Jean FAOU

A l’instar de Louis Bargain, de Jules Le Calvez et d’autres camarades, Jean Faou a été l’un des premiers déportés de Pont-l’Abbé. Ex-présidente de l’UBC (union bretonne des combattants), sa femme, Blanche Faou, se souvient : « Victime d’une rafle à son domicile, il a été arrêté par les gendarmes de Pont-l’Abbé le 16 octobre 1942. Il avait 24 ans ». Membre des jeunesses communistes, Jean Faou a été condamné par le tribunal spécial de Rennes à un an et un jour de détention pour actes de sabotage. « Il avait fait sauter, entre autre, le pont Pen-Enez, il distribuait aussi des tracts… » Après avoir effectué toute sa détention dans plusieurs prisons de France le jeune homme fut déporté au camp de Buchenwald. « Il est rentré avec d’autres camarades le 14 mai 1945, explique Blanche Faou, et nous nous sommes mariés tout de suite après la guerre, en août 1945… Il a eu du courage ! » De ses souvenirs des camps, Jean n’aimait pas parler. « Il restait stoïque, fier des actes de résistance qu’il avait faits et, malgré tout, prêt à recommencer s’il l’avait fallu » assure Blanche Faou. « Mais même mon fils (qui avait quinze ans à la mort de son père) n’a, à l’époque, pas su grand chose sur sa terrible expérience de détention »

(extrait d’un article du journal Le Télégramme du 28 avril 1997)

Jeanne PERON LE BERRE

PÉRON Jeanne (LE BERRE), 9 août 1922 à Pont L’Abbé, institutrice à Plonéour en 1942-1943, à Pont L’Abbé en 1944, nom de clandestinité Audierne.

FN depuis le 1er juillet 1942. agente de liaison entre les groupes de résistance de la région bigoudène, de la région du Cap Sizun et Audierne. Organise un service de renseignements.

 

Simone LE LOCH HÉNAFF

LE LOCH Simone (HÉNAFF), 21 avril 1918 à Pont L’Abbé, commis de mairie à Pont L’abbé.

Libération-Nord depuis décembre 1942.
Fournit des fausses cartes d’identité, cartes de travail, cartes d’alimentation. Effectue des copies de documents et rapports concernant la défense du pays.

Marie-Louise LE CORRE MEHU

LE CORRE Marie-Louise (MEHU), 4 janvier 1888 à Tréguennec, sans profession à Plomeur.

Dossier lacunaire. CND-Castille depuis août 1943 comme agente occasionnelle. Présidente par interim des prisonniers de guerre. Correspondante communale de l’entraide aux prisonniers de guerre et aux réfugiés.

Félicie LE BEUX

LE BEUX Félicie, 31 juillet 1923 à Roudouallec (56), serveuse domiciliée à Saint-Guénolé.

Dossier lacunaire. FN à partir du 1er janvier 1944. Arrêtée le 10 février 1944 alors qu’elle distribue des tracts anti-allemands, internée à Fresnes puis déportée en Allemagne. Revenue.

Marie GUILLEMOT LAVALOU

GUILLEMOT Marie (LAVALOU), 13 mars 1902 à Lanmeur, pharmacienne à Guilvinec.

Dossier très lacunaire. Réseau Johnny de mars 1941 au 15 avril 1942. Soutient le réseau Cohors-Asturies. Confectionne des calots et brassards. Aide des aviateurs américains.

Marie-Anne DUMORLAIX-TANNIOU

DUMORLAIX Marie-Anne (TANNIOU), 6 avril 1888 à Guilvinec, ouvrière d’usine à Guilvinec.

Entre au FN en 1941. Effectue des liaisons. Héberge des résistants recherchés, met sa maison à la disposition des chefs du FN. Entrepose des armes en provenance d’Angleterre destinées au maquis. Participe à l’organisation de collectes et autres souscriptions en faveur des internés, déportés et fusillés et leurs familles

Camille DIEUCHO-GUYADER

DIEUCHO Camille (GUYADER), 16 février 1911 à Pont L’Abbé, employée des PTT à Loctudy.

