Les fusillés de Poulguen

La période Avril-Juin 1944 fut terrible pour notre pays bigouden.
Des résistants furent fusillés par l’occupant allemand sur le site de La Torche, commune de Plomeur, et sur le site de Poulguen, commune de Penmarc’h.
Les uns comme les autres ont été condamnés à mort par le même Tribunal militaire.

 

Les fusillés de Poulguen

Sur la dune de Poulguen, en Penmarc’h, 35 cadavres ont été retrouvés dans une fosse commune.

Ces jeunes gens qui ont donné leur vie pour la libération de la France étaient tous des résistants internés depuis plusieurs mois à la prison Saint Charles de Quimper. Ils étaient de Brest, de Morlaix, de Pleyber-Christ, d’Audierne, de Pont L’Abbé, de Bannalec, de Guerlesquin etc. Ils avaient appartenu aux maquis de Gourin, Spézet, Mahalon. Ils s’étaient engagés dans les Francs-Tireurs et Partisans et appartenaient presque tous au Parti Communiste. Ils avaient été arrêtés par la Gestapo ou les feldgendarmes, à la suite d’actes de guerre mais parfois par des dénonciations.

Appartenant à des bataillons sans uniformes (Stalingrad, Bir Hakeim, Justice, la Tour d’Auvergne, Vengeance), ils avaient déraillé des trains, dont en 1943 un train de munitions à Bannalec. Ils avaient volé des explosifs, détruit du matériel militaire. Ils avaient distribué des tracts, des journaux clandestins. Ils avaient aidé les aviateurs anglo-américains tombés en Bretagne. Ils avaient attaqué un camion allemand avec des prisonniers et même, le 9 avril 1944, ils attaquèrent la prison Saint Charles.

Ils étaient de ceux dont le général Eisenhower, commandant en chef à l’ouest, dira qu’ils ont valu dix divisions dans la libération de la France.

L’attaque du 9 avril a probablement déclenché le jugement rapide mais sommaire des patriotes de St Charles. Le 21 avril le tribunal militaire se réunit au matin et condamna à la peine de mort 33 FTPF pour « actions de francs-tireurs contre l’armée allemande ». Le même jour dans la soirée, le peloton d’exécution composé de militaires de la Kommandantur du Guilvinec, les fusilla sur les dunes de Poulguen près du champ de tir. Deux grandes fosses furent creusées dans le sable. Aucun patriote n’était originaire des communes voisines.

Ils sont allés à la mort en chantant la Marseillaise comme ont pu l’entendre les voisins de la Kommandantur de Men Meur et ceux de la fermette de Poulguen.

Selon un douanier de la GAST, instituteur dans le civil, logeant au Guilvinec chez l’habitant, Manuel Brusq d’Audierne, aurait voulu s’emparer de l’arme de l’officier du peloton. Il fut massacré à coups de crosse.

Parmi les patriotes, un républicain espagnol, Joseph Moreno, qui s’était engagé dans un maquis breton après la guerre civile et l’exode.

Quelques jours après le 21 avril les Allemands amenèrent les corps des frères Volant abattus à Plonivel en tentant de s’enfuir à travers le cours d’eau du Steir de Lesconil. Ils furent inhumés dans une petite fosse de Poulguen, leurs pieds et leurs poignets étaient attachés par du fil barbelé.

Après le départ des Allemands, l’exhumation des corps eut lieu le 31 août 1944. On s’aperçut que certains suppliciés avaient visiblement subi des tortures. Roland Normand, de Plouhinec, avait la bouche cousue par du fil de fer ; « il avait été abominablement torturé pendant son interrogatoire ».

La population du village de Poulguen, sur les hauteurs, avait aperçu les mouvements de troupe. Le peloton d’exécution, depuis la dune, tira quelques coups de feu pour les disperser.

Quatre corps ne furent pas identifiés.

le monument sur la dune de Poulguen

A noter que les deux frères Volant de Lesconil n’ont pas été fusillés à Poulguen, mais abattus lors de l’épisode de la chapelle de Plonivel alors qu’ils tentaient de fuir la chapelle où étaient retranchés. Les Allemands ont ensuite transporté et inhumé leurs corps à Poulguen.

