forces navales sous-marines.

En 1940 Roger rejoint les Forces Navales de la France Libre, ce que ne fait pas Isidore qui est ainsi emprisonné en Angleterre.
En 1944, Isidore va s’engager dans la 2eme division blindée du général Leclerc.

Roger a été fait Compagnon de la Libération.

Lire à leur sujet l’article qui leur est consacré dans la brochure de Joseph Coic « L’Occupation, numéro 1 »