Libération-Nord depuis août 1942. Seconde son mari très handicapé physiquement, organisateur du mouvement à Loctudy.
Diffuse des tracts et journaux, délivre de fausses cartes d’identité en grand nombre, effectue des liaisons, héberge des résistants.
Participe aux préparatifs de l’attaque de la prison de Mesgloaguen à Quimper en transportant une partie des armes qui doivent servir à l’opération et au départ pour l’Angleterre de la pinasse Jouet des flots.
En accord avec le receveur des PTT, surveille le courrier suspect adressé aux autorités allemandes et facilite les communications téléphoniques entre les responsables de la Résistance de la région bigoudène.

Yvonne COUPA

COUPA Yvonne, née le10 novembre 1913 à Toulon (83), sans profession à Loctudy.

Met sa maison à disposition du mouvement Libération-Nord en mars 1944. Héberge des résistants, conserve des armes, le ravitaillement destiné au maquis, reçoit et transmet des renseignements en l’absence de son frère chef du mouvement.

(active en Résistance avec sa sœur Louise)

Louise COUPA

COUPA Louise, 5 juin 1921 à Toulon (83), domiciliée à Loctudy, pseudo Lili.

Bordeaux-Loupiac depuis octobre 1943 comme chargée de mission P2. Arrêtée le 10 mai 1944, interné à Rennes puis déportée le 2 août à Ravensbrück.
Décédée à Bergen-Belsen le 9 mai 1945.

(résistante active avec sa sœur Yvonne à Loctudy)

Corentin CARIOU 1922

né le 21 décembre 1922 à Loctudy.

Il est déporté de Compiègne le 14 décembre 1953. KL Buchenwald le 16 décembre 1943, matricule 38313. Puis Dora.
Il décède le 25 janvier 1944.

Une rue de Loctudy, de son quartier du Suler, porte son nom.

Raymonde FOLGOAS

Raymonde Folgoas-Guillou, 1925-1996.

Résistante dès l’âge de 15 ans. Recrutée dès janvier 1941 par Jean Bernard, de Pont L’Abbé, elle coopère avec les responsables FTP Jean Guyomarch et Jean Thépaut. Militant au plan inter-région, elle partage ses activités entre le Finistère – et d’abord la région du Huelgoat avec Pierre Gac, Annick Dizes, Marcel Nicolas et Yves Cotton – et Paris où elle échappe de peu, en 1944, à la Gestapo.

Elle fait aussi échouer une attaque allemande contre le maquis « docteur Jacq » et, par ailleurs, assure des missions dans le département avec Marcel Lozach, un des responsables des parachutages FTP, avec Albert Yvinec (« Callac ») et Francis Derrien, du Relecq en Plouneour-Menez.
A Tréguennec, elle prend part à la visite d’un bateau allemand et, par la suite, participe à la libération du Huelgoat et aux combats de la presqu’ile de Crozon avec la compagnie « Barbusse ».

(lu dans « Le Finistère dans la guerre » par Georges-Michel Thomas et Alain Le Grand)

Une rue de Pont L’Abbé porte son nom :

https://www.letelegramme.fr/local/finistere-sud/ouest-cornouaille/pontlabbe/resistance-hommage-a-raymonde-folgoas-guillou-28-05-2009-399374.php

Raymonde Folgoas-Guillou (1925-1996). C’est une célèbre résistante. Il s’agit de la seule femme honorée à être née à Pont-l’Abbé. Elle entre dans la Résistance en janvier 1941 alors qu’elle un peu plus de 15 ans. En octobre 1942, rescapée de la vague d’arrestations qui avait décimé la Résistance, elle est envoyée à Paris où elle poursuit son action clandestine. En juin 1944, elle prend part à la Libération dans diverses actions et dans les opérations de récupération d’armes ennemies. Elle se distingue sur le front de la presqu’île de Crozon, participant aux combats, faisant le coup de feu, capturant des militaires allemands. Elle pénètre avec son unité dans les bases allemandes de Poulmic, Lanvéoc, Le Fret et l’Ile Longue, en coopération avec les forces américaines.