Précision : Joseph Moreno est le pseudonyme pris par le réfugié espagnol Antonio Garcia Martin, né le 13/06/1914 à Casavieja (province de Avila) près de Madrid. Il était le responsable FTP-UNE de Brest Centre. Jugé au tribunal allemand de Quimper (FK 752), le 21 avril 1944, condamné à mort, il a été fusillé le jour même à Penmarc’h, sur les dunes de Poulguen, et son corps enterré dans le sable.
Dans l’article sur l’hommage d’Alain Signor rendu aux fusillés il y a une confusion car Joseph Moreno et Antonio Garcia Martin y sont considérés comme deux personnes différentes avec des dates de naissance qui ne correspondent pas.

Liens vers quelques biographies :

Bévin Yves Bourles Jean-Yves Brusq Emmanuel
Cadic Eugène Cam Maurice Caron William
Coat Paul Cochery René-Marie Creach Albert
Grall Henri Guerin Marcel Kergonna Marcel
Lancien Jean-Louis Le Baut Roger Le Buanec Arthur
Le Gall François-Marie Le Port Charles Le Signor Roger
Lorec Eugène Moreno Joseph Nicolas Pierre
Normant Robert Paugam Roger-Marie Philippe François
Plouzenec Pierre Queinec Arthur Simon Jean
Tanguy Hervé Volant Antoine Volant Marcel
Volant Yves

Un texte du Professeur Vincent ROGARD, Université Paris Descartes :

De nombreux résistants qui pour beaucoup étaient internés à la prison Saint-Charles de Quimper ont été fusillés sur la dune du Poulguen à Penmarch le 21 avril 1944 et début mai 1944. La fosse qui sera ouverte le 31 août 1944 livrera 35 corps qui seront pour certains difficiles voire impossibles à identifier. Deux d’entre eux au moins étaient ceux de résistants n’ayant pas été exécutés à Poulguen.
Les victimes de Poulguen

Yves Bévin, 23 ans de Peumerit, ancien quartier-maître, opticien-télémétriste de la Marine Nationale participe dès octobre 1943 au maquis de Spézet-Saint-Goazec. Le 23 novembre 1943, il se présente à la mairie de Saint-Goazec pour obtenir des papiers car il se sait particulièrement recherché. Le lendemain, comme il fait provision de pain, il est arrêté au Fell en Spézet lors d’une opération de ratissage. Il porte sur lui une carte d’identité établie sous un faux nom et, croit-on savoir, un chargeur.

Jean-Yves Bourlès, 24 ans de Pleyber-Christ.

Emmanuel Brusq, domestique de ferme originaire d’Audierne, âgé de 21 ans.

Eugène Cadic, âgé de 23 ans, Eugène Lorec, 24 ans et Jean-Louis Lancien (peintre en bâtiment) âgé de 23 ans, de Scaër, appartenaient au groupe de résistance qui avait été formé à Bannalec au début de 1943. Probablement à la suite d’une dénonciation, il ont été arrêtés avec cinq autres résistants à Gourin dans la nuit du 8 au 9 janvier 1944 à l’hôtel restaurant Perrot qui avait été cerné de nuit par la Gestapo.

Maurice Cam, employé de bureau né à Pont-de-Buis en 1923 entre au P.C.F clandestin fin 1940. Co-auteur d’un attentat en gare de Châteaulin en 1941 il est versé aux F.T.P au printemps 1942. Il passe au maquis de Spézet-Saint-Goazec et blesse grièvement un policier français collaborateur, le commissaire Marchand de Quimper. Il est fait prisonnier le 24 novembre 1943 au village du Fell en Spézet lors d’une opération de ratissage.

Henri Caron dit « William », né le 18 février 1919 à Sorel-Moussel (Eure et Loire) était devenu le chef du groupe morlaisien de résistance « Justice » formé en juin 1942. Il a participé à de nombreuses opérations contre l’occupant et a été dénoncé par une femme jouant double jeu. Ses amis tenteront sans succès de le faire sortir de la prison Saint-Charles de Quimper.

Paul Coat, mécanicien de Lambézellec, âgé de 21 ans.

René-Marie Cochery, chauffeur, originaire de Chartres, âgé de 30 ans.

Albert Créach né en 1921 à Pleyber-Christ, sympathisant du P.C.F, diffusait la presse et les tracts du parti. Il prit part à des actions contre l’occupant. A l’issue de l’une d’entre elles, il tombera dans un piège tendu par les allemands avec l’aide d’une « collaboratrice ».