Simone GRANIER de LILLIAC (BENOIT)

GRANIER DE LILLIAC Simone (BENOIT), 9 octobre 1898 à Quimper, agent d’assurance à Quimper, Tante Simone ou Monique.

Entre au réseau Johnny en janvier 1941 comme agente de liaison, chiffre et déchiffre les télégrammes pour Londres. Reçoit chez elle les chefs, les radios et les volontaires pour l’Angleterre. Arrêtée le 20 mars 1942, internée à Paris, déportée le 27 avril 1943 à Ravensbrück. Revenue. Son mari est mort en déportation. Citée à l’ordre de la division.

Denise FIRMIN

Denise Firmin, née Larnicol, 1922-2019

Voici des extraits de l’hommage qui lui a été rendu par son petit-fils Frédéric, lors de ses obsèques à Lesconil le 19 janvier 2019

Hommage à Denise Larnicol

Elle était parmi les personnes les plus âgées de notre village. Elle était de ces grandes familles de Lesconil qui ont pour la plupart disparu. Denise, nous le savons tous, était une militante au sens le plus noble ; mais c’était aussi, par sa vie, un témoin privilégié du XXème siècle qui, s’il lui apporta tristesse et chagrin, sut lui donner aussi beaucoup de joie.

Morte à l’aube de ses 97 ans, Denise, par la longueur considérable de son existence, fut un témoin exceptionnel des grands bouleversements et plus particulièrement des moments les plus sombres que connurent la France et le monde au cours du XXème siècle.

Née le 5 février 1922 au pied de la butte de Ménez-Veil, elle était la fille de Louis Larnicol et de Victorine le Fur, tous deux issus de familles anciennement installées à Lesconil.

Louis, propriétaire d’un petit bateau dont le nom – « Égalité » – exprimait avec pertinence et simplicité les idées progressistes qu’il avait adoptées, était l’un des enfants du célèbre meunier conteur dont les récits inspirèrent et nourrirent les recueils de Marcel Divanach qui, originaire du quartier, avait eu le bonheur d’assister aux veillées qu’il animait dans sa chaumière. Victorine, quant elle, originaire de Kerandraon, haut de la grand’rue actuelle, était la fille d’un marin, Jean le Fur (Yann ar Fur) et de Anna Draoulec que tout le monde désignait par la forme bretonne de son prénom « Nagen Draoulec ».

Quelques années après sa naissance, Denise changea de quartier pour s’installer à proximité du Temple avant que ses parents ne décident d’entreprendre, non loin de là, au fond d’un chemin que l’on allait baptiser plus tard « rue du Temple », l’édification d’une maison qu’elle ne quittera plus.

A l’école, dès le début, Denise se passionna pour le savoir et, naturellement, se fit remarquer par l’excellence des résultats qu’elle obtenait dans toutes les disciplines comme en témoigneront toujours ses anciennes camarades de classe. Cela fut toujours l’objet pour ses parents d’une indéniable fierté. Ayant obtenu brillamment son certificat d’étude, sésame des enfants du peuple de cette Troisième république de la méritocratie, elle choisit pourtant, contre les conseils de son père, disposé à financer ses études secondaires, de travailler à l’usine pour demeurer dans la compagnie de ses amies. Elle se rendra cependant très rapidement compte de l’erreur commise et nous fera part, jusqu’à la fin de ses jours, des regrets de ne pas avoir suivi les sages conseils paternels.

Mais vinrent les heures sombres. La déclaration de guerre avec l’Allemagne d’Adolphe Hitler, en septembre 1939, allait constituer le commencement de la période la plus dramatique de sa vie. C’est devant le mur du Temple, en présence de ses parents et des habitants du quartier, qu’elle assista à l’entrée triomphale des troupes de la Wehrmacht à Lesconil, dans une atmosphère, comme elle le dira toujours, chargée d’un silence inquiétant. Cette angoisse était, à l’évidence, prémonitoire, car, les quatre années qui suivirent furent pour sa famille proche, comme pour bon nombre de Lesconilois, le temps de ce que l’on pourrait qualifier bibliquement d’une véritable Apocalypse.

Membres très actifs du Parti communiste et patriotes authentiques, son père et ses cousins de la famille Larnicol entrèrent immédiatement en résistance, refusant la politique de collaboration du maréchal Pétain et toute forme d’attentisme.

Les combles de l’antique chaumière des Larnicol au Ménez-Veil furent aussitôt choisis pour abriter les premières armes, les tracts et les journaux clandestins, au péril de la vie de ses oncles et tantes tandis que son cousin, Alain le Lay, révoqué de l’Éducation nationale pour ses opinions politiques, ne cessait de parcourir la Bretagne afin d’organiser et de structurer un vaste mouvement de résistance. Mais les missions dont il était chargé s’arrêtèrent brutalement en 1941 lorsqu’il fut arrêté dans le train, le 12 novembre, par des gendarmes français, abominables sicaires de Pétain et de sa clique de traîtres. Livré aux Allemands et déporté à Auschwitz, il y mourut le 4 octobre 1942 à Birkenau. Louis Larnicol, autre cousin, également chassé de l’Éducation nationale, fut, quant à lui, fusillé à l’école Saint-Gabriel de Pont-l’Abbé, le 12 juin 1944, après avoirs subi d’horribles sévices dont les traces physiques poussèrent sans doute les Allemands à faire disparaître son corps qui ne fut jamais retrouvé. Pierre Quéméner, un autre cousin, fut fusillé, avec d’autres camarades, dans les dunes de la Torche. Fille unique, Denise se retrouvait donc, lorsque la paix revint, privée d’une partie des parents de son âge et de ses amis les plus proches.

Il convenait de faire le deuil et de passer à autre chose. La vie continuait. Denise épousa René Firmin de Larvor et donna naissance à Louis-René et, un an plus tard, à Marie-Pierre. Il fallut agrandir la maison de Victorine pour y loger confortablement la petite famille. Les années passèrent ; chacun suivit son destin : René Firmin allait en mer et Denise travaillait chaque été dans les cuisines du centre de loisir de la SNCF. Cette activité lui plaisait car, lorsqu’elle fut en retraite, elle en parlait souvent, toujours avec émotion (…).

Une humaniste communiste militante

D’un bout à l’autre de sa longue vie, Denise ne cessa d’être une militante. Jamais elle ne s’arrêta de combattre activement aux côtés de sa famille idéologique, le Parti communiste.

Dès la fondation de ce mouvement, lors du congrès de Tours en décembre 1920, son père avait officiellement adhéré à ce courant révolutionnaire qui, dans le sillage tracé par la révolution d’octobre 1917, voulait mettre un terme à l’odieux système capitaliste fondé sur l’exploitation des travailleurs et des petits. Membre actif et incontournable du syndicat des marins, Louis Larnicol éleva donc sa fille dans une ambiance imprégnée de militantisme. C’est à cette époque qu’elle se familiarisa, comme tant d’autres enfants de Lesconil, avec les luttes sociales parfois intenses dont les ports bigoudens étaient le théâtre.

Devenue adulte et jusqu’à ce que ses forces le lui permirent, Denise fut de la plupart des manifestations que l’on organisait lorsqu’un acquis social obtenu durement par les anciens, comme l’on disait, était menacé. Ainsi, dans les années 1980, elle défila dans les rues de Pont-l’Abbé pour le maintient de l’usine Saupiquet et s’activa vigoureusement pour empêcher la fermeture de l’usine Raphalen de Plonéour-Lanvern et de la conserverie COOP du Guilvinec. A chaque fois qu’un membre du Comité central de la place du Colonel Fabien organisait une réunion dans la région, elle figurait au nombre des participants, généralement en compagnie de sa complice et fidèle cousine Anita Charlot. Je me souviens par exemple l’avoir accompagné à un meeting organisé à Brest, lors de la campagne présidentielle, en vue de soutenir la candidature d’André Lajoinie. Je pus mesurer, et j’en fus impressionné, à quel point l’esprit militant qui l’imprégnait, elle et ses camarades (Anita, Lita Quéméner, Marthe Brenn…), était puissant et quasiment religieux.