Henri Grall, séminariste, né en 1922 à Pleyber-Christ.

Marcel Guérin s’appelait en réalité Jacques Gavois. Il était né en 1922 dans la banlieue parisenne. Probablement à la suite d’une dénonciation, il a été arrêté avec cinq autres résistants à Gourin dans la nuit du 8 au 9 janvier 1944 à l’hôtel restaurant Perrot cerné de nuit par la Gestapo.

Marcel Kergonna, 24 ans, tombé aux mains de l’ennemi en février-mars 1944.

Roger le Baut, ouvrier originaire de Morlaix a été arrêté le dimanche 9 avril 1944 lors de l’attaque d’un véhicule ennemi qui transportait des prisonniers français de Pleyber-Christ à Morlaix.

Arthur Le Buanec, garde de voies, originaire de Guerlesquin, 25 ans.

François-Marie Le Gall de Saint-Grégoire.

Charles Le Port aide-ouvrier natif d’Ergué-Armel, 24 ans, était entré au F.T.P sous l’occupation allemande. Sympathisant du P.C.F., il distribue des tracts et participe à de nombreuses actions. Il a été arrêté au cours d’un engagement en février-mars 1944.

Joseph Moreno, républicain espagnol, est le nom clandestin de Antonio GARCÍA MARTÍN né le 13.06.1914 à CASAVIEJA ( province de ÁVILA).

• Le docteur Pierre Nicolas, oto-rhino-laryngologiste, 65 ans, originaire de Pont-Labbé, exerçait à Concarneau. Il y devint en avril 1943 le responsable cantonal de Libération-Nord et organisa avec fermeté et discrétion le premier mouvement de résistance. Le groupe recueillait des renseignements sur les installations militaires allemandes de Bénodet au Pouldu et recrutait des jeunes volontaires et réfractaires au S.T.O. Le docteur Pierre Nicolas sera arrêté le 22 février 1944. Ramenée à son domicile du Quai Pénéroff à Concarneau après l’ouverture de la fosse, sa dépouille sera veillée par une garde d’honneur. Une plaque commémorative aujourd’hui disparue avait été apposée après guerre sur sa maison. Son souvenir est aujourd’hui rappelé à Concarneau par le nom d’une avenue.

Robert Normant, 25 ans de Plouhinec, pseudonyme « Jean Jacques » a été arrêté près de la gare de Quimper.

Roger-Marie Paugam, électricien originaire de Saint Marc, âgé de 21 ans

François Philippe 24 ans de Landivisiau (ou Pleyber-Christ ?)

Pierre Plouzennec, de Plougastel-Saint Germain, 24 ans, avait fait partie du groupe de douze hommes ayant attaqué le 9 avril 1944 la prison Saint-Charles de Quimper. Il a été arrêté peu après sous un autre motif.

Arthur Queinnec, ferblantier originaire de Penhars, F.T.P du pays bigouden, 25 ans, est tombé aux mains des l’ennemi en février-mars 1944.

Roger Signor, 23 ans, habitait Camaret. Engagé dans la marine nationale, il revient à Camaret après le sabordage de la flotte à Toulon. Il part rejoindre le premier maquis de Bretagne à Spézet. Il a été arrêté le 5 janvier 1944 à Gourin.

Jean Simon d’Audierne, pseudonyme « Paul », 20 ans a été arrêté près de la gare de Quimper.

Hervé Tanguy, né en 1926, stucateur originaire de Brest. F.T.P, il participe à de nombreuses actions contre l’occupant.

Marcel Volant, F.T.P de Quimper, 28 ans.

Les corps de deux résistants de Plonannalec-Lesconil ont aussi été placés dans la fosse :

Antoine Volant, né le 29 mars 1922, a été abattu le 9 juin 1944 au lieu dit « Kervéol », alors qu’il avait tenté de fuir le presbytère de Plonivel lors de son attaque par les Allemands. Son frère Yves blessé à mort mourra lui aussi le même jour lors de son transfert à Pont-Labbé.

Yves Volant, âgé de 30 ans était le frère aîné d’Antoine. Yves a été abattu alors qu’il avait réussi à traverser en courant la ria du Steir en s’échappant de Plonivel. Il est mort après son transfert à Pont-L’Abbé.

Quatre corps retirés de la fosse n’ont pu être identifiés selon l’inscription sur le monument.

 

Quelques fiches issues du dictionnaire  biographique en ligne Le Maitron

William Caron

Henri Caron, dit William, était le chef du Groupe Autonome « Justice », de Morlaix, créé en 1942. Secondé par son ami Robert Pontet, dit Bob et une petite équipe de résistants, ils éditent les journaux clandestins « Le Combattant » puis le « Franc-Tireur ». A partir de la fin 1942, ils passent à l’action : Destruction de matériels allemands, agressions de soldats et vol d’armes… Des liens se créent entre le Groupe « Justice » et des membres de la Police et de la Sûreté de Morlaix. Ceux-ci les préviennent, par exemple, des rafles prévues pour le STO (Service du Travail Obligatoire) et autres services et informations.
En Janvier 1944, après une arrestation de plusieurs membres du Groupe, les services de Police Morlaisiens aidés du procureur iront jusqu’à leur sauver la mise en les faisant libérer.

Les frères Antoine Volant et Yves Volant sont enterrés au cimetière de Lesconil avec leurs camarades fusillés à La Torche

 

Maurice CAM

La fiche de Maurice Cam dans le Maitron

Un document sur Maurice Cam et sa famille :

CAM MAURICE 23/10/2017

Plan :

  • origines familiales
  • le parcours de Maurice Cam
  • le parcours de Guy Cam
  • quelques relations de Maurice Cam

1 – ORIGINES FAMILIALES :

Maurice Cam est né le 22 juin 1923 à Pont De Buis, commune de Saint Ségal. Il est le plus jeune d’une famille de sept enfants. En marge de l’acte de naissance, il est déclaré décédé le 2 septembre 1944 à Penmarch. Son nom figure au Monument aux Morts de Pont De Buis (ainsi que celui de son neveu Guy) et sur la stèle du Poulguen à Penmarch.

La famille :

Son père est Louis Jean Cam, né le 28 février 1875 à Gouézec de Alain et Marie Bourhis. A la conscription, cultivateur, il est exempté, son frère étant mort en service le 7 novembre 1895 à Alger, des suites de fièvre thyphoïde. Résidant à Kerguelfen en Lopérec en 1902, il épouse Philomène Férec le 13 janvier 1904 à Lothey. Il décède le 13 janvier 1955 à Pont De Buis.

Philomène Férec, née à Kérioret en Pleyben le 27 août 1883, est également décédée à Pont De Buis le 23 janvier 1963.

Le couple vit à Lothey de 1903 à 1907 où naissent les trois premiers enfants :

– Laurent le 13 décembre 1904. Décédé à Tremblay Les Gonnesse en 1990, il est vraisemblablement le père de Guy Cam, mort à Buchenwald en avril 1945 (voir rubrique 3).

– Yves en 1906

– Marie Jeanne en 1907.

En 1908, la famille s’installe à Rodoc où naît Jean Michel le 20 septembre 1908. Marié à Paris 15ème le 22 août 1936 à Roseline Gonzalez, il décède à Toulouse le 10 janvier 1981.

Trois autres enfants suivront :

– Jean Louis né en 1913 à Pont De Buis

– Alain né le 19 mai 1919 à Pont De Buis. Marié au Cloître Pleyben le 24 décembre 1947 avec Marie Riou, il décède à Lopérec le 12 avril 1955.

– Maurice né le 22 juin 1923.

Aux recensements de 1921 (page 15), 1926 (page 14), 1931 (page 20), la famille habite Pont De Buis. En 1931, le père exerce le métier de poudrier ; seuls, les deux plus jeunes enfants demeurent chez les parents. En 1936 page 21, pour le père, la mention « poudrier » est rayée et remplacée par « sp » sans doute « sans profession » ; serait-il en retraite ? Alain est apprenti et Maurice étudiant. La famille aurait habité du côté de Baradozic, selon un témoignage cité plus loin. Aux recensements de 1931 et 1936, elle est voisine des familles Berhelot et Autret qui rejoindront également les FTP.