Pleinement dévouée aux idéaux d’égalité et de fraternité, c’est naturellement qu’elle s’investit très rapidement dans les causes relatives au pacifisme et, plus récemment, à l’écologie. Il s’agit d’ailleurs, sans nul doute, de la raison qui la poussa à prendre part à un rassemblement organisé en faveur de la disparition des armes nucléaires. Elle fut d’ailleurs enchantée d’y avoir rencontré le sulfureux monseigneur Gaillot dont elle me montrait régulièrement, non sans fierté, les photos qu’elle avait prises de lui.

Finalement, chers amis, une image suffit à résumer l’humaniste et la militante qu’elle fut : celle de Denise juchée sur sa bicyclette bleue à sacoches parcourant notre cher village de Lesconil et ses environs pour remettre aux camarades et aux sympathisants le journal qu’ils attendaient, Leur Journal, celui fondé par le Grand Jaurès : l’Humanité.

En somme, le communisme de Denise fut comme celui de la grande majorité des Français qui croyaient à l’avènement d’un monde meilleur, comme celui mis en poème par Aragon ou celui chanté par Jean Ferrat : un humanisme imprégné d’un profond patriotisme.

Corentin QUIDEAU

Corentin Quideau, résistant FTPF originaire de Plobannalec, cousin de Laurent Hénot (père d’Albert Hénot).

Au moment du débarquement, dans l’Oise, avec une cinquantaine de FTP, dont son fils Elie, ils ont fait dérailler un train transportant des chars allemands vers la Normandie. Cela faisait partie des actions communes avec les FFI. Ils ont été repérés par les Allemands et lors de l’accrochage un officier allemand a été blessé. Des renforts allemands sont arrivés, beaucoup de résistants ont été arrêtés. Corentin a été fusillé le lendemain. Et le jour même son fils Elie a été tué au combat.

Article dans le Travailleur Bigouden n°50 de septembre 1975 :

QuideauCorentin

Roger GUILLAMET

Les deux frères Guillamet sont, avant-guerre, engagés dans les forces navales sous-marines.

En 1940 Roger rejoint les Forces Navales de la France Libre, ce que ne fait pas Isidore qui est ainsi emprisonné en Angleterre.
En 1944, Isidore va s’engager dans la 2eme division blindée du général Leclerc.

Roger a été fait Compagnon de la Libération.

Lire à leur sujet l’article qui leur est consacré dans la brochure de Joseph Coic « L’Occupation, numéro 1 »

Louis KERVEILLANT

La famille Kerveillant, habitant la ferme de Feunteun Ven jouxtant l’Ile Chevalier (Pont L’Abbé), a fourni une aide importante à la résistance locale.

Le père, Isidore Kerveillant, un « homme bon », comme il était décrit, était bien ancré à gauche.

Son fils Louis Kerveillant, né en 1913, et sa femme Anna, née en 1921, vivaient avec lui et exploitaient la petite ferme ensemble.

En 2019, Anna, âgée donc de 98 ans, dotée d’une mémoire et d’une lucidité impressionnante, m’a raconté quelques faits relatifs à cette époque de la guerre 40-45 :

La ferme étant isolée, c’était une bonne cache qui a souvent servi pendant la Résistance. La famille assurait hébergement et nourriture pour tous ceux qui avaient besoin d’un abri.

De nombreux résistants y ont trouvé de quoi se nourrir – « on tuait une bête » – me dit Anna, ceci avec la complicité de quelqu’un qui travaillait à l’abattoir de Pont L’Abbé.

L’hébergement était offert à ceux qui avaient besoin de se cacher – « nous avions peu de place pour les loger car nous étions quatre et il n’y avait que deux pièces. Mais il est arrivé qu’Isidore, le père de Louis, laisse son lit… » –

Un des correspondants était Daniel Trellu, chef FTP du Finistère, Il y avait aussi Bastien Volant et Rigobert Quiniou, instituteurs et résistants communistes bigoudens.

Daniel Trellu organisait aussi des réunions clandestines dans la ferme Kerveillant.