2 – PARCOURS de MAURICE CAM :

Le site des Amis de la Résistance du Finistère donne la version suivante de son itinéraire : « Maurice Cam, employé de bureau [mécanicien natif de Baradozic selon d’autres sources] né à Pont-de-Buis en 1923 entre au PCF clandestin fin 1940. Co-auteur d’un attentat en gare de Châteaulin en 1941 il est versé aux FTP au printemps 1942. Il passe au maquis de Spézet-Saint-Goazec et blesse grièvement un policier français collaborateur, le commissaire Marchand de Quimper. Il est fait prisonnier le 24 novembre 1943 au village du Fell-en-Spézet lors d’une opération de ratissage. »

Après avoir rejoint le premier maquis FTP de Bretagne à Saint-Goazec le 1er novembre 1943, Maurice Cam participe, à la tentative d’assassinat contre l’inspecteur Joseph Le Marchand le 11 novembre 1943 à Quimper, avec Yves et Jean Bevin, Jean Vigouroux, Jean Pennec…

Il fut arrêté, avec Yves Bévin, le 23 novembre 1943 à Le Fell-en-Spézet, sur dénonciation d’une collaboratrice qui fut condamnée à la Libération. Il assurait alors une liaison entre le comité militaire régional des FTPF et les FTP de Spézet. 

Interné dans un lieu non précisé et transporté à la prison Saint-Charles de Quimper, il fut accusé « d’être un franc-tireur FTPF et de participation à des attentats ». Jugé par le tribunal allemand de Quimper, le 21 avril 1944, condamné à mort, il a été fusillé, le jour même, à Penmarc’h, sur les dunes de Poulguen et son corps enterré dans le sable.

Le nom de Maurice Cam apparait en haut à gauche.

Bizarrement (commentaire du site) l’état civil le dit mort à Penmarc’h le 2 septembre 1944 et ne donne pas de mention « Mort pour la France ». L’état civil de Saint Ségal mentionne «  décédé à Penmarch le 2 septembre 1944 ».  La fosse fut ouverte le 31 août 1944 et livra 35 cadavres.

Deux liens sur le Poulguen et le maquis de St Goazec :

http://www.lesamisdelaresistancedufinistere.com/page221/styled-19/page322/index.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Goazec

3 – PARCOURS DE GUY CAM (1923/1945) :

Neveu de Maurice, il s’agit sans doute du fils de Laurent (voir page 1).

Sources Internet. Son nom est attribué à une rue de Sevran.

Pour échapper au STO, Guy quitte Sevran à la fin 1942. Il rejoint son oncle Maurice Cam dans un maquis du Finistère où il prend part avec Maurice à de nombreux actes de sabotage et attaques contre l’ennemi. Ils sont faits prisonniers le 8 octobre 1943 (faux pour Maurice) et internés à la prison St Charles à Quimper. Guy est déporté en mai 1944 à Auschwitz puis Buchenwald. Il est abattu par les nazis au moment de la libération du camp en avril 1945.

En 50 ans , la famille Cam aura déploré le décès le décès de 3 jeunes enfants pour la défense du pays : l’oncle, le neveu et le petit neveu.

4 – QUELQUES RELATIONS de MAURICE CAM : sources Internet :

Je pense que les lignes qui suivent éclairent les parcours des enfants Cam. Je conclus par une anecdote plus personnelle.

Jean Lancien :

Né en 1921 à Scaër, Jean Lancien, après avoir rejoint le 1er maquis FTP de Bretagne à Saint-Goazec, prend part à diverses attaques de fermes, « coups de tabac »… Il participe avec Jean Pennec, Yves Bevin, Maurice Cam, à la tentative d’assassinat contre l’inspecteur Joseph Le Marchand le 11 novembre 1943 à Quimper.

Jean Lancien participe également à l’assassinat du nationaliste breton Yves Kerhoas à Chateauneuf-du-Faou le 16 décembre 1943. Ses deux camarades Roger Le Signor et Jean Pennec assassinent à Scaër le 2 janvier 1944 l’hôtelier Francis Quefellec.

Arrêtés fin novembre au Fell à Spézet pour Maurice Cam et début 1944 pour ses collègues, condamnés à mort par un tribunal militaire allemand à Quimper, Jean Lancien, Yves Bevin, Maurice Cam et Roger Le Signor sont  fusillés sur les dunes de Poulguen en Penmarc’h le 21 avril 1944.

Yves Autret

La fédération du Finistère Parti Communiste Français rend hommage et adresse un dernier salut fraternel à Yves Autret, notre camarade de Pont-de-Buis, adhérent de la section PCF de Châteaulin, décédé à 93 ans le 17 août 2017, et s’associe à la tristesse de sa famille, de ses amis, de ses proches. 