D’autres résistants étaient aussi envoyés à Feunteun Ven par Jean Poulain, un résistant, menuisier à Pont L’Abbé, ainsi que par la famille Cariou avec laquelle ils sont restés amis après la guerre. Marcel Cariou, résistant, était le neveu de Corentin Cariou fusillé le 7 mars 1942, et la femme de Corentin était venue s’installer à Pt L’Abbé, d’où elle était originaire, après l’exécution de son mari.

La famille fréquentait couramment des personnes engagées, et Louis adhéra au parti communiste clandestin pendant la guerre en 1943.

Anna raconte qu’un jour on leur a envoyé un résistant FTP de St Guénolé, Michel Le Lay* pour un bref séjour de 3 jours. Il était activement recherché par les Allemands. En fait il est resté 30 jours, ce qui commençait à être imprudent car des voisins l’avaient vu. Mais il lui était difficile de partir, seul, à pied, car il n’avait aucun papier d’identité.

Anna avait de bonnes relations avec une personne « de gauche » travaillant à la mairie de Pont L’abbé. Elle lui soumit le problème, et c’est ainsi que Michel Le Lay a pu partir avec une carte d’identité faite « sur mesure ».

Anna connaissait également très bien « Corentine d’Albert », c’est-à-dire Corentine Tanniou, chez qui elle était le jour de l’arrivée des Allemands à Pont L’Abbé.

Des Allemands passaient régulièrement pas loin de la ferme car ils étaient logés « au château », la grande bâtisse de l’Île Chevalier, et ils se rendaient tous les jours à Pont L’Abbé à pied. Parfois ils faisaient un petit détour et passaient juste devant l’habitation. Il fallait donc être très prudents.

Anna raconte qu’un jour ceux-ci furent surpris qu’on leur refuse des œufs avec un « y en n’a plus » alors qu’ils voyaient plein de poules… Ils n’insistèrent pas trop car ils savaient qu’une autre ferme voisine les fournissait régulièrement. Il a fallu aussi freiner un peu Annick, la petite fille de 4 ans, qui leur disait « sale bot », ne sachant pas prononcer les « ch ».

Il est arrivé aussi que Louis soit réquisitionné, avec sa charrette, pour transporter des marchandises à des Allemands. Le choix ne lui était pas laissé. Lors d’un retour il eut même des problèmes avec des gendarmes vers Plomeur car « il n’avait pas de lumière à sa charrette… ».

Anna raconte aussi qu’un jour, vers la fin de la guerre, Louis a caché deux russes (ou caucasiens) qui voulaient déserter. Après avoir récupéré leurs armes il les a hébergé avant de les conduire rejoindre les résistants vers le petit maquis voisin de Corroac’h (en Combrit)..

Gaston Balliot, mai 2019

* Michel Le Lay était le père de Lucien Le Lay, mort en déportation, dont le nom a été donné à une rue de Penmarc’h
Michel Le Lay, marin-pêcheur, est décédé en 1957 à l’âge de 59 ans.


HOMMAGE A LOUIS KERVEILLANT

(le discours prononcé par Michel Scuiller lors des obsèques de Louis Kerveillant)

Louis KERVEILLANT est né le 29 janvier 1913 à Feunteun Ven où il a toujours vécu. En tant que domaniers, ses parents, agriculteurs comme lui, cultivaient sans être propriétaires .

En 1916 sa mère décède, il a trois ans.

La guerre de 1914-1918 signifie pour Louis une double séparation puisque son père est mobilisé durant sept années, au cours desquelles il connaîtra La Marne, La Meuse, Verdun

Une cousine s’efforcera de compenser l’absence parentale et y assumera, très jeune, la responsabilité du jeune Louis. Mais, en l’absence des deux parents, l’enfance de ce fils unique a été très difficile . Au retour de son père, Louis recevra une éducation humaniste et républicaine . Il aimait, à cet égard, rappeler les propos de son père : « La Gauche doit s’unir, sinon rien ne sera possible »

Au lendemain du Front populaire, il épouse Anna qui devient sa compagne de toute sa vie.

La période 1939-1945, sera, à Feunteun Ven, le lieu de rencontres et de relations permanentes avec la Résistance locale et régionale.

Cette solidarité naturelle, mais réelle, permettait de donner un peu de nourriture aux Résistants, en plus de l’hébergement. Les Partisans, Daniel Trellu, Bartélémé et beaucoup d’autres, connus ou non, tenaient des réunions à la ferme de Louis et Anna Kerveillant.

Souvent les Allemands patrouillaient et contrôlaient. Deux Russes, réfractaires de l’armée allemande ont été hébergés quelques jours avant d’être récupérés par la Résistance.

Cette période n’était pas sans risques, mais l’engagement d’Anna et de Louis était fort et désintéressé. A la Libération, Louis est délégué par son Parti pour assister, trois jours durant, à paris, au Congrès de la Paix. Puis Louis est élu sur la liste du PCF, aux côtés de Le Bleïs, maire communiste de Pont-L’Abbé. Lors de cette première élection municipale d’après guerre, Louis fut même sollicité pour assumer les fonctions de maire, mais son dévouement, ses connaissances des gens sur le terrain ne pouvaient suffire, il considéra que son manque d’instruction constituait un handicap trop lourd.

Durant plus de soixante années, Louis fut membre du PCF auquel il adhéra au lendemain du Front Populaire. Il est demeuré un homme jovial, généreux, d’une intelligence peu commune, doté d’une large connaissance et d’un humour très marqué.

En ce début d’année 1999, après son 86e anniversaire, Louis connaît de graves problèmes de santé : il se savait très fatigué, mais continuait de lutter.

Dimanche, il nous a quittés au moment où se tenait au Bourget, la fête de son journal « L’Humanité ».

A son épouse Anna, sa fille Annick, son gendre Pierrick, ses petits enfants, Bertrand et Benoît, à toute la famille, la Cellule de Pont-L’Abbé-Combrit, la section du Pays bigouden sud du PCF, le collectif du « Travailleur Bigouden » renouvellent l’expression de leur sympathie attristée.

paru dans « Le Travailleur Bigouden » n° 176

 

Pierre GUEGUIN

Pierre Gueguin, originaire de Quimerc’h, maire et conseiller général de Concarneau, « déchu » en mars 1940. Professeur à Concarneau, révoqué en octobre suivant, il sera arrêté par la police de Vichy en mai 1941, et fusillé au camp de Chateaubriant, avec les 50 otages, le 22 octobre 1941, à 45 ans.

En son honneur, le lycée public de Concarneau porte son nom.

Maxime COUPA

Maxime a été envoyé en camp vers l’ Allemagne (Silésie ?). Il a été libéré avec Jean Scouarnec lors de l’arrivée de l’armée soviétique.

Ernest MANDELBAUM

Ernest Mandelbaum un israélite roumain qui vivait à Léchiagat depuis l’exode en 1940 des Boulonnais vers le port du Guilvinec.
Ernest, qui était bien intégré dans la population de Léchiagat, est arrêté lors de la rafle de juin 1944et est dirigé vers Auschwitz. Il n’est jamais revenu.
La chasse aux juifs reste une priorité pour les nazis jusqu’au dernier jour même au fin fond de la Bretagne !

Isidore LE GARO

Isidore Le Garo, secrétaire de mairie à Plomeur, fut arrêté en même temps que le maire Louis Mehu. Il a été déporté à Neuengamme où il est décédé.

Voici sa fiche figurant dans l’annuaire du réseau CND-Castille

Michel LE GARS

Michel Le Gars était, avec Alain Hélias et les frères René et Armand Carval, membre de l’équipage « Le papillon des vagues » qui effectauait des liaisons en mer avec un sous-marin anglais, en liaison avec la BBC.

Le 23 décembre 1943 tout l’équipage est arrêté et déporté à Mauthausen.

Alain HELIAS

Alain Hélias était, avec Michel Le Gars et les frères René et Armand Carval, membre de l’équipage « Le papillon des vagues » qui effectauait des liaisons en mer avec un sous-marin anglais, en liaison avec la BBC.

Le 23 décembre 1943 tout l’équipage est arrêté et déporté à Mauthausen.