A la déclaration de guerre, Yves Autret, formé dans le milieu ouvrier de Pont-de-Buis et par ses professeurs progressistes de l’école républicaine, était un militant des Jeunesses Communistes. 

Il va prendre la responsabilité des Jeunesses Communistes et entre dans la Résistance à Pont-de-Buis sous la direction d’Albert Abalain, fusillé au Mont Valérien le 17 septembre 1943. 

Il organise la jeunesse résistante FTP dans le Finistère, l’action directe contre l’occupant, les sabotages. A la fin de la guerre, sous le nom de guerre et de clandestinité de capitaine Pierre, il devient membre de l’état-major FTPF dirigé par Daniel Trellu, puis il participe au Comité Départemental de Libération et continuera à militer pour le Parti Communiste et la justice sociale dans le centre-Finistère.  

(Extrait du Chiffon Rouge Morlaix).

La présidente de l’ANACR Finistère, Anne Friant Mendrès a écrit en 2005 avec Yves Autret décédé le 17 août 2017 quelques pages pour retracer son exceptionnel parcours et l’histoire de la résistance (communiste notamment) en Finistère sur le très bon site de l’ANACR.

Pont-de-Buis, par sa poudrerie, sa population ouvrière, sa situation géographique ouverte sur tout le département par sa proximité avec Châteaulin, devient très tôt un centre de Résistance à l’Occupation Allemande et à la Collaboration de 1940 à 1944. 
Cette période de notre Histoire est aussi celle de l’entrée dans la vie du tout jeune homme que j’étais alors. La France est défaite par les armées allemandes.
Le pays est occupé, dépecé, rationné, pillé. Beaucoup d’hommes sont prisonniers de guerre, et bientôt la jeunesse sera requise pour le Service du Travail Obligatoire en Allemagne.
La Bretagne est en zone occupée. Toute la côte est en zone interdite. Brest est pour la Kriegsmarine une position stratégique de la plus haute importance.
Nous entrons dans « le tragique des quatre années maudites »*. Le tout jeune homme que j’étais devra vite grandir .

Pont-de-Buis. Il faut parler d’abord de la famille Berthelot, et en particulier du père, Louis Berthelot. Cet homme qui était une grande figure du mouvement syndical et politique avait appris à lire et à écrire en suivant la scolarité de ses enfants. Il n’était pas allé à l’école. Tout jeune, il était dans les bois à faire des sabots. Un homme formidable. Nous habitions le même quartier, une cinquantaine de mètre séparait nos maisons. Il avait perdu une jambe …et sa religion dans les tranchées. C’était un grand blessé de la guerre 14-18. Je le connaissais bien, et j’ai toujours eu pour lui la plus grande admiration. C’était un père attentif à l’éducation de ses enfants. Il les a formé aux valeurs progressistes et républicaines. Il connaissait les « Histoires de Yann et de Chann », et tous les soirs il les leur racontait.
Ouvrier à la poudrerie, il était secrétaire des Anciens Combattants, militant syndical et politique.
Il fut arrêté fin 42 ainsi que son fils Pierre par les flics de Châteaulin. Ils furent tous deux déportés. Ils revinrent des camps, mais l’épreuve fut si dure que sa femme en perdit la raison, ce dont souffrit beaucoup la plus petite, sa dernière fille.
Il y avait aussi Maurice Cam, qui participera à mes côtés aux premiers sabotages, et Guy, son neveu.
Maurice était ouvrier aux écritures à l’arsenal. Il était avec nous aux Jeunesses Communistes. Il faisait partie du groupe de Brest. Quand ils ont été chassés de Brest, Guy et lui ont rejoint le maquis de Saint-Goazec-Spézet. Guy Cam a aussi laissé la vie dans ce combat.
Je vois toujours un frère de Maurice. Il vient là en vacances. 

Autre anecdote :

Manifestement, les FTP étaient bien implantés sur la commune. Ainsi, la famille Bescou hébergea, en 1943/1944 à Ménez Crann à Saint Ségal, un dénommé Bodénan réfractaire au STO et maquisard FTP. Menacée de délation par une voisine, la famille Bescou dut son salut à l’intervention du maire de l’époque Yves Loriquer. Les FTP remirent, après guerre, un diplôme à Lucas Bescou, grand père de mon épouse.

Sources :

  • Archives Départementales : état civil et recensements

  • Internet